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L?école est finie pour les enfants des squatters
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L?école est finie pour les enfants des squatters
Derrière la souffrance des parents, il y a l?incompréhension des enfants. Eux, ce sont « les enfants des squatters », qui auraient dû se préparer pour la rentrée scolaire de jeudi. Oubliés, perdus, ils souffrent en silence. « Mo kontan lekol mwa, susurre Nathan, 11 ans, me mo pa kapav ale? »
Le chapiteau sur le terrain de football à Camp-Levieux abrite des familles venues se réfugier depuis leur expulsion. Elles vivent derrière des morceaux de tissus rapiéciés. « Nunn truv enn ta dimounn ki ti promett nou gran kik choz, bann minis tou sa, pa finn fer nanyen ! » s?exclame Géraldine Malikon, mère de huit enfants. Ses antécédents dans la prostitution ne lui rappellent que de mauvais souvenirs. Sa famille, qui habitait à St.-Patrick, a dû quitter la maison qu?elle louait faute de revenus. En entendant parler des maisons de la NHDC, Géraldine s?est dit qu?elle pouvait emmener sa famille « s?y installer » pour un moment seulement.
Ce ne sont pas les adultes qui confient leur peine aujourd?hui, ce sont les enfants qui crient leur incompréhension face à cette situation. « Suze ki mo kontan fer, se matematik. Kan mo ale lekol, mo zoine mo bann kamarad tou sa », lance Nathan, élève de cinquième à Rémy Ollier. Quand est-ce qu?il a été à l?école pour la dernière fois ? « Sa vendredi la?mo pa rapel kan. » Il a l?air triste, mais il semble surtout résigné.
Comme toujours dans cette précarité, les problèmes s?enchaînent. « Imazin ou ki mo zenfan bizin ale begne dan sa la river glase la avan zot ale lekol. Mo pena moyen mwa, deza ki mo bizin zer sa sitiasion difisil le e esey zoin lede bou ! », dit Géraldine, prête à craquer. Même si le transport sera bientôt gratuit pour les enfants, elle se dit être vraiment trop lasse pour lutter et se préparer chaque matin ses enfants dans ces conditions.
Lait fait avec l?eau de la rivière bouillie
Sa fille de 17 ans ne fréquente plus l?école. Nathalie, 8 ans, refuse d?y aller aussi, car elle a subi un traumatisme. Cette famille vit dans un amas de vêtements sales, car la mère n?a pas les moyens d?acheter du savon. Géraldine tient dans ses bras Lorenzo, 8 mois, le visage couvert de taches blanches et qui n?arrête pas de tousser. Le lait que sa mère lui donne a été fait avec l?eau de la rivière bouillie. Lorenzo n?a pas encore été vacciné, il semble aller très mal. A part quelques précautions de base, le respect de l?hygiène s?arrête là. « Mo pe fer tou mo posib pou okup mo bann zenfan, e li bien difisil ! Mo sagrin pu zot. Mwa si mo ti kapav, mo ti pu kontinier mo letude osi, me ki pu fer? »
Ces parents sont au bord du gouffre.
« Enen ti zenfan inn vinn get mwa lott foi la, inn dir moi : ?mo kcamarad inn rie mwa parski mo pena lakaz?. La plupart des enfants ne veulent pas aller à l?école, parce qu?ils sont très malades et qu?ils ont honte ! », explique Jacques Veerasamy, travailleur social et porte-parole des sans-logis. 51 enfants sont tombés malades la semaine dernière. Ils ont de la fièvre parce qu?ils sont obligés de boire, de se baigner et de faire leurs besoins en utilisant la même eau. Les jeunes filles sont harcelées par des hommes. La situation empire. « Le plus dur pour les parents, c?est de reprendre courage devant leurs enfants. Il y a quelque temps, tous les ministres étaient présents, mais maintenant, nous n?entendons plus grand-chose. »
Déboussolés, les enfants sont condamnés à accepter cette nouvelle existence et surtout cette « maison » où ils doivent vivre. « Quand iras-tu à l?école Nathan ? » Sa mère répond à sa place : « Kan nu pu gagn enn lozeman konvenab, nu ava gete?»
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