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L?utilisation du Subutex fait l?unanimité

24 août 2005, 00:00

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Utiliser un médicament totalement interdit, en l?occurrence le Subutex, dans les programmes de réhabilitation des toxicomanes. Les principaux acteurs de la lutte contre la drogue sont favorables à cette option. Ils pensent cependant que le succès d?un tel traitement de substitution exige un contrôle strict sur les médicaments utilisés.

Cette question fait donc de nouveau surface. Les débats sont ouverts à la suite de la déclaration, dimanche, de la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, lors de la cérémonie d?ouverture de la 21e édition de l?International Federation of Non-Governmental Organizations (IFNGO) au Centre de conférences de Grand-Baie. Elle avait notamment déclaré : ?Une étude sera effectuée sur ce dossier et si jamais le Subutex est éventuellement réintroduit, un mécanisme de contrôle devra être mis en place en premier lieu?, en assurant que le gouvernement ne ferait pas avancer ce dossier ?à l?aveuglette?.

Le docteur Fayzal Sulliman, coordinateur à la National Agency for the Treatment & Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA) explique : ?Le Subutex est un médicament qui marche et qui a fait ses preuves à l?étranger. Nous devons l?introduire dans nos traitements si nous voulons contrôler la propagation du virus VIH/sida?. Il recommande toutefois que, dans l?éventualité de son utilisation, ce produit soit exclusivement limité aux centres de réhabilitation, sans être disponible ni en pharmacie ni par prescription d?un médecin.

Les ONG mauriciennes impliquées dans la lutte et la prévention contre la drogue se disent aussi favorables au traitement de substitution. Elles considèrent la décision du gouvernement d?examiner l?utilisation du Subutex dans les traitements de réhabilitation des toxicomanes comme une avancée importante dans leur combat.

Ces mesures s?avèrent nécessaires du fait que de nombreux décès de toxicomanes, il y a quelques années, étaient liés à une mauvaise utilisation du Subutex. Ce médicament doit être absorbé par voie buccale. Les toxicomanes eux se l?injectaient par voie intraveineuse. ?De nombreux toxicomanes (...) ont succombé à une embolie pulmonaire et non pas à une overdose?, dit un travailleur social.

Les traitements de substitution s?adressent aux héroïnomanes et aux personnes pharmaco-dépendantes. Ils tendent à maintenir chez le patient une abstinence durable. Cette thérapie, dont l?efficacité est prouvée, vise la réduction des conséquences humaines, sanitaires et sociales liées à l?abus de drogues. Elle permet de réduire les risques d?infection dus à l?usage de seringues souillées. La méthadone et la buprénorphin,utilisées dans ces traitements, sont des produits caractérisés par une longue durée d?action, rendant le traitement efficace, avec peu d?effets euphorisants. Le malade évite ainsi le syndrome de manque, sans effets secondaires sérieux.

Pour ce qui est du contrôle, le docteur Fayzal Sulliman explique que la meilleure solution serait d?appliquer la Directly Observed Therapy (DOT). Cette pratique, largement répandue à l?étranger, consiste à administrer le Subutex en présence d?un des responsables des centres de réhabilitation.?Cette méthode empêche ainsi le patient d?emporter le médicament et d?en faire un mauvais usage.?

Les ONG s?accordent toutes à dire qu?il faut rassembler les expériences vécues à l?étranger en termes de thérapie de substitution. Elles proposent de mettre en place un système de contrôle efficace pour garantir une utilisation adéquate de Subutex.

La seule voix discordante à propos de ces propositions vient de la police. Elle se montre très réticente quant à l?introduction du Subutex en tant que traitement. Selon elle, les résultats du mauvais usage qu?en faisaient les toxicomanes, quand ce médicament n?était pas interdit, justifient sa prise de position.

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