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Écoles spécialisées
La CTSP alerte sur une «crise silencieuse»
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Écoles spécialisées
La CTSP alerte sur une «crise silencieuse»
Des employés des écoles spécialisées et des membres de la CTSP ont manifesté mardi devant l’Assemblée nationale, hier pour réclamer leurs droits salariaux et à la retraite. © Tony Fine
La bannière brandie devant le Parlement traduit une même inquiétude : celle de travailleurs des écoles spécialisées qui affirment ne plus percevoir leur salaire ou leurs droits à la retraite. Aux côtés de ces employés, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a organisé une nouvelle manifestation pour dénoncer ce qu’elle qualifie de fragilisation progressive du secteur de l’éducation spécialisée.
Pour Reeaz Chuttoo, président de la CTSP, la situation dépasse le seul cadre des revendications salariales. « Nous sommes en train d’entrer dans un démantèlement de l’État providence, et cela semble se confirmer chaque jour », a-t-il déclaré devant les manifestants. Le syndicat affirme que plusieurs établissements relevant de la Special Education Needs Authority (SENA) font désormais face à un manque de financement pour couvrir certaines dépenses essentielles, notamment les contributions au Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF), la rémunération de personnels spécialisés ou encore les frais de gestion.
Selon Reeaz Chuttoo, cette situation pousse certaines écoles à demander une contribution financière aux familles, allant de quelques milliers à près de Rs 10 000 par mois selon les établissements. « Beaucoup de parents sont déjà confrontés à des dépenses médicales importantes. Certains préfèrent garder leur enfant à la maison plutôt que de payer des frais supplémentaires », soutient-il. La CTSP estime que cette évolution remet en question le principe d’accessibilité à l’éducation pour les enfants en situation de handicap.
Le cas particulier de la Mauritius Mental Health Association
Au cœur de la mobilisation figure également la *Mauritius Mental Health Association *(MMHA), située à Stanley, Rose-Hill. D’après la CTSP, cet établissement occupe une position singulière puisqu’il appartient à l’État depuis 1974, à la suite d’une décision parlementaire ayant placé plusieurs institutions spécialisées sous tutelle publique. Le syndicat affirme toutefois que, depuis 2012, aucun représentant gouvernemental n’aurait été nommé au conseil d’administration, créant un vide administratif qui compliquerait la gestion de l’établissement.
La MMHA serait aujourd’hui confrontée à plusieurs difficultés : absence de directeur, départ de six employés – dont des enseignants de sport, de musique, d’arts plastiques ainsi qu’un jardinier chargé d’activités thérapeutiques – et impossibilité, selon la CTSP, de recruter un manager avec une allocation mensuelle de Rs 14 000. Le syndicat ajoute que deux employés ayant atteint l’âge de 65 ans attendent toujours le versement de leur indemnité de retraite, faute de contributions suffisantes au PRGF. La veille de la manifestation, une réunion s’est tenue devant la Commission de conciliation et de médiation (CCM), en présence de représentants des ministères de l’Éducation et de la Santé ainsi que de la direction de la SENA.
Selon la CTSP, cette rencontre n’a débouché sur aucune solution concrète. Reeaz Chuttoo affirme que la SENA a notamment évoqué un manque de personnel et indiqué que les établissements étaient libres de demander une participation financière aux parents, une position que le syndicat juge préoccupante. Le président de la CTSP soutient également que le ministère du Travail ne peut engager de poursuites contre d’autres ministères, laissant, selon lui, les employés sans véritable recours institutionnel.
Un appel à des réponses gouvernementales
Au-delà des slogans, les manifestants réclament surtout des décisions rapides : paiement des salaires en retard, financement des contributions au PRGF, clarification du statut juridique de la MMHA et désignation d’une instance de gouvernance capable d’assurer la continuité des services. Interrogés durant la manifestation, plusieurs employés ont raconté attendre leur rémunération depuis plusieurs mois. «Pourquoi devons-nous descendre dans la rue pour obtenir ce qui nous est dû ?», s’est interrogée une travailleuse, tandis qu’un retraité déplorait n’avoir reçu «aucun sou» de sa gratification.
À ce stade, les autorités concernées n’ont pas publiquement réagi aux allégations formulées lors de cette manifestation. La CTSP indique, pour sa part, qu’elle envisage désormais d’explorer d’autres voies, y compris des recours juridiques, afin d’obtenir des réponses sur l’avenir des écoles spécialisées et des travailleurs qui y sont employés.
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