Publicité
L''or noir libyen, objet de toutes les convoitises
Par
Partager cet article
L''or noir libyen, objet de toutes les convoitises
La chute de Kadhafi est scrutée sur les marchés de l’or noir. La Libye compte les plus grosses réserves de pétrole en Afrique. Le retour massif des compagnies pétrolières internationales devrait chambouler la donne mondiale du secteur.
Les grandes compagnies présentes sont l''''Italien Eni, le Français Total et les géants anglo-saxons BP, Shell et ExxonMobil.
Les exportations d''hydrocarbures, ressources vitales pour le pays, devraient reprendre progressivement en cas de transition stable du régime, pour revenir à 50% de leur niveau d''avant-guerre en 2012, et à 100% en 2013, selon les scénarios d''analystes. Une production d''un million de barils par jour pourrait être envisageable en quelques mois.
Selon l’agence internationale de l’énergie (AIE), avant le déclenchement de l''insurrection en Libye, le pays, membre de l''Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), produisait environ 1,6 million de barils par jour, soit près de 2% de la production mondiale.
La situation (chute du régime de Kadhafi) provoque par ailleurs une embellie des actions des compagnies pétrolières, notamment celles en embuscade pour se partager l’exploitation des immenses réserves libyennes. Une tendance confirmée par le bond de l''indice Stoxx Europe 600 du secteur pétrolier et gazier. Les valeurs pétrolières profitent d’un léger «effet Libye».
Le cours des grands groupes pétroliers progresse en Bourse, dans la perspective d’une possible reprise des exportations du pays et de la réouverture des puits fermés pendant la guerre civile. Dans ce contexte, les titres du français Total, de l''autrichien OMV et d''Eni, mais aussi de BP et Shell affichaient des hausses significatives, le marché espérant un retour à la situation antérieure à l''insurrection.
Les analystes et spécialistes du secteur estiment que Total et Eni pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye, du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l''égard des rebelles. L''Italien Eni, qui était le principal producteur étranger de pétrole en Libye, a déjà fait son retour dans le pays, alors que l''entrée des rebelles libyens à Tripoli laisse entrevoir une reprise imminente des exportations d''or noir.
La chute du régime libyen pourrait d’ailleurs ouvrir les plus grandes réserves pétrolières d''Afrique à de nouveaux acteurs, comme la Qatar Oil, compagnie nationale du Qatar ou la société de négoce Vitol, qui seront en concurrence avec les géants européens ou américains présents avant l’offensive des rebelles. L''appui militaire de Doha aux insurgés et l’aide logistique de la société Vitol apportée au Conseil national de transition (CNT) dans le secteur de Benghazi pourraient leur permettre de prendre pied dans le pays.
La Libye, principale réserve de pétrole d''Afrique et quatrième producteur du continent, exportait avant la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi 80% de son or noir vers l''Europe, en particulier en Italie et en France. Son principal acheteur en 2010 était l''Italie (28%), suivi de la France (15%), la Chine (11%), l''Allemagne (10%) et l''Espagne (10%). Les Etats-Unis n''ont acheté l''an passé que 3% de l''or noir libyen.
La Libye rejoint les Nations unies le 14 décembre 1955. Quelques mois plus tard, le 30 avril 1956, un forage effectué dans le sud-ouest du pays par la Libyan American Oil met au jour un premier gisement de pétrole. En 1959, des gisements bien plus importants sont découverts à Zliten par la compagnie Esso Standard Libya. En 1965, la Libye exporte quelque 58,5 millions de tonnes d''or noir via des installations modernes (terminal de Marsa El Brega). Elle est à cette époque le premier producteur d''Afrique. La manne pétrolière permet au pays de développer ses infrastructures, encore rudimentaires au début des années 1960.
La production de pétrole croît très rapidement, atteignant 3 millions de barils par jour au cours des années 1960 et faisant de la Libye un des principaux exportateurs de la planète. Elle s''accompagne d''une élévation du niveau de vie très rapide: dans les années 1970, le PNB par habitant de la Libye est le plus élevé de toute l''Afrique.
A l''arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi en 1969, les compagnies pétrolières, majoritairement américaines, extrayaient du sol libyen plus de 2 millions de barils par jour. A l''époque, la Libye exporte autant que l''Arabie saoudite. Très vite, le numéro un libyen nationalise le pétrole, limite la production et crée la Compagnie nationale du pétrole (NOC) qui constituera des coentreprises avec des participations minoritaires de compagnies étrangères.
Après vingt ans d''isolement économique et de sanctions internationales contre le régime, la Libye a vu affluer depuis dix ans toutes les compagnies pétrolières occidentales avides de brut, le pays étant encore considéré comme sous-exploité au regard de ses réserves.
Une situation qui devrait s’accentuer avec la chute du «Guide de la Jamahiriya.
 (Source : SlateAfrique)
Publicité
Publicité
Les plus récents