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Mauvaise note

23 juillet 2008, 00:00

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Mauvaise note

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La reculade du gouvernement dans l?affaire de «La Gaulette SSS» illustre bien la confusion qui caractérise la politique nationale en matière d?éducation depuis quelques années. Le désordre avait commencé avec la contre-réforme du CPE puis il s?est graduellement étendu jusqu?à l?enseignement supérieur plongeant l?université de Maurice dans un gouffre financier. Visiblement, le ministre Dharam Gokhool peine à trouver ses marques. Hier, ses positions incertaines et ses contradictions flagrantes ont provoqué pas mal de remous au Parlement.

Dès le début de la séance, les parlementaires avaient compris que le ministre n?a toujours pas énoncé une politique claire de l?Education nationale. Il est incapable de dire si l?ensemble de ses décisions se fonde sur une vision précise. Sollicité par le leader de l?opposition pour des renseignements sur la transformation du collège de La Gaulette, sur la performance de l?école primaire du Morne et sur les mesures envisagées pour la ZEP Plus, il se lança dans un discours truffé de généralités les unes plus banales que les autres.

Tandis que l?opposition réclamait des informations précises et que le temps imparti pour une PNQ est limité, Dharam Gokhool commença ainsi sa laborieuse réponse : «One of the main objectives of the Government is to broaden the economic base so that the impact of the triple shocks can be absorbed more easily and the nation becomes more resilient to global changes.» Il parlera finalement très peu des établissements scolaires des villages de l?Ouest. Son discours alambiqué était un modèle du genre avec des déclamations du style: «The vocationalisation of secondary schooling incorporating a certain dose of TVET will be introduced to improve the relevance of the general secondary education for employability.»

La série d?égarements du ministère commence en 2005 avec la réinstauration du classement au CPE pour désigner les 1 260 meilleurs candidats à la «rat race» que l?on croyait disparue à jamais. Il défend alors l?élitisme et la compétition à outrance. Cependant, en 2006, il présente un rapport officiel qui préconise l?élimination du CPE avant 2012.

Hier, le ministre Gokhool s?est empêtré dans une nouvelle contradiction. Il a d?abord expliqué à Françoise Labelle que la qualité des infrastructures est un des critères qui permet à un établissement d?accéder au statut de collège national. Puis, il se rétracte après que Leela Devi Dookun lui a rappelé qu?il a soutenu dans le passé qu?il n?y a aucune différence entre les collèges, qu?ils soient nationaux ou régionaux.

En fait, le gouvernement est bien embarrassé de reconnaître qu?en dépit de sa politique annoncée d?égalité des chances, il a institutionnalisé un système à trois vitesses, avec des collèges nationaux pour l?élite, des collèges régionaux pour les moins doués et les collèges privés pour les laissés-pour-compte. En ce qu?il s?agit de cohérence et de clarté, le ministre de l?Education n?a aucune chance de décrocher un A+.

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