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Marques : ces habitudes qui ont la vie dure

11 février 2008, 00:00

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Comme à chaque fin de mois, leur liste de courses à la main, la plupart des Mauriciens parcourent les allées des hypermarchés de l?île. Les promotions ou les produits génériques, ils y font à peine attention. Ils restent fidèles, du moins ceux qui peuvent se le permettre, à leurs marques préférées. Celles dont ils connaissent le goût et les «propriétés». Red Cow, Kraft, Imperial, Weetabix ou Ariel pour ne citer que ceux-là.

Certes, certains ont déjà changé leur mode de consommation mais selon les professionnels de la grande distribution, ils ne sont encore qu?une minorité. Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institut pour la protection des consommateurs (ICP) est catégorique : «Les consommateurs doivent se débarrasser de leurs mauvaises habitudes. La fidélité aux grandes marques affecte le pouvoir d?achat.»

D?autant que selon un professionnel de la distribution, ce n?est pas l?offre qui manque. «L?offre est énorme et il faut que les gens commencent à changer leurs habitudes pour consommer intelligemment.» Bon nombre de Mauriciens ne jurent que par Red Cow alors que d?autres marques, que ce soit en provenance d?Australie ou d?ailleurs, sont à moins cher. Pour exemple, le sachet de 1 kg de Red Cow se vend à Rs 219,57 contre Rs 155,69 pour Snowy. Le lait Milgro de Nouvelle Zélande, un des derniers venus sur le marché, se vend à Rs 162,99.

Vers un retour au potager...

A ceux qui disent que les produits moins chers sont de qualité inférieure, les professionnels répondent que «ce n?est pas forcément le cas». Mosadeq Sahebdin ajoute: «Les produits alimentaires doivent être conformes aux normes du Food Act. On ne peut pas venir dire que le produit est de mauvaise qualité parce qu?il est moins cher.» «Lontan, mo ti bwar Anchor me lin telma monte ki mo aste Farmland aster. So gou parey», explique Soomit Balgobin, au Winner?s de Forest-Side, samedi. Au cas contraire, si le produit testé ne lui plaît pas, elle est prête à mettre le prix dans les produits qu?elle apprécie déjà, même s?il lui est de plus en plus difficile de faire face aux augmentations.

«Par contre, pour les produits comme le dentifrice, les savonnettes et la lessive, les consommateurs optent souvent pour les marques les moins chères», soutient un professionnel de la grande distribution. Soomit Balgobin confirme : «Savonet tou parey sa, me manze ene lot zafer.». Afin de faire quelques économies, elle confectionne elle-même ses biscuits et autres gourmandises. Elle a même cultivé des légumes pour sa consommation. Une pratique à laquelle on devrait revenir, selon certains. Peut-on s?attendre au retour du potager ?

«Il existe des alternatives»

Les consommateurs le savent : ils ne pourront pas se battre contre la hausse des prix. «Il faut trouver des solutions alternatives, conseille Mosadeq Sahebdin, faire jouer la concurrence entre les hypermarchés et arrêter de consommer des produits de marque.»

«Byento mo pou aste ene vas et mo ava gaygn dile», rétorque Rassoolkhan Osmankhan, de Palma, énervé par les augmentations de prix. Mais conscient qu?il n?y peut rien, il a pris le parti de consulter les pamphlets publicitaires des hypermarchés avant de faire ses courses.

Chez Franprix, à Curepipe, on explique que la marque de l?enseigne, Leader Price, compte à peu près pour 20 % des produits vendus. La boîte de 500g de Kelloggs est en vente à Rs 99,50 et si en ce moment, la boîte de Leader Price est à Rs 95,90, c?est qu?elle est en promotion contre le prix normal de Rs109,90.

Mosadeq Sahebdin n?en démord pas. «Il existe des alternatives : s?approvisionner en Egypte ou consommer Mauricien par exemple?» Mais c?est sans compter la «fidélité» des consommateurs mauriciens à certaines marques.

C?est ainsi, explique-t-il, que le fromage Bega, vendu à Rs 23, n?a pu trouver sa place sur le marché il y a quelques années alors que Kraft était à Rs 44. Une situation qui fait dire au porte-parole de l?ICP que les consommateurs sont, eux aussi, responsables du fait qu?il n?y a pas plus de produits alternatifs sur le marché.

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