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L’équilibre des largesses

24 août 2005, 00:00

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Le gouvernement entend introduire des mesures “populaires” afin de marquer, du moins politiquement, ses cent premiers jours au pouvoir. Il y a des décisions tel le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées, mais aussi des non-décisions telle la non-majoration du prix des produits pétroliers à Maurice face à la flambée du cours du brut sur le marché mondial.

Les finances de la State Trading Corporation (STC) sont dans un état assez difficile pour continuer à absorber les hausses du prix de pétrole à l’importation. La trésorerie de la corporation tout comme celle du Central Electricity Board fait l’objet d’observations critiques dans la dernière évaluation du Fonds monétaire international de l’économie mauricienne.

En raison des élections, l’ancien gouvernement avait décidé de ne pas appliquer l’“Automatic Pricing Mechanism” (APM), structure chargée d’ajuster les prix des produits pétroliers à intervalle trimestriel. Toujours dans un souci de maintenir sa cote de popularité, le nouveau régime a lui aussi décidé de ne pas agir.

L’Etat devra débourser de ses caisses pour renflouer les déficits de la STC. Cela aura définitivement une incidence sur le budget national déjà déficitaire à un taux inquiétant (5,4 % du produit intérieur brut).

Mais il importe de bien relativiser l’impact de la hausse du prix du baril sur les finances publiques. L’augmentation des produits pétroliers sur le plan international n’est pas forcément mauvaise pour les revenus de l’Etat. Bien au contraire. Le gouvernement peut même réaliser des “windfall gains” importants à travers les taxes. Les droits de douanes sur les produits pétroliers sont calculés ad valorem, c’est-à-dire qu’ils frappent la valeur “cost, insurance and freight” (CIF) des importations. Le gouvernement perçoit des recettes additionnelles à chaque fois qu’une hausse du cours du brut est répercutée sur les cargaisons à destination de Maurice.

D’autre part, la structure de tarification joue encore en faveur de l’Etat : la taxe à valeur ajoutée est appliquée sur le prix combiné CIF et les taxes douanières. Coup double donc pour le gouvernement qui peut donc se permettre quelques largesses dont la non application de l’APM.

Mais il faudra vite retourner à la rigueur fiscale. Il y a encore des postes de gaspillage dans l’administration publique et dans la gestion des projets d’infrastructure notamment. Les autorités devront se lancer sérieusement à la traque des manques à gagner de l’Etat. La Mauritius Revenue Authority aura un rôle crucial à jouer sur ce chapitre.

Mais il faut des signaux forts des nouveaux dirigeants politiques pour mater par exemple la contre bande à la douane. Les importateurs qui s’amusent à déjouer la vigilance des douaniers (il y a aussi beaucoup de complicité) pour faire entrer des marchandises frauduleusement, nuisent énormément à la collecte des revenus.

Le gouvernement a un vaste chantier de réforme à financer. Il faut éliminer les gaspillages, récupérer les manques à gagner et dégager de nouvelles sources de revenus. L’option la plus durable est d’assurer un fisc florissant au moyen d’une croissance économique galvanisée.

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