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L?échec
Le football mauricien est au fond du gouffre. Ce week-end, le onze national s?est fait ridiculiser par les Seychelles. Il a essuyé une cinglante défaite sur le score de sept buts à zéro. Ce résultat survient après une série de matchs au cours desquels le Club M a subi l?amère expérience de l?échec. Une telle catastrophe devrait nous inciter tous, passionnés du sport comme citoyens normalement peu concernés par les événements sportifs, à réfléchir aux moyens de rectifier le tir. Le déshonneur n?est plus limité au périmètre des stades. Il rejaillit désormais sur l?ensemble du pays. Les dirigeants ne peuvent y rester indifférents.
Le problème doit être réglé, au niveau national, avec l?implication directe des plus hautes instances du pouvoir. Ce ne sont pas les Lions indomptables ni le Bafana Bafana qui nous ont infligé une si cuisante défaite. C?est la modeste équipe des «dallons» qui a humilié nos représentants à Mpumalaga, en Afrique du Sud où se joue la Cosafa Cup, une compétition organisée par le Council of Southern Africa Football Associations. La gêne et l?embarras sont d?autant plus grands.
Si ce lourd score enregistré en Afrique du Sud n?était qu?un faux pas de l?équipe nationale, chacun aurait vite fait d?oublier «l?accident». Mais la sélection nationale va de débâcle en débâcle. Sa raclée subie face aux Seychellois vient grossir un catalogue de déconvenues. Elle survient au lendemain de deux défaites non moins humiliantes aux mains des joueurs de la petite île du Cap-Vert.
L?affaire a une dimension qui va bien au-delà de la raison sportive. Pour commencer, il est un fait connu que le moral de la nation repose en partie sur la performance sportive des joueurs et des athlètes nationaux. Les moments de gloire du onze national ont redonné, dans le passé, le goût de la victoire à tout le pays et transformé la morosité en espoir. En revanche, les revers successifs de notre équipe de foot sont susceptibles d?avoir un impact négatif sur la population.
De plus, l?expérience nous a appris que l?équipe nationale de foot apparaît, aux yeux d?une grande majorité de Mauriciens, comme un élément d?identification collective. C?est un puissant facteur de cohésion nationale. Quand nous étions apparus, en 1985, puis 2003, comme une grande nation footballistique, au plan régional, le football était devenu l?élément fédérateur par excellence de la nation. Tous étaient unis dans un même élan pour soutenir et porter au sommet l?équipe nationale lors de ces deux occasions où elle a remporté la finale des Jeux des îles de l?océan Indien. Le foot était alors le ciment d?une nation qui nous inspirait la fierté.
Les dirigeants doivent d?urgence tirer les enseignements de la descente aux Enfers de la sélection nationale. Et si la cause des résultats ternes est identifiée, le remède approprié doit être appliqué. Le pays ne peut manifester de la tolérance envers les losers.
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