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?Maurice demeure une destination qu?il n?est pas possible de brader?
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?Maurice demeure une destination qu?il n?est pas possible de brader?
● Vous êtes vice-présidente de l?International Hotel Contracting du groupe Thomas Cook. Que représente ce groupe en chiffres ?
Thomas Cook est la deuxième plus grande compagnie touristique d?Europe, qui couvre tous les aspects du voyage. Voyagiste reste notre activité première. En chiffres, c?est 33 tour-opérateurs opérant tantôt sous l?appellation Thomas Cook pour le marché haut de gamme, tantôt sous l?appellation Neckermann pour le marché de masse. Thomas Cook, c?est aussi 2 400 agences de voyages en Europe. Nous avons nos propres compagnies aériennes, Condor et Thomas Cook Airlines, soit 76 avions qui desservent l?Europe mais aussi les longues distances, dont Maurice. Ce faisant, nous sommes présents dans 96 aéroports, dans 33 pays. Nous sommes aussi dans l?hôtellerie, possédant nos propres établissements, quand nous n?avons pas des participations dans d?autres, non seulement en Europe mais aussi dans les Caraïbes et au Brésil, ce qui est l?équivalent de 75 000 lits. Durant l?année financière 2004-2005, nous avons été au service de 13,2 millions de clients. Nos revenus durant la même année ont été de 7,7 milliards d?euros, soit Rs 320 milliards.
● Le groupe a connu des difficultés financières avant d?être de nouveau profitable. Comment a-t-il fait pour se reprendre en main ?
C?est vrai que nous avons traversé une période de crise, surtout à partir du 11 septembre. Nous avons été contraints de nous défaire de certaines de nos activités hors Europe, où nous n?avions pas de véritable expertise. Je pense à Thomas Cook Inde que nous avons vendu, de même que Thomas Cook Egypte et celui du Canada. Nous avons préféré nous concentrer sur le marché européen. C?était obligatoire, sinon nous étions fichus. Après deux ans de restructuration, le groupe est de nouveau profitable.
? Les choses semblent repartir d?un bon pied ce mois-ci mais je suis encore hésitante à dire que le business va reprendre comme avant (...)?
● A quoi attribuez-vous ce succès ?
En Allemagne, nous sommes leader du marché avec une occupation de près de 40%. Comme nous avons nos propres lignes aériennes, nous avons des engagements de remplissage au maximum à respecter. Et puis, nous proposons différentes marques pour satisfaire tous les segments du marché. C?est notre force.
● L?industrie du voyage et du tourisme est fragile. On l?a vu ces derniers temps. Comment contournez-vous les obstacles que constituent les impondérables ?
Nous acceptons les impondérables presque comme une fatalité. Et lorsque nous réalisons notre business plan, nous tenons compte des facteurs de risques et d?une croissance raisonnable et réaliste. S?il n?y a pas d?incidents, c?est tant mieux mais au moins, nous n?aurons pas été trop optimistes dans nos calculs. Etant responsable, entre autres, du business long courrier, je côtoie les crises assez régulièrement, notamment des tremblements de terre, des tsunamis. Sans compter les menaces terroristes. Il est important, même dans ces moments-là, de maintenir le service une fois la crise passée.
● L?épidémie du chikungunya vous a également perturbés ?
Le chikungunya était un problème et l?est toujours. Beaucoup de familles en Allemagne ont annulé leur voyage. Il y a eu un arrêt dans les nouvelles réservations entre avril et juillet. Nous avons dû accorder de nombreux discounts pour inciter les gens à voyager. Les choses semblent repartir d?un bon pied ce mois-ci mais je suis encore hésitante à dire que le business va reprendre comme avant car les réservations sont encore lentes. L?expérience nous a démontré qu?en temps de crise, cela prend un an pour que tout retourne à la normale. Nous avons quelques appréhensions pour Maurice car nous allons augmenter notre capacité de sièges d?avions. Nous devrons forcer davantage et accorder encore des discounts mais cela ne peut qu?être une mesure temporaire car Maurice demeure une destination de luxe qu?il n?est pas possible de brader. Si le Dr Peter Fankhauser, membre du board du groupe et responsable du business de tour opérateurs en Europe et moi sommes venus en visite éclair à Maurice, c?était pour nous renseigner sur la situation du chikungunya avec les autorités touristiques qui se sont montrées rassurantes mais aussi demander encore plus de soutien de la part de notre agent Connections Tourism Management Ltd. Nous devons voir comment nous pouvons améliorer nos opérations communes. Cela va des tarifs aux produits, du marketing à la communication.
● Pourriez-vous vos liens avec cette compagnie ?
Cela fait dix ans que Connections Tourism Management Ltd est notre agent et principal contact du pays. Elle traite de toutes nos réservations. Karl Braunecker, le managing director de cette compagnie, est un personnage. Etant Allemand, il connaît la partie allemande de notre business sur le bout des doigts et une partie du succès que Thomas Cook a en Grande-Bretagne et en France lui revient. Nous recevons de lui et de son équipe le soutien le plus important que nous puissions recueillir d?un agent et même si nous avons des représentants Thomas Cook basés à Maurice, Karl Braunecker est et reste notre facteur stable.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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