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L?éventualité d?une partielle inquiète les partis politiques
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L?éventualité d?une partielle inquiète les partis politiques
Les leaders des trois principaux partis politiques sont pour une fois sur la même longueur d?onde : pourvu qu?il n?y ait pas de partielle au numéro 8 !
En mars, le conseil privé prononcera un jugement qui viendra bouleverser la scène politique à Maurice : les law lords devront faire savoir s?ils sont d?accord avec le jugement rendu, le 30 mars dernier, par la Cour suprême invalidant l?élection d?Ashock Jugnauth comme député à l?Assemblée nationale pour cause de corruption.
Si le conseil donne gain de cause à Ashock Jugnauth, il n?y a pas que le leader de l?Union nationale (UN) qui sera content. Des sources proches du Premier ministre et leader du Parti travailliste (PTr), Navin Ramgoolam, affirment en effet que le leader des rouges ne serait «pas très chaud» à l?idée d?une partielle. Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM) admet de son côté «réfléchir sur la question depuis des mois et des mois » mais se refuse à tout commentaire. Au Mouvement socialiste militant, (MSM) on ne peut s?empêcher de voir en une éventuelle partielle, l?occasion de faire entrer Pravind Jugnauth au Parlement.
Mais les leaders politiques de tout bord sont surtout préoccupés par l?idée d?une défaite éventuelle.
?Candidat de compromis?
«Une défaite électorale à mi-mandat serait catastrophique pour le parti», confie une source rouge. Si aucune discussion formelle n?a eu lieu à ce sujet chez les travaillistes, il n?empêche que Suren Dayal travaille constamment sur «le terrain» au n° 8. «Une partielle ne change rien au fait que je suis présent dans ma circonscription. J?y passe tout mon temps», affirme-t-il. En effet, au sein de son parti, on surnomme Dayal «le vrai bulldozer».
Cela n?empêche que les rouges sont inquiets. Une ironie, si l?on considère que ce sont eux qui ont entré l?action en cour visant à faire perdre son siège à Ashock Jugnauth. L?identité d?un éventuel candidat n?a pas non plus été établie même si plusieurs membres du PTr, considérant qu?ils ont «le profil ethnique requis», se positionnent.
«Ce sera au leader de décider du candidat et jusqu?ici il n?a pas partagé ses réflexions avec les membres du parti», dit un membre du PTr. En effet, Navin Ramgoolam réfléchit. Il aurait affirmé à des proches qu?il était raisonnablement confiant de gagner une partielle mais que le seul élément qui pourrait jouer contre son parti serait la hausse des prix.
Les leaders des partis de l?opposition, eux, préfèrent attendre. Le candidat idéal serait Deven Nagalingum, candidat mauve battu aux dernières élections mais réputé «fort» sur le terrain. Mais Nagalingum n?est une option que si le PTr présente Raj Ringadoo (celui là- même qui avait contesté l?élection de Jugnauth en cour) comme candidat. Or rien n?est moins sûr. D?ailleurs Deven Nagaligum ? avec qui le Premier ministre a longuement bavardé hier au cours des célébrations pour la fête Cavadee ? affirme lui-même qu?il est «trop tôt» pour qu?il se prononce sur la question. Car Ashock Jugnauth, le candidat qu?il faudra remplacer, a un profil ethnique différent.
Ce qui laisse penser, du côté du MSM, que le leader Pravind Jugnauth aurait une bonne chance de se faire élire. Mais ce ne sont pas les seuls membres du parti du soleil qui partagent cet avis. Il semble qu?à un moment, la question d?un soutien des travaillistes à Pravind Jugnauth comme candidat ? au lieu de présenter un candidat rouge ? avait été évoquée mais les discussions ne sont pas allées plus loin. Au MMM aussi, on y a pensé. Mais l?on estime que «le langage de Pravind Jugnauth sur le MMM» serait un problème pour la conclusion d?un quelconque accord.
Du côté du MSM, l?on se dit être prêt «à tous les sacrifices» pour faire élire le leader, même «une alliance avec le PTr ou le MMM». Selon une source au Sun Trust, du moins.
Chez les mauves, l?idée de soutenir un autre candidat n?est pas pour autant abandonnée. Ni même chez les rouges puisque le leader ne semble pas être très enthousiaste à se mouiller pour le moment.
Un «candidat de compromis» pour le MMM serait Ashock Jugnauth lui-même dont les adversaires reconnaissent à contrec?ur la «force de terrain». D?autres sources estiment que ce candidat pourrait être Raj Dayal du Mouvement démocratique national.
A ce stade, toutes les options sont ouvertes et chacun guette avidement ce que fera le parti adverse. Car tous s?accordent à dire qu?un éventuel échec n?est pas une option. C?est là le grand dilemme des trois leaders politiques.
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