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L?école Hugh Otter Barry théâtre de pratiques frauduleuses
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L?école Hugh Otter Barry théâtre de pratiques frauduleuses
L?envie de voir leurs enfants admis dans une école ?five stars? pousse des parents aux pires folies. Certaines personnes ont vu là une aubaine. Un trafic dans lequel seraient impliqués les propriétaires d?une école maternelle a récemment été découvert. Ces derniers auraient fait admettre frauduleusement, depuis un bout de temps, des écoliers en Standard I à l?école du gouvernement Hugh Otter Barry, à Curepipe, à partir de fausses factures du Central Electricity Board (CEB) et de la Central Water Authority (CWA).
L?enquête progresse de manière satisfaisante, indique-t-on dans les milieux du ministère de l?Education et du Central Criminal Investigation Department (CCID). Sept parents d?élèves ont déjà été arrêtés la semaine dernière et quatre d?entre eux traduits en cour sous une accusation de ?making use of a forged document?. Quarante-cinq autres seraient dans le collimateur des limiers du CCID dont un gradé de la police, des médecins et un membre du barreau.
L?étau se resserre également autour des masterminds de cette escroquerie qui trouverait son origine dans une école pré-primaire. Les propriétaires seront fort probablement interrogés cette semaine. Selon diverses sources, le réseau opérait depuis plusieurs années et était mis à la disposition de parents voulant faire admettre leur progéniture en Std I de cette école primaire très demandée de Curepipe.
?Le système était simple. Pour appâter des parents, une école maternelle située près de l?école Hugh Otter Barry promettait que leur enfant serait automatiquement admis dans cette école grâce à un procédé frauduleux?, indique un informateur proche du dossier. Pour cela, des sommes allant de Rs 7 000 à Rs 20 000 par tête d?enfant étaient réclamées.
Munies de factures originales mais non remplies du CEB ou de la CWA, la direction de cette école, dont les liens familiaux avec un employé de la CEB sont en ce moment examinés, aurait entamé ses man?uvres frauduleuses. Il semblerait qu?elle y incluait, par la suite, le nom d?un des parents ainsi qu?une fausse addresse située dans le ?catchment area? de l?école. Cela, en imitant autant que possible les vraies factures de ces organismes parapublics. Ainsi, lors de l?exercice d?admission en Std I qui se fait habituellement en juin de chaque année, les parents qui souhaitaient faire admettre leur enfant au Hugh Otter Barry soumettaient ces factures à l?école.
?Je serai sans pitié pour ceux qui trichent?</B>
Cette man?uvre serait passée inaperçue cette année encore, si le maître d?école n?avait pas décidé de soumettre ces factures pour vérification au CEB après s?être vu confronté à une multiplication de la fraude cette année. ?Il s?est vu soumettre bien plus de 100 factures douteuses cette année. Malgré ses mises en garde, 52 parents ont quand même persisté dans leur fraude alors qu?une cinquantaine d?autres a préféré abandonner leur tentative par sagesse?, confie une source au ministère de l?Education. La Hugh Otter Barry Government School offre anuellement 160 places en Std I. Pour l?admission 2007, plus de 300 demandes auraient été soumises.
La direction du CEB, qui a rencontré le maître d?école en question, considère l?affaire très sérieuse. Le vendredi 30 juin, Patrick Assirvaden, président de cet organisme, a ainsi porté plainte au CCID, documents à l?appui. ?Je serai sans pitié pour ceux qui trichent ou qui sont complices dans cette affaire. S?il est établi qu?il y a une complicité au sein du CEB, j?agirai sans aucun pardon. Alors que des parents se battent pour faire admettre leur enfant dans une école près de chez eux, d?autres utilisent des moyens malhonnêtes pour passer devant. C?est un acte criminel.?
Il invite tous ceux qui ont été confrontés à des affaires similaires à se rendre au CEB pour vérification. ?Tous ceux qui ont des doutes peuvent se rendre au CEB. Nous sommes là pour vérifier.? Pour un délit de faux en écriture, le magistrat peut accorder la liberté conditionnelle ou ordonner une peine d?emprisonnement allant de trois mois à trois ans, dépendant de la gravité du délit.
D?autres écoles surveillées de près
■ Toutes les écoles d?Etat considérées comme des ?five star schools? seront soumises à une double vérification. ?Nous avons eu des échos qui indiquent que des pratiques similaires ont eu lieu dans d?autres écoles primaires à grande demande. Systématiquement, nous allons faire une double vérification au niveau des demandes d?admission pour ces établissements et là où on aura un doute, nous demanderons au CEB de vérifier?, indique-t-on au ministère de l?Education. Une quinzaine d?écoles d?Etat tombe dans cette catégorie d?établissement. ?Cette année, il semblerait qu?il y aurait eu davantage de fraude. A plusieurs reprises, nous avons proposé que tous les partenaires de l?éducation s?asseoient autour d?une table pour essayer de trouver une solution. C?est un combat difficile et il faut une volonté politique pour y mettre un terme?, déclare Vinod Seegum, président de la Government Teachers? Union. Cette fraude à grande échelle illustre la volonté de certains parents de faire admettre à tout prix leur enfant dans une école primaire de prestige pensant ainsi augmenter ses chances d?obtenir un collège de premier ordre plus tard. La décision de transformer les collèges de ?Form VI?, dont les établissements d?élite comme le Queen Elizabeth College ou des collèges Royal en établissements de ?Form I? à VI ne peut qu?accentuer cette pression, affirme-t-on dans le milieu éducatif.
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