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L’Inde met en cause le Pakistan après les attentats
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L’Inde met en cause le Pakistan après les attentats
Après quarante-huit heures de silence, l’Inde a laissé entendre, lundi 31 octobre, que les auteurs des attentats de New Delhi (62 morts, samedi 29 octobre) pourraient avoir un lien avec le Pakistan. Dans une conversation téléphonique avec le président pakistanais, Pervez Musharraf, qui l’avait appelé pour lui offrir ses condoléances, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a affirmé : “Nous continuons à être troublés et consternés par les indices selon lesquels des groupes terroristes responsables des attaques à la bombe ont des liens avec l’extérieur. L’Inde espère que le Pakistan agira contre le terrorisme qui la vise.”
Dans les propos de M. Singh, rapportés dans un communiqué du ministère indien des Affaires étrangères, il est ajouté que “le Premier ministre a de nouveau attiré l’attention sur l’engagement du président Musharraf à mettre un terme au terrorisme transfrontalier”.
Lors d’une conférence de presse tenue dans la ville pakistanaise de Rawalpindi peu avant cette conversation, le général Musharraf avait indiqué que le Pakistan “était prêt à coopérer à toute enquête pour trouver les coupables” et qu’“Islamabad était avec l’Inde face à ces actes odieux de terrorisme” .
Les attentats à la bombe de samedi avaient ciblé des populations civiles en visant deux marchés et un autobus dans la capitale indienne. Les allégations du Premier ministre indien ont ensuite été rejetées par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, qui a demandé à l’Inde de fournir les preuves d’une éventuelle implication de groupes pakistanais.
Ces attentats perpétrés au coeur de New Delhi sont la première grande épreuve traversée par l’Inde et le Pakistan depuis la reprise du dialogue entre les deux pays en février 2004. En décembre 2001, une attaque contre le Parlement fédéral indien avait conduit les deux nations au bord de la guerre, avec une mobilisation de leurs armées aux frontières.
La situation s’est retournée depuis 2004, mais New Delhi n’a jamais caché que des progrès dans les relations bilatérales dépendaient aussi de la situation sur le terrain. Si une quelconque implication du Pakistan ou de groupes basés au Pakistan était prouvée dans les présents attentats, il serait difficile pour M. Singh à la tête d’un gouvernement de coalition et guetté par une opposition virulente de poursuivre des contacts fructueux avec Islamabad.
Pour l’instant, l’ouverture en cinq points de la “ligne de contrôle” (la LOC, qui sépare les deux pays au Cachemire), prévue pour le 7 novembre, n’a pas été remise en cause. Mais il est certain que les forces de sécurité indiennes se montreront des plus attentives pour contrôler les Cachemiris “pakistanais” voulant se rendre au Cachemire indien.
Malgré les terribles effets du séisme du 8 octobre, avec un bilan officiel faisant état de 57 597 morts et plus de 78 000 blessés, M. Musharraf a exclu lundi la moindre coupe dans les dépenses militaires. “Nous n’envisageons pas de réduire le budget de la défense. C’est une nécessité pour la sécurité”, a-t-il dit, alors que de nombreux commentateurs de la presse pakistanaise appellent à une réduction des dépenses militaires, qui constituent une lourde part du budget.
Françoise Chipaux Le Monde 2005. Distribué par The New York Times Syndicate
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