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A marlin, marlin et demi

22 février 2008, 00:00

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Hervé Debaize est sur la crête de la vague. Féru (c?est le cas de le dire) de pêche au gros, il sillonne les côtes de Rivière-Noire depuis 25 ans. Il a tout connu comme pêcheur professionnel. Et sa carrière ? on peut parler de carrière ? atteint aujourd?hui son apogée. Il a remporté la Blue Marlin World Cup. C?est à Rivière-Noire que les organisateurs ont réuni, la semaine dernière, des équipes venant de plusieurs pays : Angleterre, Inde, Australie et Afrique du Sud, notamment. Il est le troisième mauricien à remporter ce titre.

«C?est le rêve de tous les pêcheurs de l?Ile Maurice et cela a toujours été mon rêve aussi». Il a su faire honneur à ceux qui ont eu foi en lui. Il était le capitaine de la seule équipe mauricienne en compétition. Hervé Debaize, le skipper du bateau Les Copains D?abord ne s?est pas fait prier pour faire savoir qu?à Rivière-Noire, il est dans son élément. Il est le maître des eaux. Et s?il se trouvait un autre habitué du large qui aurait pu lui ravir la première place, c?aurait été son propre fils : Dominque Debaize, capitaine du Captain Spirit, un bateau à bord duquel il y avait une équipe étrangère.

Le suspense a duré pendant toute la compétition. Et Hervé Debaize était sur les charbons ardents jusqu?aux dernières minutes de la compétition. En effet, si l?équipage du Captain Spirit avait pris deux marlins samedi, il prenait la première place. A midi, il en avait déjà pris un. Qui plus est père et fils pêchaient pratiquement côte à côte. «J?avais vraiment peur car je connais mon fils. Nous pêchons ensemble et c?est quelqu?un qui connaît très bien la mer.» L?angoisse de l?équipage mauricien était bien palpable. A cinq minutes de la fin de la compétition, l?équipage du Captain Spirit donnait les signes d?une grande effervescence. «Il m?a appelé pour me dire qu?il était vraiment désolé pour moi. J?avais compris qu?il venait de ferrer son marlin manquant.» Mais Dominque Debaize taquinait son père, comme il a l?habitude de le faire avec les poissons. Il voulait lui faire croire que son espoir de ravir la première place s?était envolé.

Une bonne publicité

Hervé Debaize n?est pas la première équipe mauricienne à remporter cette prestigieuse compétition. Mais il a longtemps attendu. Pour des raisons professionnelles, il sillonne la mer en compagnie de ses deux fils Dominique et Nicolas quand le temps le leur permet.

«Bonnefemme pa trouv nou. Nou lor la mer», dit-il, dans le langage savoureux des gens de mer. Il est convaincu que cette récompense fera une bonne promotion pour sa compagnie de pêche au gros, La Carangue Limitée et pour l?Ile Maurice.

Il est convaincu que les décideurs doivent miser sur la pêche au gros pour attirer davantage de touristes. Maurice est un des rares pays au monde où les amateurs de pêche au gros peuvent pêcher six différents types de marlin sur les sept espèces existantes. Il n?y a que les marlins blancs qui ne sont pas présents dans les eaux mauriciennes.

Quand Hervé commence à parler de la pêche au gros, rien ne semble pouvoir l?arrêter. Il explique comment ce poisson fait pour happer l?appât. Il raconte aussi que le marlin est un poisson qui rejette ses intestins pour relâcher sa proie pour ensuite la ravaler avant de reprendre le large sans aucun souci de santé. Les pêcheurs relâchent toujours les petits marlins que les touristes prennent. Ils le font après leur avoir donné un baiser. C?est pour préserver l?espèce qui peut atteindre 700 kg. Mais il regrette que des bateaux de pêche étrangers s?approchent trop près des côtes mauriciennes.

Hervé Debaize sait tout du marlin. Et ce sera sans doute ses connaissances qui l?aideront pour défendre son titre l?année prochaine.

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