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L’Alliance sociale s’engage à redéfinir l’avenir de la canne

22 juin 2005, 00:00

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“Nous proposons un re-engineering du secteur sucrier basé sur le principe de la compétitivité alliée à la justice sociale.” C’est en ces termes que l’Alliance sociale a présenté sa stratégie pour sortir le pays du péril que représente la baisse du prix garanti du sucre sur le marché européen.

Porte-parole sur le dossier sucre, Arvin Boolell a affirmé que la nouvelle définition de l’industrie sucrière sera menée avec la participation active de tous les partenaires. Le fil conducteur sera un traitement spécial et différent aux plus faibles et vulnérables.

La politique de l’Alliance sociale se résume en trois objectifs précis que sont l’accroissement de la compétitivité de la filière canne à sucre, la garantie d’une vie “convenable” aux travailleurs et planteurs et rehausser le rôle à multiples fonctions du secteur.

D’abord, l’opposition s’engage à assurer une production sucrière avec une présence accrue de la valeur ajoutée, tels les sucres spéciaux et organiques. L’autre composant est le développement de co-produits : le bio-carburant et la production énergétique à partir de la bagasse, entre autres. Sur le plan international, il s’agira de mener une campagne de “lobbying intense jusqu’en 2007”.

L’accent est mis sur le bien-être des employés et des petits planteurs. Un objectif que l’Alliance sociale compte atteindre à tous les niveaux, “que ce soit dans le maintien de leurs activités actuelles ou d’une éventuelle reconversion par un encadrement et un soutien approprié”. Et en dernier lieu, l’opposition ciblera une meilleure intégration de l’écotourisme et de l’environnement dans le développement du secteur.

Défendre les ACP</B>

Ce plan de re-engineering préconise une “participation plus importante” des travailleurs et des planteurs dans l’actionnariat des entreprises actives dans le traitement des sous-produits de la canne. “Ainsi, ces derniers deviendront actionnaires dans des projets de production d’énergie et de bio-carburant”, a souligné Arvin Boolell, ancien ministre de l’Agriculture.

En ce qui concerne les sociétés usinières, l’Alliance sociale raidit la ligne. Avant de les venir en aide, Arvin Boolell a avancé qu’un “audit complet” sera effectué sur leurs coûts administratifs, incluant les fringe benefits et le financement des activités annexes à Maurice et à l’étranger.

Très critique sur la “faillite de la diversification agricole” du régime sortant, Arvin Boolell a énuméré les mesures qui, selon lui, insuffleront un nouvel élan au secteur non-sucre. Une fois de plus, l’accent est mis l’aplanissement des difficultés des petits exploitants et planteurs.

L’une de ces mesures porte sur la mise en place de centres régionaux pour l’agri-business afin de gérer les petites entreprises agricoles. Ces centres auront comme objectif d’encourager et encadrer ces petites et moyennes entreprises désireuses de se lancer dans la transformation des produits agricoles, les huiles essentielles, les plantes médicinales ou autres produits à valeur ajoutée.

Le reste des propositions consiste principalement à mettre sur pied un Agricultural Export Promotion Board, d’une Central Marketing Management Information Unit, l’introduction des technologies de pointe de même que la création d’un village laitier intégré.

Par ailleurs, Arvin Boolell reste très acerbe sur la performance du gouvernement pour ce qui est de l’agriculture, sur le plan international par exemple. “C’est un échec total. Pascal Lamy avait dit que la libéralisation du prix du sucre ne pourrait que déstabiliser les pays ACP et nous allons les défendre vigoureusement. Or, Maurice envoie Jayen Cuttaree à l’Organisation mondiale du commerce et décide de soutenir Castillo alors qu’il fallait donner tout notre soutien à Pascal Lamy”, a souligné Arvin Boolell.

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