Publicité

Me Ahmine : ?L?exhumation créerait un dangereux précédent?

15 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?exhumation de Nadine Dantier, assassinée il y a plus de 13 mois, aura-t-elle lieu pour que les enquêteurs prennent connaissance de la lettre glissée par son petit ami dans le cercueil ? Pour le parquet, cette démarche créerait ?un dangereux précédent?; d?autres pourraient plus tard demander de récupérer un objet laissé dans un cercueil.

La défense affirme que si cet exercice peut être déterminant pour les enquêteurs, la cause est justifiée. Si on peut exhumer un corps pour une contre-autopsie, pourquoi refuser ?quelque chose de moindre importance? ? La magistrate Sarita Bissoonath statuera mercredi. Elle a entendu, hier au tribunal de Moka, Me Rashid Ahmine, Principal State Law Officer, et Me Kishore Pertab, avocat de la famille Dantier.

L?affaire est appelée à 13 h 30. Gino Troubat, le père de Nadine Dantier, est présent. Le parquet est représenté par Me Ahmine, assisté de Me Preeti Ramful, State Law Officer. Me Pertab informe la cour que Me Rex Stephen, Me Saya Ragavoodoo, avouée, et lui-même représentent les intérêts des Dantier, qui ont juré un affidavit à cet effet.

Mes Ahmine et Pertab se sont exprimés pendant une demi-heure. La magistrate est informée que, d?un point de vue technique, le commissaire de police et le ministère de la Santé n?ont aucune objection à la demande.

Me Ahmine précise que, selon la loi, une telle demande ne peut se faire que pour une contre-autopsie. Mais, rétorque Me Pertab, l?article 50 du District and Intermediate Act stipule que ?in case of homicide, a magistrate may order the performance of the post-mortem and for such may order the body of any person who has already been interred to be disinterred?. L?avocat ajoute qu?il n?est fait mention nulle part de ?only the body? La requête de ses clients n?a qu?un seul but, dit-il, ?meet the end of justice and so no stone should be left unturned?.

Par analogie, Me Pertab évoque un scénario que la cour ne pourrait écarter pour une telle requête. ?Si un prévenu déclare avoir jeté l?arme utilisée pour un crime dans le cercueil, que ferait la cour ??

Me Pertab rappelle le cas Bacha (les cadavres de Kathleen Bacha, de son fils et du chien de ce dernier ont été exhumés en 1994). Le magistrat d?alors, David Chan Kan Cheong, avait usé de sa discrétion. Les provisions de la loi ne doivent pas être lues avec des visières, soutient Me Pertab. Lui donnant la réplique, Me Ahmine insiste sur le fait que dans le cas des Bacha ou encore celui d?Eddy Labrosse, l?exhumation avait été faite pour une contre-autopsie.

Publicité