Publicité

L?État veut son argent !

4 février 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un sou est un sou. Cet adage est d?actualité au ministère des Finances en 2007. Cette année, sur chaque Rs 100 de revenus que l?État percevra, il devra débourser Rs 25 pour rembourser sa dette. Avec cet état de choses, il a plutôt intérêt à ce que les revenus soient les plus élevés possibles. Et pour cela, la Mauritius Revenue Autho-rity (MRA) veille à ce que le Trésor perçoive chaque roupie qui lui est due?

À première vue, on a toutes les raisons de se satisfaire des performances de la MRA. Quand on compare les revenus collectés par l?autorité en janvier 2007 au même mois de l?année dernière, une croissance de 31 % est notée. Mais c?est le ministre des Finances lui-même qui vient mettre ces chiffres en perspective, en déclarant d?emblée qu?il n?y a pas lieu de se réjouir.

« Ce ne sont pas les revenus collectés qui comptent. Si on les compare au passé, cela n?a pas vraiment de grande valeur. Il faut comparer les revenus avec les sommes qu?on a budgétées en juin. Et là, on se rend compte que l?État a collecté 2 % de moins que ce que nous avions prévu dans le budget », affirme Rama Sithanen.

Cette précision vient rappeler que les finances de l?État se trouvent encore dans le rouge. Au cours d?une année où il va dépenser Rs 3 milliards de plus, rien que pour repayer les intérêts sur les dettes accumulées, la chasse aux revenus est une activité cruciale. D?autant plus que, comme le révèle Rama Sithanen, l?État aura dépensé entre Rs 600 millions à Rs 700 millions de plus que ce qui avait été prévu en juin, lors du budget.

Ceux qui « oublient » de payer

Raison de plus pour traquer tous les resquilleurs qui « oublient » de payer ce qu?ils doivent à l?Etat, sous forme de taxe sur la valeur ajoutée (TVA), de droits de douane, d?accises et d?impôts sur les revenus. Ainsi, en ce début d?année, la MRA s?intéresse de près aux petites et moyennes entreprises. « Nous l?avons déjà dit, beaucoup de Mauriciens ne payent pas leur fair share d?impôts. Il y a beaucoup d?évasion fiscale. Il faut donc éviter et combattre ce phénomène », explique Rama Sithanen.

À ce chapitre, les statistiques peuvent dérouter. Ainsi, la MRA indique que sur 479 bijoutiers enregistrés à l?Assay Office, seuls 458 se sont inscrits sur les registres des entreprises qui payent la TVA. La moitié d?entre eux « oublie » de remplir, au passage, leur déclaration d?impôts.

Les hommes de loi ne sont pas en reste. Quasiment un avocat ou un avoué sur trois n?a pas rempli sa déclaration de revenus. Les restaurateurs, médecins, architectes et comptables suivent également ce mauvais exemple. Mais la palme du resquilleur revient haut la main aux marchands ambulants qui, pour 68 % d?entre eux, ne rendent aucun compte au Trésor public. Une bonne partie des PME du pays fait de même.

De quoi amener Rama Sithanen à dire qu?il y a une véritable éducation à faire dans la population pour que tous comprennent que le paiement des impôts sert à financer et à investir dans les services aussi essentiels que l?éducation, la santé ou la sécurité publique. Est-on assez nombreux à comprendre cela à Maurice ?

Publicité