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L?éducation à distance sur les rails

22 mai 2008, 00:00

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Face à l?engouement que suscite l?enseignement à distance, l?Etat peine à suivre. Son projet d?Open University est resté pendant plusieurs années calé dans les starting-blocks. Mais, assure Dharam Gokhool, ministre de l?Education, c?est la priorité de l?année. Le prochain budget devrait prévoir une dotation importante qui permettrait à cette nouvelle institution d?enseignement supérieur de se mettre sur les rails.

L?histoire de l?Open University débute plusieurs années de cela. L?ancien gouvernement travaillait déjà sur le projet, mais a pris son temps. Et la loi-cadre régissant l?Open University n?a été votée que début 2005, quelques mois avant les élections générales. Mais trois ans plus tard, l?institution qui devait offrir une formation à distance à faible coût aux Mauriciens n?a toujours pas vu le jour.

Flexibilité

Une situation que le ministre de l?Education entend renverser bientôt. «Pour l?année financière en cours, la Tertiary Education Commission n?avait eu qu?une somme symbolique pour l?Open University. Pour l?année 2008-2009, nous aurons l?argent pour cela et d?ici la fin de l?année prochaine, les premiers cours devraient être offerts.»

Devant la lenteur de la mise en place, certains s?impatientent. Il en était ainsi du consultant qui travaillait sur le projet et qui avait remis un rapport préliminaire complet sur la création de cette nouvelle institution. Las d?attendre des avancées sur le dossier, il a accepté un poste dans un autre pays.

«On a le sentiment que depuis que le gouvernement en parle, il serait temps de commencer la mise en place. Créer l?Open University est relativement bon marché et techniquement, il n?y a aucune raison pour que cela ne se fasse pas. Malheureusement, il y a un manque de volonté», constate Alain Senteni, directeur du centre ?virtuel? des technologies innovantes pour l?apprentissage (VCILT) de l?université de Maurice. Le VCILT est partie prenante du projet d?Open University.

Pourtant, le marché est demandeur et la volonté gouvernementale est là, selon Dharam Gokhool. Actuellement le taux d?inscription universitaire global des 20 à 25 ans est de 35 % «Dans les pays industrialisés il est de 70 % et nous espérons qu?à Maurice il sera de 50 % d?ici 2015», explique le ministre.

Moins coûteux, plus flexible, l?enseignement à distance a la cote dans le monde, et Maurice ne fait pas exception. MALEM (Mascareignes Academy of Law, Economy and Management) qui est affilié à l?UNISA (University of South Africa), comprend plus de 1 000 étudiants. «Certes, 20 ans de cela, il y avait pas de mal de scepticisme, mais maintenant les gens acceptent mieux les mérites de l?enseignement à distance. A titre d?exemple, l?IGNOU (Indira Gandhi National Open University) compte plus de deux millions d?étudiants», avance Anand Appanah, directeur de MALEM.

L?IGNOU est un exemple dans le milieu. Créée en 1985, cette institution indienne fait aujourd?hui partie des plus grandes universités dans le monde. La particularité étant que ses étudiants n?ont pas à se déplacer vers un campus.

«Deadlines»

Depuis 1999, le Mauritius College of the Air (MCA) offre des cours en partenariat avec l?IGNOU. Huit programmes, allant de la Licence d?anglais au Master of Business Administration (MBA) en passant par la Licence en Commerce, sont offerts par le MCA. Environ 200 Mauriciens y suivent des programmes de l?institution indienne.

«Nous assurons le tutorat une fois par semaine et nous assurons l?encadrement de l?apprenant. Nous lui donnons un calendrier de travail. L?avantage, c?est que c?est une formation souple, essentiellement pour les gens qui travaillent, qui ont un engagement social et domestique», affirme Roshun Dhurbarrylall, associate professor à la MCA et responsable du département d?enseignement à distance du MCA. Des cours sur le mode de «distance learning» ont également été développés avec l?université de Maurice (UOM) et l?université de Technologie (de Maurice) (UTM).

Si ce mode d?apprentissage est plus accessible, il faut cependant pouvoir se discipliner. Et à ce niveau-là, beaucoup ont du mal et finissent par abandonner en cours de route. «C?est dur. D?abord je devais travailler par moi-même. Il fallait trouver des livres, il y a des devoirs à faire, des deadlines à respecter car sinon, il n?y a pas d?examens. Cela aide vraiment à vous responsabiliser», note Parweez Ochotoya, enseignante qui vient de terminer sa licence à l?UNISA.

«Sans personne pour les guider, beaucoup de gens arrêtent en cours de route. C?est pour cela qu?à la MCA, on fait de sorte que les étudiants puissent garder le contact avec des professeurs. Cela permet également aux apprenants d?entrer en contact avec d?autres personnes qui suivent le même cours », souligne Kaviray Sukon, président du MCA.

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