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?L?état d?urgence économique?
La Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) tire la sonnette d?alarme sur la situation économique. Elle cible l?ampleur du déficit et de la dette qui n?a jamais été aussi élevée. Dans un mémorandum remis au ministre des Finances et de l?Economie, Rama Sithanen, elle explique qu?il est nécessaire d?assainir les finances publiques car ?il n?est pas exagéré de dire que nous sommes dans un état d?urgence économique ?.
La MCCI est d?avis qu?il faut ?une collaboration très étroite et efficiente entre toutes les parties prenantes. La prise de conscience de l?importance réelle de cette urgence requiert de chacun un degré élevé de sacrifice ?. Son constat : ?Toute montée en flèche de la dette ne pourra que limiter et même remettre en question notre développement futur.? La dette publique représente aujourd?hui deux tiers du produit intérieur brut et le service de la dette un quart des dépenses de l?Etat. Ces paramètres doivent être ramenés dans des limites plus gérables.
La MCCI préconise une diminution des dépenses à travers un meilleur contrôle pour prévenir le gaspillage et de nouvelles manières de financer les infrastructures publiques avec notamment des partenariats public-privé.
La réduction des dépenses aura pour conséquence la baisse aussi au niveau de revenus de l?Etat. Mais de nouvelles taxes ou une majoration de celles existantes doivent être évitées. Au contraire, il faut continuer à réduire le niveau des impôts directs et indirects afin de créer un environnement à fiscalité légère propice à l?investissement. Cela ne sera atteint que si la collecte de la taxe est améliorée et la base de l?impôt agrandie.
De plus, la MCCI estime qu?il est temps de revoir la politique d?impôt direct et d?adopter un taux de Corporate Tax uniforme de 15 % pour tous les secteurs, excepté le commerce. Cela, pour donner une chance aux opportunités identifiées dans ce secteur.
La discrimination, qui existe dans les règlements concernant les produits importés et ceux fabriqués localement qui sont pénalisés, est également remise sur le tapis. La MCCI évoque la question du contrôle des prix qu?elle estime contraire aux progrès réalisés jusqu?ici.
Le tourisme est un secteur d?avenir comparé au textile, au sucre et au secteur manufacturier non-zone franche qui sont confrontés à d?énormes difficultés. Mais la clé pour redynamiser le tourisme se trouve, dit la MCCI, dans une révision de la politique d?accès aérien.
Assurer la survie des autres secteurs
Le concept du paradis hors taxes pour attirer davantage de touristes mérite également d?être creusé. La MCCI estime que cela permettra d?identifier les activités à développer et les ressources qui seront nécessaires pour concrétiser le projet. Parallèlement, il faudrait un effort pour catégoriser les petits établissements et les guest houses pour les aider à améliorer la qualité de leurs produits.
S?agissant de l?industrie de la zone franche comme du secteur non-zone franche, leur survie dépendra de leur capacité à soutenir la concurrence des produits importés et à être compétitifs sur les marchés d?exportation sans filets de protection. Cette transformation nécessitera des ressources et des investissements importants, explique la MCCI. Celle-ci accueille ainsi favorablement l?idée du gouvernement de créer un fonds de modernisation et souhaite une révision des conditions pour accéder au National Equity Fund.
D?un point de vue plus général, concernant les conditions socio-économiques du pays, la MCCI attire l?attention du gouvernement sur certains points tout aussi importants. Elle cite en premier le problème du transport et de la congestion routière qu?il faudra régler au plus vite.
S?attaquant à l?environnement, elle fait ressortir qu?il y a encore beaucoup à faire pour atteindre un niveau de propreté à la mesure de nos ambitions touristiques. La MCCI évoque également la croissance de la criminalité qui affecte le business, le tourisme et l?investissement étranger.
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