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Ma vie,ma bataille

22 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les brumes du sommeil lui collent encore à la peau. La nuit dernière a été agitée. Les précédentes aussi. Insomnies, traits tirés, visage bouffi, yeux rougis où perlent des larmes qui ont usurpé le magnifique sourire qu?elle arborait à l?époque où le calvaire semblait toucher à sa fin. Mais la maladie s?acharne contre elle.

Engoncée dans un chandail orange, Mirella, une femme à la frêle silhouette, tâche de survivre. Son ventre ballonné est arrondi par le vêtement. « C?est la rate qui gonfle. Elle a plusieurs complications depuis quelques mois », explique Hervé, 51 ans, son époux. Sous le poids de cet étirement, la colonne vertébrale s?est davantage fragilisée, provoquant des douleurs intenses, des sensations de fatigue extrême, ou encore un saignement du nez ou des gencives. La faute incombe à ce maudit cancer, à ces ganglions qui infiltrent chaque recoin de son corps.

Cela fait cinq ans que Mirella Thuposy se bat contre la maladie de Hodkins ? un cancer des ganglions lymphatiques. Le cauchemar débute le jour où cette puéricultrice de l?institut Pomme d?Api, à Curepipe, découvre des ganglions dans son cou. Première réaction : elle se rend chez plusieurs médecins. Puis l?un d?eux recommande une biopsie à l?hôpital de Candos. Hervé l?accompagne. Quelque temps plus tard, les résultats sont communiqués. La nouvelle tombe comme un couperet : Mirella souffre d?un cancer des ganglions. « Le monde s?est écroulé devant moi. Je ne comprenais plus rien », se souvient-elle.

<B>La camarde prête à faucher leur mère</B>

En apprenant la nouvelle, ses enfants, Thierry et Aurélie, âgés aujourd?hui de 23 et de 20 ans, sont anéantis. Pour eux, le cancer c?est la camarde prête à faucher leur mère. Mais un traitement peut la sauver : la chimiothérapie. D?autant plus que le cancer n?a pas atteint un stade avancé ! Mirella Thuposy doit alors se rendre régulièrement à l?hôpital pour suivre le traitement. Entre-temps, Hervé se documente sur ce type de maladie pour mieux l?épauler. Pendant six mois ? soit la durée du traitement ? Mirella brave divers effets secondaires. Elle perd ses cheveux, maigrit à vue d??il, manque d?appétit et s?affaiblit. Ses enfants, ses voisins et son employeur essaient de la soutenir le mieux possible. Au bout de la chimiothérapie, point une lueur d?espoir. Mirella est en rémission.

Elle rejoint dans la foulée l?association Link to Life, présidée par Monique Rey, qui a surmonté un cancer du sein. Et voilà que Mirella recommence à sourire, à croquer cette vie qui a failli lui être ôtée. Pour elle, le danger n?est plus qu?un mauvais souvenir qu?elle veut définitivement rayer de sa mémoire. Hélas, l?épée de Damoclès n?était pas pour autant enterrée. Il y a un an et demi, le cancer réapparaît sous forme de ganglions. Le calvaire reprend de plus belle car la maladie a progressé.

<B>Remuer ciel et terre pour trouver les fonds</B>

« Il fallait recommencer la chimiothérapie mais aussi la radiothérapie. Mais cela diminuait le nombre de mes plaquettes de sang. Nous avons dû entamer un nouveau traitement ? l?interféron ? qui consiste à injecter des plaquettes trois fois par semaine. Mais cela a réduit mon taux de globules et des plaques bleues sont alors apparues sur mon corps », raconte Mirella. Pour la maintenir en vie, il faut avoir recours à une transfusion de plaquettes d?urgence. Mais là encore, des problèmes surgissent. Mirella possède un groupe sanguin rare, ce qui ne facilite pas la tâche pour trouver des donneurs, et il faut mobiliser toutes les énergies. Heureusement, on parvient à trouver du sang compatible. Pendant trois mois, la transplantation marche, mais des complications, telles qu?un gonflement de la rate, se manifestent.

C?est alors que le médecin traitant décide de les référer à un expert étranger. « Nous nous sommes rendus à l?hôpital UCT en Afrique du Sud pour effectuer un bilan de santé. Le professeur Nicolas Novitsky, qui m?a examinée, a conclu que je devais suivre une chimiothérapie intense et que je devais subir une transplantation de la moelle épinière parce que le cancer s?y était infiltré », explique Mirella.

Pour cette intervention chirurgicale, il faudra également trouver un donneur compatible. Ses deux frères vont effectuer des examens pour vérifier leur compatibilité. Mais si aucun d?entre eux ne s?avère probant, il faudra procéder à un minutieux filtrage de la propre moelle de Mirella pour la transplanter de nouveau. Cette intervention, qui est sa seule chance de survie, coûte en moyenne Rs 2 millions. Le couple remue ciel et terre pour trouver les fonds nécessaires. Des démarches ont même été entreprises auprès du ministère de la Santé, qui a mis en place un fonds pour les interventions possibles à l?étranger. Les Thuposy ont ainsi obtenu Rs 200 000 du ministère. Il y a deux semaines, ils ont également sollicité l?autorisation de la police pour organiser une quête publique et entrepris des collectes de fonds, notamment grâce aux banques, aux entreprises privées et aux établissements scolaires. Pour l?instant, le couple ne dispose que de Rs 400 000.

Mais entre-temps, l?état de Mirella se détériore considérablement. Se fatiguant rapidement après quelques efforts, elle doit ingurgiter une dizaine de pilules pour se maintenir en forme. Sans parler des douleurs qui l?accablent et de cette rate qui la fait souffrir. « Le plus dur pour moi, c?est d?avoir dû renoncer à mes activités. J?adorais mon emploi car je m?occupais de bébés. Mais maintenant, cela fait un an que je ne peux plus travailler », déclare Mirella.

De son côté, Hervé fait de son mieux pour aider son épouse : « J?essaie de mobi-liser les gens. Je garde espoir. Jusqu?à présent, il y a beaucoup de gens qui nous ont aidés et nous leur en sommes très reconnaissants. Désormais, il faut continuer le combat, car la vie de Mirella ne tient qu?à un fil. »

Il collecte des vêtements pour organiser un marché aux puces qui aura lieu au début du mois de juin.

Même épuisée et rongée par ce cancer, Mirella ne plie pas pour autant. Dans son regard rempli de détresse, du plus profond de son être, elle cherche à puiser du courage. Les jours sombres, elle s?en remet à Dieu pour qu?il lui apporte une force spirituelle et exauce son v?u le plus cher : vivre pour voir ses enfants continuer à grandir !

<B>Comment la soutenir ? </B>

Ceux qui désirent venir en aide à Mirella Thuposy peuvent verser des dons sur les numéros de compte suivants :

? MCB : 023719729

? State Bank : 00810100078782.

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