Publicité

Lourd bilan dans la catastrophe de Ghislenghien

1 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Seize morts et 120 blessés dont certains gravement brûlés dans l?explosion au gaz. C?est le plus grave accident industriel de l?histoire récente de la Belgique.

Le bilan de l?explosion de gaz de Ghislenghien, plus grave accident industriel de l?histoire récente de la Belgique, s?est alourdi à seize morts, après le décès d?un des blessés dans la nuit de vendredi à samedi.

?Nous craignons que ce nombre ne s?aggrave?, a souligné le directeur de cabinet du ministère de la Santé, Renaud Witmeur. Quelque 40 % des quelque 120 blessés souffrent de graves brûlures, a-t-il précisé, et les médecins s?affairent à leur chevet depuis trente-six heures.

La série d?explosions en chaîne qui a eu lieu vendredi dans la zone industrielle de Ghislenghien, à proximité d?Ath, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Bruxelles, a été décrite par un témoin comme un ?mini-Hiroshima?.

La déflagration a été causée par une fuite dans un gazoduc souterrain acheminant du gaz du port belge de Zeebrugge au nord de la France.

D?énormes boules de feu ont été projetées vers le ciel, des corps ont été retrouvés à plusieurs centaines de mètres du lieu de la déflagration, des immeubles ont été détruits et des voitures et des camions carbonisés.

Entouré de ministres et d?autres hauts responsables, le roi des Belges Albert II s?est rendu samedi sur les lieux de la catastrophe pour tenter d?apporter du réconfort aux familles des victimes et aux blessés.

Parmi les seize morts figurent cinq pompiers qui étaient en train de mettre en place un périmètre de sécurité sur le lieu de la fuite quand l?explosion s?est produite.

Choqués par le drame, de nombreux habitants de la région se sont rendus vendredi et samedi à la Croix-Rouge locale pour donner leur sang.

Le Premier ministre, Guy Verhofstadt, qui a écourté ses vacances en Italie pour se rendre sur place, a décidé qu?un deuil national serait observé le jour des funérailles des victimes.

?L?impression d?un tremblement de terre?

Pascal Picry, qui travaillait dans un bâtiment proche du gazoduc au moment de l?explosion, a raconté qu?il avait cru ne pas s?en sortir. ?On a eu l?impression qu?il y avait un tremblement de terre?, a-t-il déclaré à la chaîne publique RTBF, sa tête et ses bras couverts de bandages.

?Notre premier réflexe a été de courir et ce n?est qu?une fois que nous sommes sortis que nous avons commencé à brûler à cause de la chaleur. On sentait notre peau se détacher?, a-t-il dit.

Des experts légistes ont dû prélever des échantillons d?ADN pour identifier certaines victimes dont les corps étaient carbonisés.

?Je ne comprends pas comment on peut autoriser (la construction de) bâtiments à côté de pipelines comme celui-là?, a déclaré un témoin à RTBF.

Les secouristes ont commencé à déblayer les débris qui s?amoncellent dans la zone dévastée, autour du vaste cratère laissé par la déflagration. Des pompiers avaient auparavant réussi vendredi à éteindre les derniers feux.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l?accident. La société Fluxys, chargée du réseau belge de gazoducs, a indiqué que l?entreprise de sous-traitance qui travaillait sur le site au moment de l?explosion avait été informée de la présence du gazoduc.

?Le sous-traitant savait où se trouvait la conduite?, a déclaré le président de Fluxys, Walter Peeraer.

Cette catastrophe industrielle est l?une des plus meurtrières survenues dans le royaume ces dernières années.

En 1967, l?explosion d?un camion citerne transportant du gaz liquéfié avait fait 22 morts. La plus grave s?était produite en 1956 dans une mine à Marcinelle, tuant 262 personnes, dont 136 travailleurs immigrés italiens.

Publicité