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Marie Pascale Sery obtient la garde de ses enfants
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Marie Pascale Sery obtient la garde de ses enfants
Après une bataille juridique entre la Réunion et Maurice pour la garde de ses enfants, la Réunionnaise Marie Pascale Sery a finalement vu son souhait le plus cher réalisé. Le père des enfants, Mohammud Iqbal Mamode, un Mauricien, qui avait d?abord décidé de lui laisser les enfants avant de changer d?avis, est finalement revenu à sa première décision.
?Je n?ai aucune objection à ce que nos deux enfants quittent le territoire mauricien pour s?établir avec leur maman à la Réunion et qu?ils soient élevés par ma femme?, dit-il dans un affidavit juré en Cour suprême hier. La maman a regagné l?île s?ur avec ses enfants le soir même.
?Mauvais traitements et humiliations?
La bagarre entre les deux parties a fait couler beaucoup d?encre. Marie Pascale Sery avait fui le toit conjugal avec ses enfants pour aller vivre à la Réunion. Plus tard, elle avait été placée en garde à vue à la suite d?une décision de justice qui l?avait désavouée dans sa démarche de récupérer ses enfants. Ceux-ci seront rapatriés à Maurice. Mais la ténacité de la mère a fini par payer, alors même qu?elle s?apprêtait à s?engager dans une autre bataille juridique à Maurice.
La version de la mère, une surveillante, se trouve dans son affidavit déposé lundi en cour. Le couple se marie le 13 juillet 1990 à St-Pierre, à l?île de la Réunion et s?installe chez Mohammud Mamode dans une maison en bois à Plaine-Verte. De cette union naîtront trois enfants : Zakiyyah, Zahrah et Zaafir, âgés de 15, 13 et quatre ans respectivement. Après le mariage, elle dit s?être retrouvée confinée à la maison à faire les travaux ménagers. Son mari, dit-elle, était violent et jaloux.
C?est ainsi qu?après 14 ans de vie commune, elle quitte le toit conjugal le 14 octobre 2004 en compagnie de ses deux enfants, Zahra et Zaafir, pour se rendre à la Réunion. Cela, sans en informer son époux. Une décision prise en raison des ?mauvais traitements et l?humiliation?. Entre-temps, Zakkiyah, l?aînée de la famille, est partie vivre à la Réunion, chez sa tante, à la suite d?un accord du couple.
Février 2004, Marie-Pascale Sery entame la procédure de divorce et demande la garde de ses enfants mineurs. L?époux ne s?y oppose pas. Le juge aux affaires familiales ordonne que les enfants restent avec leur mère à la résidence de celle-ci, et accordent un droit de visite et un droit d?hébergement au père.
Mais les choses prennent une autre tournure lorsque Mohammud Mamode saisit la justice pour récupérer ses enfants mineurs. Il invoque la Convention de La Haye sur les enlèvements internationaux d?enfants devant le tribunal de grande instance de St-Denis pour que les deux plus jeunes regagnent Maurice et lui soient rendus. La requête est agréée.
Marie Pascale Séry demande à faire appel. Mais la cour d?appel de Saint-Denis ne le lui accorde pas, dans une décision datant du 2 mai 2006. Marie Pascale Sery est placée en garde à vue et les enfants sont rapatriés à Maurice. Libérée, elle revient à Maurice le 9 novembre en compagnie de son homme de loi, Me Saïd Larifou, et se montre plus que déterminée à repartir avec ses enfants.
Conditions qui ne conviennent pas
Le lendemain, des négociations sont entamées avec le père à l?hôtel Saint Georges. Mais les conditions qu?il impose ne conviennent pas à Marie Pascale Sery. Le père réclame d?elle qu?elle reprenne la vie conjugale à Maurice et vienne habiter avec lui ou bien qu?elle lui obtienne un permis de résidence à la Réunion et encoure les frais de son déplacement de même que sa nourriture.
Devant son refus, Mohammud Mamode quitte l?hôtel. Mais il revient à de meilleurs sentiments, retourne durant la nuit à l?hôtel avec Zakir, et en repart seul. Le lendemain, il arrive à l?hôtel avec Zahrah, sa fille de 13 ans. Et un terrain d?entente est trouvé. Les deux enfants passeront une journée entière avec leur mère. Le père les autorise à rentrer à la Réunion avec cette dernière. Le départ est prévu pour le 14 novembre 2006. Mais il revient sur sa décision. Me Saïd Larifou revient à Maurice le 17 novembre 2006 pour entrer une action en Cour suprême pour que sa cliente obtienne la garde de ses enfants. Lundi, un affidavit est juré à cet effet devant cette instance judiciaire. Et hier, le père s?est de nouveau ravisé.
EXPLICATIONS
L?intérêt des enfants avant tout
■ C?est avec le concours de Me Dick Ng Sui Wa que l?affaire a été portée en Cour suprême. L?avocat a déclaré que ?le plus important dans cette affaire c?est que tout a été fait dans l?intérêt des enfants. Cela a permis d?éviter une confrontation en cour, ce qui aurait provoqué davantage de traumatisme pour les enfants. Nous saluons le père pour sa décision de revenir sur son objection.?
Me Saïd Larifou a également qualifié de ?très positif? l?engagement du père avant d?ajouter que l?autorité parentale est conjointe et que le père a le droit de visite. Il ajoute que tout est fait pour que le père garde un contact permanent avec les enfants.
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