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Maurice Merven, avec d?autres au service des autres

9 octobre 2008, 00:00

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A la relecture des journaux d?il y a un quart de siècle, des noms d?éminents philanthropes de l?époque nous reviennent en mémoire, avec plaisir et émotion. Faire remonter à la surface leurs noms blesse dans une certaine mesure leur modestie proverbiale. Nous le faisons cependant, sachant qu?ils sont les premiers à nous donner tort. Nous ne manquons pourtant pas d?arguments pour justifier notre manque d?égard pour leur humilité. Nous ne nions pas qu?il leur a toujours suffi de n?être qu?un des instruments de l?infinie miséricorde de Dieu, notre Père, pour notre humanité. Un devoir de gratitude mais aussi de mémoire guide notre démarche en la circonstance. Il y a aussi la nécessité pédagogique de rappeler, à l?intention des plus jeunes d?entre nous, la chance que nous avons eue d?avoir, pour guide de vie, leur profonde générosité et leur dévouement illimité pour les plus pauvres.

C?est un article de «La Vie Catholique», en date du 7 octobre 1983, qui nous remet providentiellement sur la piste de Maurice Merven qui demeure, un quart de siècle après, toujours le synonyme, dans nos meilleurs souvenirs, de certaines ?uvres aussi bienfaisantes que l?Heure des Pauvres, l?Association des Brancardiers, la Messe des Malades, la Librairie Catholique, l?Union Catholique, bref d?un laïcat rimant à merveille avec «Magnificat» (à condition d?être prononcé à la française).

«La Vie Catholique» nous apprend que Maurice Merven voit le jour en 1901, non pas à Maurice, comme pourrait l?indiquer son prénom, mais en Seine et Oise, en France, où séjournent alors ses parents. Il débarque à Maurice, en 1906, avec ses parents. Il se marie en 1929 et son épouse lui donne quatre filles et un fils. Il seconde son père dans ses nombreuses activités commerciales et pionnières.

C?est dans le tard, en 1942, la quarantaine passée, qu?il entend pour la première fois l?appel de Dieu et de ses frères les plus démunis (l?un et l?autre se confondant) et accepte de se mettre à leur service. Un camarade d?école, Jean Hein, le prie, avec d?autres, d?épauler la direction de l?Union Catholique et du même coup la rajeunir. Sont également embrigadés avec lui, Edwin de Robillard, Raymond Lamusse, Georges Rouillard et Philippe P. Pitot. Maurice Merven accepte plus particulièrement d?aider Jean Hein dans la réalisation d?émissions radiophoniques à caractère religieux, émissions qui sont alors enregistrées et diffusées du domicile beau-bassinois de Charles Jolivet, le Père de la Radio à Maurice.

Maurice Merven choisit, pour sa première causerie à l?antenne, le thème de l?appel de la prière. Elle coïncide avec un autre appel, celui du gouverneur de l?époque, avertissant les Mauriciens de la menace plus précise d?un éventuel débarquement à Maurice de troupes japonaises ou allemandes. Maurice Merven intervient ensuite sur les ondes et invite, à son tour, les auditeurs à répondre massivement aux invitations qui leur sont faites de prier davantage. Il parle de la nouvelle église du Montmartre à Rose Hill où le Saint-Sacrement est toujours exposé, lieu de culte qui demeure ouvert jour et nuit. Il invite ses auditeurs à se rassembler dans cette église pour prier les uns pour les autres. Appel reçu 5 sur 5 et le Montmartre ne désemplit plus, de nouveaux orants remplaçant les partants.

Un engagement en appelle un autre. Maurice Merven accepte ainsi le secrétariat de l?Union Catholique. Il seconde France Boyer de la Giroday et l?abbé Eugène Dethise qui veulent donner une nouvelle impulsion à «La Vie Catholique». Il aide Edwin de Robillard à mettre sur pied l?Imprimerie coopérative Père-Laval pour imprimer, à un moindre coût, « La Vie Catholique ». Il aide pareillement Maurice Pitot à mettre sur pied la Librairie Catholique à Curepipe.

1951, nouveau tournant dans la vie de Maurice Merven. Il fait partie, avec Robert de Grivel, Antoine de Robillard, Joseph d?Argent, Henri Ythier, André Leong Song, Roger Nallétamby, Louis Bouzik Espitalier-Noël, de ceux qui fondent l?Association des Brancardiers dont la principale activité est d?organiser des messes des malades à Marie Reine de la Paix et dans certaines paroisses. Henri Ythier et sa s?ur sollicitent son aide pour renforcer l?équipe des responsables de l?hospice des lépreux à Moulin à Poudre. Avec eux, il reçoit Raoul Follereau, à chacune de ses visites bénéfiques à Maurice. Le «Vagabond de la Charité», c?est ainsi que la presse internationale surnomme Follereau, lui parle de l?Heure des Pauvres dont la principe est de distribuer des enveloppes, invitant ceux qui le désirent à glisser à l?intérieur l?équivalent du salaire d?une heure de travail ou davantage, le fruit d?une telle collecte devant être distribué aux plus pauvres d?entre nous. Le couple Merven s?en va présenter cette idée géniale à l?évêque de Port Louis. Mgr Daniel Liston l?accepte avec gratitude.

Les bonnes idées ne manquent jamais. Ce qui fait parfois cruellement défaut ce sont des philanthropes de la trempe d?un Maurice Merven ou d?un Edwin de Robillard pour les transformer en bonnes actions.

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