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Marianne Audran, ou les bienfaits de la kinésithérapie

17 février 2008, 00:00

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Un toucher qui soulage. Des mains promesses de réconfort. Une solution pour ceux qui souffrent. Un leurre ? Non, une réalité médicale. Marianne Audran, kinésithérapeute, nous rassure sur cette profession encore méconnue de nos services de santé. « La kinésithérapie, c?est des techniques de rééducation et de massages ciblés sur un problème précis. Elle apporte son concours à un patient pour retrouver ses capacités motrices. L?usage d?une main après une chirurgie réparatrice, par exemple, ou apprendre à un patient amputé à marcher avec une prothèse et s?adapter à son nouvel état. L?acte le plus connu du public est le massage pour soulager et réduire douleurs et inflammations », explique Marianne Audran.

Mais qu?est-ce qui a poussé Marianne Audran à embrasser ce métier ? « Enfant, je voulais travailler dans une ambassade ou faire un métier qui me permettrait de travailler à l?étranger. Je me suis donc lancée dans la médecine par choix. J?ai une formation en masso-kinésithérapie et en ergothérapie (occupational therapy). Ma venue à l?île Maurice est une façon de réaliser ce v?u, car travailler à l?étranger, c?est ce que j?ai toujours voulu faire », raconte-t-elle.

À noter que la jeune femme en est à sa première tentative en dehors de la France où elle exerçait.

Et sa rencontre avec le Dr Chui Wan Cheong, de la City Clinic, a été déterminante. « Notre échange s?est avéré très fructueux. C?est très motivant de travailler ici. Le Dr Chui Wan Cheong est quelqu?un qui voit loin et veut le meilleur pour les Mauriciens en matière de soins. »

Soulager les diabétiques

Si Marianne Audran avoue que les Mauriciens ne connaissent pas encore les bienfaits de la kinésithérapie, elle est confiante que cela changera. « Je suis arrivée à Maurice en décembre, et je dois dire que cela se passe plutôt bien. En France, les gens consultent beaucoup les kinésithérapeutes. Mais ici, c?est très différent. Quand les patients viennent me voir, ils ne savent pas trop comment ça va se passer. Il y a toute une phase d?explication et de mise en confiance. Mais dès que la glace est brisée, c?est plus facile », soutient la jeune kinésithérapeute.

En fait, la kinésithérapie intervient d?une façon harmonieuse dans notre corps. Elle rééquilibre notre énergie, permet un drainage lymphatique qui active les hormones de croissance, ce qui favorise une meilleure répartition du débit sanguin et de l?énergie dans tout le corps. De plus, la kinésithérapie empêche la pollution de nos cellules en les oxygénant. Elle favorise la décontraction musculaire. Elle agit très favorablement sur la détente nerveuse et augmente notre seuil de résistance au stress. Elle empêche le ralentissement des fonctions intellectuelles, le vieillissement prématuré, le dessèchement de la peau. En un mot, elle renforce notre système immunitaire.

Marianne Audran explique aussi que la kinésithérapie apporte des solutions dans plusieurs domaines, c?est pourquoi il y a des spécialisations dans des créneaux spécifiques. Par exemple, la kinésithérapie pour les mains, le dos, pour les bébés, pour la langue, les troubles veineux, etc.

En ce qui concerne sa clientèle, Marianne Audran avance que ses patients de Grand-Baie et ceux de Port-Louis sont différents. « Dans le Nord, il y a majoritairement des touristes qui souffrent de traumatologies à la suite d?une chute, de fractures, et à la City Clinic, il s?agit plus de douleurs de dos, d?hémiplégies, et de paralysies. » Elle ajoute que dans les cas de paralysies lourdes, elle s?assure toujours que le patient est d?accord avant d?essayer d?autres techniques. « Mais si le patient ne coopère pas, c?est loin d?être gagné. »

Mais Marianne Audran ne s?occupe pas que de soulager les douleurs de dos, ou autres traumatologies. Elle prend aussi soin de ceux qui souffrent du diabète. Cela peut paraître étonnant, mais la kinésithérapie peut aussi aider à soulager les diabétiques. Par exemple, dans le drainage lymphatique des veines. Et sur ce point, la jeune femme tient à préciser qu?il y a un sens à respecter lorsque l?on masse un diabétique, car si le massage est mal fait, il peut entraîner plus de douleurs.

« Le rôle du kiné est d?observer les troubles cutanés, de faire attention que cela ne provoque pas de gangrènes. Nous observons les pieds des patients diabétiques. Nous ne prescrivons rien. Nous pouvons donner des conseils comme mettre des bas de contention, ou porter des semelles orthopédiques appropriées. Si nous notons un trouble, nous recommandons au patient de consulter un podologue. »

« Plus de mal que de bien »

Elle soutient qu?il est important qu?une réglementation soit mise en place comme c?est le cas en France concernant les massages. Selon la kinésithérapeute, beaucoup de personnes s?y essaient, et elles ne possèdent pas toujours le savoir-faire ou la technique. « En massant n?importe comment, on peut faire plus de mal que de bien », insiste Marianne Audran.

Et qu?en est-il de son adaptation à Maurice et de ses échanges avec les patients ? Avec un grand sourire, Marianne nous répond que même si elle ne parle pas encore le créole couramment, elle le comprend. Ce n?est pas compliqué, confie-t-elle, surtout que les Mauriciens sont gentils et avenants. « Et puis, quand on a fait 11 000 km, on s?adapte. » Parole de kiné. Fadil Ruhomutally, pour l?éducation en Malaisie

N. B.

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