Publicité

Mardai Vaiti fait la fierté du voisinage

17 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Quand nous demandons notre chemin pour aller chez elle ? elle habite rue Jacmin à Roches- Brunes ? un passant nous répond tout de suite avec un grand sourie qui illumine ses yeux : « Madame res laba, tal droit, li mem ki pou gaigne 100 an la ! ». Arrivés devant la maison, nous rencontrons des travailleurs avec leurs grosses machines attroupés à l?entrée de l?allée : « Madam la pou fer laniverser, nous pe mett koltar pou fair simin la vinn droitt », dit l?un d?entre eux.

Dans la cour, une petite vieille se tient debout toute recroquevillée sur elle-même. Le regard perdu dans ses pensées, elle n?entend pas notre « bonjour madame ». D?une voix rauque, elle appelle sa fille qui s?empresse de nous dire : « Li pa tande, bizin koz pli for. » Mardai Vaiti a eu 100 ans le 4 juillet dernier mais la fête est prévue aujourd?hui.

Une ombre au tableau de ce grand bonheur : sa s?ur aînée, Mamni Cartai, devait, elle aussi, faire partie de la fête et célébrer ses 103 ans dans huit mois. Hélas, après trois jours de maladie, Mamni Cartai est décédée samedi dernier, et a été enterrée, il y a tout juste une semaine. La famille et le voisinage se préparent malgré tout à fêter la centenaire.

<B>Elle embellissait aussi les c?urs</B>

Mardai Vaiti vit aujourd?hui avec sa fille Mareeaye qui prend soin d?elle. À 100 ans, elle a conservé une certaine jeunesse. Elle mange de tout, même si elle privilégie les légumes, marche seule, fait son brin de toilette tous les matins, arrose ses fleurs, plante du thym et lave ses mouchoirs. Sa forme, Mardai Vaiti l?attribue à sa foi ? elle prie deux fois par jour ? et à une grande consommation de légumes. « Zame li ti tro kontan manze laviann, li pli kontan legim », explique sa fille.

Amoureuse de la terre, Mardai Vaiti a débuté dans la vie active en coupant de l?herbe pour nourrir les animaux. Elle a ensuite travaillé comme dépailleuse dans les champs de cannes à sucre :

« Mo rapel kan mo ti zenn, mo mama ti sarie moi lor so ledo dans karo kann », se souvient Mareeaye. Puis, elle est devenue jardinière au service de plusieurs em-ployeurs. Elle n?embellissait pas seulement leurs jardins, mais aussi leur c?ur.

Et c?est grâce à sa générosité et à son dévouement envers ses patrons, qu?elle a pu acheter à Roches-Brunes, le terrain sur lequel elle vit depuis 45 ans, avec

sa fille, ses petits-enfants et ses arrières-petits-enfants. D?après les voisins, elle a une très bonne mémoire et se plaît à raconter les anecdotes de sa jeunesse.

Que fera-t-elle des Rs 10 000 que le gouvernement offre à tout centenaire ? Mareeaye prendra cet argent pour le distribuer à ceux qui s?occupent de sa mère et pour pouvoir continuer à nourrir tout le petit monde qui l?entoure.

Toute la famille est connue pour cette générosité qui caractérise les gens simples. « Mama touzour dir moi, kan ena, bizin partaze avek tou dimounn, zame garde tou pou nous tou sel. » Ses 100 ans, elle veut donc les partager avec tout le monde : la fête est prévue dans la rue, avec la famille, les amis, tout le voisinage, les bienfaiteurs et les ministres !

Publicité