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Légumes : retour à zéro
La plupart des habitants de La Laura, patelin situé à deux kilomètres de Saint-Pierre, sont des petits planteurs de légumes. Mais après les pluies diluviennes de ces deux derniers mois, leurs plantations ont été complètement dévastées.
?J?ai perdu tout un arpent de concombres avec les inondations. Il faut recommencer à zéro. Maintenant, je dois faire labourer ma terre pour y mettre des semences de giraumon et de chou. Mais il faut attendre trois mois au moins avant la prochaine récolte?, explique Vijay Oozageer, planteur depuis trente ans.
Vijay Oozageer estime ses pertes à Rs 40 000. ?Je suis un planteur enregistré. Je me suis renseigné auprès de l?AREU, mais la si-tuation est toujours confuse au sujet de notre compensation?, dit-il.
Un travail à la chaîne
Navin Gokhool est toujours insatisfait après des démarches entreprises auprès du Farmers Service Centre de Saint-Pierre. Il a subi des pertes de Rs 25 000 sur sa plantation de coriandre et de haricots.
Ajay Gungabissoon et Kabir Ancharaz, durement éprouvés aussi, s?apitoient sur le sort des laboureurs saisonniers, pour la plupart des veuves du village, qui travaillent dans leurs plantations. ?La culture de légumes est un travail à la chaîne. Lorsque le planteur est pénalisé, ses t ravailleurs, l?encanteur et les maraîchers le sont aussi?, explique Kabir Ancharaz.
Pour redémarrer, ces planteurs doivent investir Rs 10 000 au moins dans l?achat de semences, de fertilisants et d?insecticides. ?Les semences de courgette m?ont coûté Rs 4 000?, indique Kabir Ancharaz.
Ces planteurs estiment aussi que les nouveaux fertilisants disponibles ne sont pas efficaces. Ils réclament la réintroduction de l?ammoniac et du CAN sur le marché. ?On ne sait pas encore pourquoi on ne trouve plus ces ferti-lisants. Nous sommes disposés à les payer plus cher?, dit Vijay Oojageer.
Vijay rappelle que les petits planteurs sont ceux qui fournissent le pays en légumes frais. ?Le gouvernement importera pour Rs 400 millions de légumes. Il faut que nous ayons une compensation pour les lourdes pertes subies?, ajoute-t-il.
Les planteurs font une requête au gouvernement : ne pas laisser l?industrie sucrière cultiver des légumes sur une grande échelle, cela au détriment des petits planteurs. ?Nous n?obtenons pas de subvention sur les semences ni d?exemption fiscale. Nous aurions voulu que les planteurs puissent eux-mêmes importer les insecticides parce qu?il ne se passe pas de jours sans que les importateurs augmentent les prix. Il faut aussi détaxer complètement la mécanisation et nous laisser importer nos propres semences?, suggère Vijay Oojageer.
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