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L’opposition prend le pouvoir
Les dès sont jetés. C’est le changement qui l’emporte sur la continuité. L’équipe de l’opposition a remporté les élections de la Mauritius Football Association (MFA) hier soir au siège de la fédération à Trianon. Un scrutin haletant avec un suspense insoutenable qui a tenu en haleine tout le monde. C’est du jamais vu dans le giron du sport mauricien tellement ça s’est joué à quelques détails près avec le panachage des voix et les floating votes qui ont fait la différence.
10-2. C’est le score du scrutin en faveur de l’opposition qui prend la direction de la fédération jusqu’en 2010. “C’est une grande victoire pour l’opposition qui a récolté les fruits de son travail d’équipe. Je félicite l’intelligence des votes des délégués. À présent, que le football sorte gagnant”, se réjouit Prem Jodha, ancien “lieutenant” de Vinod Persunnoo qui est le chef de file de l’opposition.
Selon le principe de 5-3-4, l’opposition a remporté quatre des cinq places dans la première division, deux des trois dans la seconde division et tous les quatre en régional. Dans pratiquement toutes les catégories, ça s’est joué sur des détails. Si en première division, un vote a séparé les derniers élus au premier candidat battu, par contre, il a fallu avoir recours au tirage au sort en deuxième division aussi bien qu’en régional pour désigner le dernier élu.
En première division, Burdwaz Mungur a été largement plébiscité. En fait, il a été le grand bénéficiaire de la stratégie de l’opposition qui avait placé un candidat dans le camp adverse. Anoop Madhow est arrivé au second rang suivi d’Anwar Elahee, de Francis Auguste et de Mustapha Chitbahal, l’un des rescapés de l’équipe Persunnoo.
Pour Anwar Elahee, son élection est une première car, tout comme Mungur, c’est la première fois qu’il est candidat dans la mesure où il y a quatre ans, il était dans l’équipe de l’opposition qui avait boycotté les élections. “On a réussi dans notre projet mais le travail débute maintenant et dans quatre ans, on pourra dire qu’on a gagné notre pari”, lâche-t-il. Francis Auguste et Anoop Madhow font eux aussi leur entrée à la fédération.
Tirage au sort pour départager</B>
En seconde division, le président sortant est sorti en tête de liste. Vinod Persunnoo a devancé Koomaren Chetty, mais il est le grand perdant de ces élections. “Ça ne me dit rien d’avoir été élu mais pas toute mon équipe. Je suis triste de par la campagne démagogique menée par l’adversaire. Mais, c’est la démocratie et il faut l’accepter”, déclare un Vinod Persunnoo, visiblement abattu. Quant à Koomaren Chetty, il fait un retour dans les affaires fédérales huit années après avoir été président de la fédération de volley-ball.
En ce qui concerne le troisième élu, un tirage au sort a dû être effectué pour départager trois candidats avec le même nombre de voix. Le sort a, en fin de compte, souri à Priteeveeshal Goomany aux dépens d’Edley Chimon et de Benjamin Fidèle. Dans ce registre, le fait marquant est la première défaite de Chintamun Ramboccus lors d’une élection. Au niveau régional, l’issue des votes a été encore serrée. Les trois anciens “lieutenants” de Persunnoo, Samuel Compty, Prem Jodha et Nazeer Bowud, sont arrivés en tête. Et il a, une fois de plus, fallu un tirage au sort pour choisir le quatrième élu.
Et là, un candidat de l’opposition faisait face à trois représentants du groupe Persunnoo. Vinod Busviah a été, en fin de compte, bien plus chanceux que Victor Thomas, Rajen Venkatachellum et Ram Narrainen. “Je suis heureux d’être élu et ça confirme le changement que j’avais annoncé depuis mon élection dans ma région”, se félicite celui qui aura été l’un des opposants de première heure de Vinod Persunnoo.
Pour les quatre prochaines années donc, c’est une nouvelle équipe qui prend en main les destinées du football mauricien. Et à partir de demain, ce sera l’heure de se mettre à l’ouvrage lorsque les nouveaux membres se réuniront à 17 heures au siège de la fédération pour élire le nouveau bureau en attribuant les postes de président, secrétaire et trésorier entre autres.
En tout cas, l’opposition prend les choses en main pour “sauver notre football”, afin d’honorer le thème de leur campagne.
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