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Martine Hennequin, quel talent !
<B>Chez</B> les dames, Martine de Souza-Hennequin a écrasé la concurrence avec 235 points, soit 58 de mieux que l?haltérophile Jessica Dalou, deuxième au classement. Le maillon fort de la sélection mauricienne de badminton a été cité sept fois à la première place par la rédaction, ce qui témoigne de l?énorme respect qu?on lui porte à l?express.
Après avoir raccroché au lendemain des Jeux olympiques d?Atlanta, ce qui lui a permis de passer à autre chose ? fonder une famille et décrocher un diplôme en psychologie notamment ? elle a choisi, sans doute par amour pour le pays, de renouer avec une discipline pourtant rongée par les magouilles, les conflits d?intérêts et les guerres de clans. Le pari était d?autant plus osé et périlleux que Sylvain Hennequin, son entraîneur national de mari, était parallèlement victime d?une vile campagne de déstabilisation orchestrée de l?intérieur.
Mais le talent, on l?a ou ne l?a pas. Et quand Martine veut, Martine peut. Aussi, quelle meilleure réplique pouvait-elle donner à tous ces pense-petit qui parachèvent leurs coups bas dans d?obscures salles de réunion que d?aller conquérir des médailles d?or les unes plus inespérées que les autres aux Jeux des îles ?
Elle l?a fait trois fois. Dans la compétition par équipes d?abord, au terme d?un match passionnant et passionné contre les Seychelles (3-2). Dans le simple dames ensuite, quand opposée à la championne d?Afrique seychelloise Juliette Ah Wan, qu?on donnait gagnante d?avance, elle n?a concédé que trois petits points sur l?ensemble des deux sets (11-0, 11-3). Phénoménal !
La troisième, la plus belle certainement, elle l?a décrochée aux côtés de Shama Aboobakar dans le double dames. A un set partout et 12-1 en faveur des Seychelles dans la belle, on ne vendait plus très cher les chances mauriciennes. Mais c?est alors que l?impossible allait se produire, ?sans doute parce que Shama y croyait beaucoup? précise Martine Hennequin. Maurice aligna douze points d?affilée pour égaliser à 13-13 avant de s?offrir l?or au bout d?un intenable suspense, 17-14.
<B>Dalou est à sa place
?Je suis très heureuse d?avoir été plébiscitée par votre rédaction. C?est une marque de reconnaissance qui vient saluer un travail difficile entamé il y a un an. 2003 a été une année extrêmement riche en événements et en émotions. Quand j?y repense, j?ai encore des frissons?, confie Martine Hennequin, qui doit certainement sa réussite à son époux Sylvain, lequel a su lui remettre sur les rails de la gloire. Et d?ajouter : ?Quand j?ai repris le badminton, dans ma tête, les choses étaient claires : je voulais gagner. Mais je ne m?attendais pas à ce que ça prenne des proportions pareilles.?
Derrière Martine Hennequin, elles sont plusieurs à avoir marqué les esprits cette saison. Triple médaillée d?or des Jeux des îles, la surpuissante Jessica Dalou (2e, 177 pts) est à sa place. Sa brillante saison vient en tout cas sauver l?haltérophilie d?un désastre total, désastre qui s?explique grandement par la gestion machiavélique d?une discipline qui faisait autrefois notre fierté.
Au contraire de Dalou, Marine Giraud (3e, 136 pts) aurait pu, d?un point de vue purement sportif, rivaliser avec Martine Hennequin. N?intègre pas qui veut, en effet, le tableau à la fois sélectif et huppé de la Women?s Tennis Association. Classée 899e mondiale à la fin de novembre, Marine Giraud paie cependant cash sa décision de privilégier les championnats de France B au détriment des Jeux des îles. Des Jeux qui, en outre, lui auraient certainement permis, comme dans le cas de Kamil Patel, d?occuper aujourd?hui une place de choix dans le coeur des Mauriciens.
Les Jeux des îles, la pongiste Sharonne Knubley (4e, 124 pts), elle, ne les a pas ratés. Au-delà de sa médaille d?or arrachée de manière inespérée dans le simple dames, tableau où la compétition était pourtant féroce et où, de plus, elles étaient nombreuses à pouvoir prétendre à l?or, c?est sa farouche détermination à revenir au premier plan malgré une sérieuse blessure au genou qui a séduit l?ensemble de la rédaction. Chapeau Sharonne.
Que dire de Mélissa Vincent (5e, 120 pts) si ce n?est qu?elle a honoré la confiance placée en elle par les autorités. Venue tout droit des Seychelles, sa terre natale, la nouvelle sirène de la natation mauricienne a fait aussi fort que le désormais légendaire Sultan Beeharry, unique médaillé d?or de la cuvée 1985. Impériale dans le 50m papillon, qu?elle a remporté devant l?inégalable Réunionnaise Lucille Turpin, Mélissa Vincent a gravé son nom en lettres d?or dans les annales de la natation mauricienne.
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