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L?université maintient ses mesures d?économie
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L?université maintient ses mesures d?économie
Lors d?une réunion spéciale de son conseil d?administration, hier soir, l?université de Maurice a décidé de maintenir ses mesures d?économie.
?C?est une condition sine qua non pour garder la tête hors de l?eau. Avec l?argent que nous a donné le gouvernement et l?argent que nous récoltons, nous allons encore être déficitaires. Il n?y a donc pas d?autre choix que de maintenir les mesures drastiques?, confie une source proche de la direction.
Le gouvernement a octroyé Rs 270 millions pour l?année financière 2007-08 alors que l?université générera un peu plus de Rs 120 millions.
De plus, un certain nombre de cours pour lesquels l?université de Maurice a recruté des étudiants est dans la balance, suite à une directive émise par la direction en début de semaine, et cela même s?ils ont déjà démarré. Dans une déclaration à l?express hier, le vice-chancelier de l?université, Indur Fagoonee, confirme l?information.
La circulaire en question indique que ?le minimum (d?étudiants) requis? est de 30 pour les licences et de 15 pour les élèves de troisième cycle. ?Probablement, une quinzaine des 120 cours que nous offrons ne vont pas continuer faute d?avoir atteint la taille critique pour démarrer. Si le nombre d?inscrits est inférieur à ce que nous avons décidé, ces cours ne sont pas financièrement viables et cela ne vaut pas la peine de les maintenir?, révèle Indur Fagoonee.
Les cours ayant des troncs communs, c?est-à-dire ayant beaucoup de similitudes, seront également fusionnés. Ainsi, s?il y a, par exemple, 11, 12 et 13 inscrits à trois cours similaires, ceux-ci seront regroupés sous le même chapeau. En revanche, là où cela ne sera pas possible et où les critères minimums n?ont pas pu être atteints, l?université procédera à leur élimination pure et simple, du moins pour cette année.
?Nous allons toutefois être flexibles. Ces étudiants se verront offrir d?autres cours, correspondant à leurs qualifications, sinon, c?est tant pis?, affirme Indur Fagoonee. Les étudiants qui ne peuvent ou ne souhaitent pas être canalisés vers d?autres cours n?étudieront donc pas à l?université de Maurice cette année.
?Sit-in? de la Students? Union
Le vice-chancelier espère toutefois que de tels cas restent dans le domaine de l?exceptionnel. ?Les admissions ne sont pas encore terminées et nous espérons atteindre le minimum pour le plus grand nombre de cours possibles.?
La décision d?obliger les étudiants de troisième année de présenter leur mémoire ou leur dissertation de fin de cycle en groupe de trois, fait toujours jaser sur le campus.
La Students?Union a décidé hier d?organiser un sit-in en début de semaine prochaine en signe de protestation. La direction de l?université espère décanter la situation en rencontrant les étudiants ce matin.
Cette dernière, qui tient une conférence de presse ce matin, clarifie cette décision. ?Ce n?est pas nouveau. Cela se fait déjà dans d?autres facultés et même dans de grandes universités en Australie, aux Etats-Unis ou encore au Royaume-Uni. Nous ne faisons que généraliser cette pratique. L?intérêt est d?encourager le travail d?équipe. Dans la pratique, cela ne posera pas de problème?, prévoit Indur Fagoonee.
Quant à la décision d?envoyer des étudiants dans des collèges, faute de place sur le campus, la direction de l?université précise que c?est une mesure de dernier recours. Deux établissements, Belle-Rose SSS et Gaëtan Raynal SSS, ont été mis à sa disposition. ?Ce projet est toujours d?actualité, mais c?est une option de secours. Pour l?instant, nous n?en avons pas besoin?, déclare Indur Fagoonee. Si toutefois l?université fait usage de cette facilité, ce seront surtout ceux qui suivent des cours à temps partiel qui seront canalisés vers ces établissements.
Le vice-chancelier justifie également la nouvelle politique visant à avoir des classes composées de 200 étudiants ou plus. ?Cela se fait également dans le monde entier. A Maurice, le problème est que les jeunes ont été nourris à la petite cuillère depuis le primaire et cela continue au supérieur. Il faut changer cet état d?esprit et changer d?approche. Et notre budget nous contraint à regrouper là où nous pouvons regrouper.? Il soutient cependant que les mesures prises ne se font pas au détriment de la qualité et demande à chacun de se serrer les coudes et ?d?être solidaire dans ces temps difficiles?.
REACTION
Le MMM critique la gestion de la crise par le gouvernement
Le MMM a évoqué la ?crise? dans l?enseignement supérieur lors de sa conférence de presse hier. Le leader du parti a fustigé le gouvernement pour sa manière de gérer les difficultés rencontrées par l?université de Maurice, dont le manque de places sur le campus. Paul Bérenger a critiqué le fait que les autorités ne mettent pas suffisamment de moyens financiers adéquats à la disposition de l?université pour qu?elle puisse mener à bien sa mission. ?Cette crise intervient à un moment où l?on veut faire de Maurice un knowledge hub?, s?indigne-t-il.
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