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L?ordre des médecins veut faire passer des examens aux aspirants docteurs

22 février 2008, 00:00

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«A la lumière des informations troublantes et des diplômes contestés délivrés par des institutions des pays de l?Est à nos compatriotes, (sans compter le niveau inférieur de leur connaissance basique médicale), il serait important d?imposer un examen obligatoire avant de donner le feu vert pour pratiquer.» Tels ont été les propos du président de l?ordre des médecins, hier. Rajendra Goordoyal a ainsi relancé le débat sur l?inscription des médecins, surtout ceux formés dans des pays comme la Russie.

Il a profité du lancement d?un magazine de l?ordre des médecins pour faire cette déclaration. La remise en cause de l?inscription de huit spécialistes revenus de Russie récemment avait accentué la polémique. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a répondu qu?il considérera la question.

Rajendra Goordoyal, a pris en exemple le Medical Council de l?Inde. Celui-ci impose un examen obligatoire aux médecins formés à l?étranger. Les docteurs formés dans les pays de l?Est avaient contesté cette décision. Mais la Cour suprême de New Delhi a maintenu que les examens sont obligatoires.

Cette mesure, insiste Rajendra Goordoyal, permettra que seuls des médecins compétents pratiquent. Il s?appuie sur une étude du Mauritius Institute of Health, qui a démontré que les futurs médecins étaient eux-mêmes en faveur de cet examen d?uniformisation.

Satish Faugoo est d?avis que c?est une bonne proposition qui mérite d?être étudiée. Il annonce qu?un comité ministériel, mis sur pied depuis une semaine, présidé par le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, va se pencher sur les qualifications des spécialistes. La polémique sur l?inscription des médecins de certains pays fera également partie des préoccupations de ce comité.

Pour le ministre, l?ordre des médecins, doit, avec les ordres étrangers, échanger des informations sur les institutions mises à l?index (black listed). Ce n?est pas parce qu?une institution est sur la liste de l?Organisation mondiale de la santé qu?elle est aux normes.

Il reconnaît l?émergence «d?institutions de niveau inférieur» dû au fait que les institutions médicales «poussent comme des champignons» à travers le monde. Il est d?avis également que le Medical Council doit avoir le droit de ne plus autoriser un médecin à exercer si celui-ci n?est pas du niveau requis. Actuellement, légalement, l?ordre des médecins ne peut refuser une inscription. Il peut simplement demander un internat plus long s?il juge que le médecin a besoin d?une formation plus poussée. D?ailleurs, l?internat est passé de 18 mois à deux ans.

Pour le président de la Private Medical Practitioners? Association, le Dr Isshack Jowahir, «cette déclaration du président de l?ordre des médecins est très grave. Cela revient à dire que malgré le constat de qualifications inférieures, les médecins sont inscrits. Ce, en mettant en péril nos patients. On peut comprendre les critiques qui pleuvent si les autorités mêmes acceptent que le niveau ne soit pas celui exigé. Qu?elles aillent jusqu?au bout de leur démarche en réévaluant ces médecins aux diplômes douteux et, si besoin est, les radient».

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