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L?or s?affirme en tant que valeur refuge
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L?or s?affirme en tant que valeur refuge
Cher parce que précieux. L?or n?est pas un métal comme les autres. Bijoux, éléments pour les circuits informatiques, ou investissement sûr vers lequel se rabattent les financiers, l?or suscite un grand intérêt. Des passions, la fièvre même.
Le cours mondial de l?or a dépassé la barre des $ 900 l?once vendredi 11 janvier dernier. C?est un record historique, le précédent ayant été atteint le 21 janvier 1980 ($ 850 l?once). Les répercussions sur le marché de l?or ne se font pas attendre. Maurice est connue pour son orfèvrerie. Nombre de Mauriciens et de Mauriciennes affectionnent les bijoux en or. La qualité de la main-d??uvre locale est aussi reconnue si bien que certaines entreprises se sont spécialisées dans cette niche économique, notamment pour l?exportation ou le marché touristique.
Les bijoutiers sont directement concernés par l?augmentation des cours mondiaux de l?or. Ils devront débourser davantage pour acquérir leur matière première. Martin Beffert, designer chez Zea Créations, minimise l?impact de l?augmentation des cours. «Nos prix sont le résultats de nombreux facteurs dont le design, les autres matières utilisées, la main-d??uvre et bien entendu, l?or.»
Selon Siddick Caunhye, «il y aura définitivement une augmentation des produits finis». Cependant, les prix ne devraient pas trop souffrir de la hausse du prix de l?or, du moins dans l?immédiat. «Nous cherchons à garder les prix les plus compétitifs possibles», rassure Martin Beffert. Siddick Caunhye abonde dans le même sens : «Nous essayons au maximum de ne pas augmenter nos prix car 2007 a déjà été une année catastrophique pour le travail. Les clients se font plus rares.» D?une manière générale, les prix subissent une augmentation de 2 à 3 % mais si la tendance se poursuit, «il ne sera pas possible pour les professionnels d?absorber cette hausse au détriment de nos marges».
Directeur d?Adamas, Sebastian Denton, est le plus pessismiste. «Une augmentation de 40 % du coût de l?or va résulter en une augmentation du prix de vente de 80 %.» Parlant des professionnels, le directeur d?Adamas craint «une difficulté à renouveler les stocks». Pire, il craint même «la fermeture de certaines petites bijouteries» qui ne pourront faire face à une conjoncture défavorable et durable.
Les fournisseurs appliquent directement l?augmentation des coûts aux revendeurs mauriciens, nous confirme Jean-Maurice Paturau, directeur de Parure. La croissance a été forte et rapide. «En janvier 2007, le cours était de $ 600 environ, aujourd?hui nous dépassons les $ 900 l?once», s?exclame Jean-Maurice Paturau. «$ 912,25 à 14 h 30 hier», nous apprend avec précision notre interlocuteur. Toutefois, le directeur de Parure relativise la hausse des cours. «Si on interprète la situation en dollar constant, le prix actuel est, en fait, environ deux fois inférieur à celui de 1980, qui a été une année charnière dans l?histoire du marché de l?or.»
De beaux jours devant lui
La Banque de Maurice régule le secteur de l?or. C?est elle qui achète et revend localement les lingots ou barres d?or aux professionnels. Il s?agit de lingots de 24 carats. Selon l?utilisation, cet or est fondu et mélangé à d?autres métaux pour former un alliage, que l?on utilisera pour les bijoux. Pour l?or jaune, le bijoutier a recours à du cuivre. Pour l?or blanc, l?établissement Parure «privilégie le palladium car le zinc peut causer des allergies».
Siddick Caunhye diversifie ses sources d?approvisionnement. Une partie est, en effet, achetée auprès de la Banque de Maurice, mais «les frais généraux entraînent un surcoût d?environ 5 %». C?est pourquoi le directeur de Caunhye Bijoux importe lui-même une partie de l?or dont il a besoin, notamment de l?Angleterre. «Pour cela, nous avons besoin d?un certificat d?importation délivré par le ministère de l?Industrie et du Commerce.» La logique est claire, plus on élimine les intermédiaires, moins la matière première est chère et donc plus le produit fini sera compétitif.
Les acheteurs mauriciens se tournent principalement vers l?or de 18 carats. L?or a encore de beaux jours à Maurice. Siddick Caunhye explique : «A Maurice, nous avons une certaine culture de l?or. Les Asiatiques aiment les parures, notamment pour les mariages. Même si c?est un peu cher, on préfère acheter moins pour ne pas transiger sur la qualité.»
Chez Adamas, pas de lingots, mais des bijoux en or «semi-finis». Les pièces sont acheminées à Maurice pour être montées, serties et terminées dans les détails. La qualité de la main-d??uvre mauricienne en orfèvrerie est un atout : meilleure marché qu?en Italie, et assurant un travail plus précis qu?en Inde.
Valeur refuge et référence
L?or est une valeur sûre. C?est pourquoi les financiers ont tendance, lorsque le marché est fébrile, à acheter de l?or. Le cours dans ce cas grimpe. La situation actuelle s?explique par la conjoncture géopolitique (assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, grève générale dans les mines aurifères sud-africaines à la fin de l?année dernière) et économique mondiale (tendances inflationnistes en Europe et dans le monde également suite à la hausse du prix du baril de pétrole). La spéculation des fonds d?investissement, attirés par le métal précieux suite à la baisse du dollar américain, est également l?un des facteurs explicatifs de la situation. Par peur de l?inflation, les investisseurs se sont donc tournés vers l?or comme valeur refuge. Par ailleurs, la Banque centrale américaine a récemment annoncé qu?elle baissait ses taux d?intérêt rendant, de fait, encore moins attractif le dollar. Tout concourt à imposer l?or comme référence.
L?or est bien plus qu?un métal précieux utilisé en joaillerie. C?est surtout une valeur en tant que telle. La versatilité des cours du dollar le rend plus attractif. Les cours mondiaux de l?or ne devraient pas baisser avant la fin du premier trimestre 2008. De quoi inquiéter certains analystes qui craignent que l?or ne dépasse les $ 1000 l?once. Le cas de l?or n?est pas unique. L?ensemble des cours des matières premières augmente. La demande internationale en constante croissance entraîne une pression sur les prix. Ceux-ci flambent. En fait, si l?or est une valeur refuge, force est de reconnaître que toutes le matières premières sont des richesses sur lesquelles les investisseurs parient grandement.
Crédit : Banque de France / JDN
L?ENVOLEE DES MATIERES PREMIERES
L?or n?est pas la seule matière première sujette à une forte augmentation sur le marché international. La demande mondiale concernant les matières premières croît considérablement et ce, à un rythme effréné. Les économies émergentes et très demandeuses des géants indiens et chinois expliquent le dopage des cours. Dans le même temps, les économies des pays du Nord restent également de grands consommateurs. Les marchés financiers, qui voient bien que la production est presque insuffisante au regard de la demande générale, se réfugient dans des valeurs sûres telles que l?or. Le cuivre coûte 70 % plus cher qu?en 2005, le zinc a grimpé de 123 % au cours de l?année 2006 alors que le nickel s?envolait de 160 %, selon les estimations du groupe d?observateurs et analystes Agora. L?argent a atteint les $ 16,59 l?once, soit son niveau le plus cher depuis 26 ans et le platine se vendait à plus de $ 1 500 l?once, vendredi dernier. L?or suit donc une tendance mondiale. Les analystes ne prévoient pas de baisse conséquente des cours mondiaux des matières premières.
LEXIQUE
Le carat : il s?agit de la mesure de pureté des métaux précieux, dont l?or. Un carat représente 1/24e de la masse totale d?un alliage. Ainsi, de l?or à 18 carats signifie que dans 24 grammes de l?alliage on a 18 grammes d?or pur. L?or à 24 carats est donc de l?or pur. L?or est généralement mélangé à l?argent ou au cuivre.
L?once : une once d?or correspond à environ 28,35 grammes. L?once est une unité de poids que l?on utilise également pour les autres métaux précieux à l?instar de l?argent et du platine.
LA CORRELATION OR-DOLLAR
Le dollar est la devise utilisée pour l?essentiel des échanges internationaux. 2007 a été une année néfaste pour le billet vert américain. En l?espace d?une année, le dollar a perdu jusqu?à 14 % de sa valeur. Face à l?euro, le dollar américain faisait pâle figure à la fin de l?année dernière (1er pour près d?1,50$). De fait, l?or s?est imposé comme une valeur refuge de premier choix sur les marchés financiers internationaux. Les investisseurs se sont empressés d?en acheter, contribuant à la montée des cours. L?or est une matière première vendue en dollars. Les investisseurs hors-zones dollar achètent des matières premières qui leur reviennent donc moins cher. Plus le dollar est faible, plus l?or prend de la valeur.
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