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L’économie seychelloise au crible des analystes français

6 janvier 2005, 00:00

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La mission économique française chargée de conseiller les investisseurs n’accorde aucun crédit à la politique menée par le gouvernement seychellois. Au contraire, elle prévient les éventuels candidats que ceux qui les ont précédés sont devenus les “prisonniers économiques des Seychelles”.

Le gouvernement seychellois vient de faire adopter son budget 2005. L’exercice était particulièrement attendu car il devait donner de précieuses indications sur la politique qu’entend mener le successeur de France-Albert René à la présidence du pays, James Michel. Ce dernier veut promouvoir sur “les cinq prochaines années”, un “programme de relance économique et de croissance” susceptible de séduire les investisseurs seychellois et étrangers.

Tous les ministères voient leurs dotations réduites de 9 % en 2005. Cette politique de rigueur, associée à un nouveau train de privatisations et à la restructuration de la dette publique, est censée repositionner l’archipel sur les rails du développement. Pourtant, le discours volontariste du nouveau président ne convainc pas la mission économique de l’ambassade de France. “Le budget des Seychelles pour 2005 est marqué par son caractère électoraliste. Il privilégie le maintien d’un régime caractérisé par une forte contribution de l’Etat aux programmes sociaux dont bénéficie la population seychelloise mais ne s’attaque pas aux problèmes de fonds de l’économie du pays”, écrit Eric Noitakis, chef de mission économique, dans la dernière édition de L’Echo des Iles.

<B>Une roupie surévaluée</B>

Les privatisations annoncées par l’Etat ne préfigurent pas encore une libéralisation de l’économie. Le tout puissant corps para étatique, Seychelles Marketing Board (SMB), qui garde la main-mise sur les importations et le commerce, demeurera de toute manière sous le contrôle du gouvernement. La pénurie chronique de devises étrangères qui interdit aux investisseurs étrangers le rapatriement de leurs bénéfices ne semble pas non plus être en voie de règlement. La dévaluation de la roupie seychelloise exigée par le Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en place un début de programme de revitalisation de l’économie n’est toujours pas à l’ordre du jour.

“La seule solution viable”, serait, selon le Président Michel, “d’accroître les ressources et de multiplier les rentrées de devises étrangères.” Le gouvernement veut croire au développement des exportations de poissons et du secteur touristique. Il achète des pétroliers pour faire le commerce de l’or noir dans la région et espère en retirer de substantiels bénéfices. Il demande également aux Seychellois qui ont des ressources placées dans des banques étrangères de rapatrier leurs fonds.

“A défaut de véritable stratégie, le gouvernement se contente donc d’expédients aussi originaux (pétroliers) que peu convaincants (rapatriement des devises de la diaspora). Quant à l’augmentation des exportations, hormis le thon, on voit difficilement ce que le pays pourrait exporter d’autre, d’autant plus que la pénurie de devises handicape fortement l’achat d’équipements nécessaires à toute valorisation surplace”, assène Eric Noitakis qui poursuit : “Et puis, le traitement subit par les investisseurs étrangers qui ont fait dans le passé le pari du développement économique du pays en s’implantant sur place n’est pas de nature à promouvoir l’investissement étranger aux Seychelles”.

Le responsable de la mission économique rappelle que faute de devises étrangères, les investisseurs ont fini par devenir des “prisonniers économiques des Seychelles assis sur un tas de roupies dont ils ne savent que faire et sans que pointe à l’horizon la moindre ébauche de solution sérieuse”.

Décidément, on ne voit pas quel investisseur oserait s’aventurer aux Seychelles à la lecture du rapport de la mission économique française dont le verdict est sans appel : “Quand on sait qu’au 21e siècle, caractérisé par la globalisation des échanges, tous les pays à travers le monde se livrent à un véritable concours d’attraction des investisseurs étrangers, on est en droit de se demander si les Seychelles ne se sont pas trompés de concours faute de vision et de courage.”

<B>Le Quotidien de La Réunion</B>

DANS LA PRESSE MALGACHE

•<B>Finance. L’“Ariary” fait sa rentrée sur l’échiquier monétaire. </B>Désormais, l’appellation officielle de la monnaie malgache est “Ariary”. L’utilisation de l’ariary est devenue depuis janvier 2005 obligatoire. Le Fmg n’est plus accepté dans les transactions. Cette décision a été annoncée dès juillet 2003, lors du lancement des nouveaux billets de banque de 25 000 et 50 000 Fmg.

Le président Marc Ravalomanana situe cette “démonétisation” parmi les nombreuses réalisations de 2004, “pour retrouver la souveraineté de notre monnaie et anéantir les émissions de faux billets de banque”, indique-t-il.

Les banques, les stations-service, les départements de l’Etat ont été les premiers à se déclarer prêts pour ce changement monétaire historique. Mais les premières constatations montrent de nettes difficultés dans l’adaptation à la nouvelle unité monétaire malgache. La timide campagne de sensibilisation et d’information effectuée par la Banque centrale ne semble pas avoir apporté le résultat escompté. Si les systèmes informatisés s’en sortent tant bien que mal, l’indifférence persiste au niveau de la population.

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