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L?économie fait sa rentrée
<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>
La fête a été interrompue de manière brutale en ce début d?année. Les consommateurs ont reçu plus qu?une douche froide, un électrochoc, avec les hausses successives des prix de l?électricité, du gaz, de l?essence, du diesel, du pain et de la farine.
C?était prévisible et ce n?est sans doute pas fini. La hausse du coût de l?énergie ? carburant et électricité ? risque effectivement d?entraîner d?autres augmentations en cascade avec une incidence sur le taux d?inflation. Un autre impact fâcheux : le coût de production des entreprises à vocation domestique et d?exportation augmentera.
Une hausse des coûts est la dernière chose dont avait besoin l?industrie du textile-habillement. Mais on peut arguer que la hausse du prix du pétrole touche aussi bien les usines chinoises, pakistanaises et indiennes que les usines turques. On serait donc logé à la même enseigne. Toutefois, les prix des vêtements continuent à dégringoler inexorablement sur le marché mondial.
Ce début d?année a également été marqué par un retour de l?économie au c?ur du débat. Mais le sujet sera sans doute très vite marginalisé au profit de la polémique sur la contre-réforme engagée dans le secteur de l?éducation. D?autant plus que les dérapages ethnolinguistiques ne sont pas loin?
Mais avant que l?on ne s?englue à nouveau dans des débats empoisonnés d?avance, où finalement tout passe avant l?intérêt des enfants, revenons un instant sur ce qui a fait l?actualité économique de la fin de 2005 et du début de cette année.
À quelques jours d?intervalle, deux institutions internationales, Moody?s et le Fonds monétaire international (FMI), sont venues nous rappeler à quel point notre économie est malade. Et à quel point aussi des réformes drastiques et urgentes s?imposent.
Ces commentaires négatifs sur l?économie du pays de la part d?organisations qui ont une audience mondiale et une crédibilité certaine (nous ne dirons pas indiscutables) ne peuvent que faire du tort au pays qui a désespérément besoin d?investissements étrangers.
Mais le FMI a raison de dire qu?au-delà de la situation telle qu?elle est, les investisseurs, tant étrangers que locaux, seront surtout sensibles aux efforts des autorités pour redresser la situation. D?où la nécessité d?avoir un plan d?action économique global comprenant des réformes en profondeur et des mesures pour redresser les finances publiques.
C?est justement ce que propose le ministre des Finances. Intervenant dans le débat, Rama Sithanen affirme que sa priorité est de réduire le déficit public en réduisant les dépenses et en améliorant la collecte des revenus. C?est le bon sens même.
Toutefois, cela fait des années qu?on nous tient ce discours et le déficit budgétaire demeure élevé. Mais accordons-lui de pouvoir réussir là où Bérenger et Jugnauth ont échoué. Sa volonté de rééchelonner les grands projets onéreux de l?État est un bon début.
Par ailleurs, au niveau des réformes en profondeur, il est encourageant de noter que Rama Sithanen semble vouloir s?attaquer au problème de la pension qui ne sera plus viable dans sa forme actuelle. Nous le savions depuis Battersby.
Mais là encore, à part la création de comités à la pelle, rien n?a été fait. Pravind Jugnauth a eu le courage d?essayer de commencer quelque part en ciblant les vieux qui ont des revenus suffisants pour se passer de leur pension de vieillesse. Mais la mise en application a été si maladroite et désastreuse, que l?ancien régime s?était mis à dos toute la population sur ce dossier. Espérons que Sithanen aura plus de doigté. Espérons surtout qu?il aura le soutien de son gouvernement pour tenter de réformer le système de pension.
Mais là où on attend le plus Rama Sithanen et le gouvernement Ramgoolam, c?est dans leur capacité à relancer l?économie ?against all odds?. Le ministre des Finances promet des taux de croissance supérieurs en 2008. Pourvu qu?il réussisse?
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