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L?ombre de Ion Iliescu plane sur des élections clés

29 novembre 2004, 00:00

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Les Roumains, lassés de la pauvreté et de la corruption, ont commencé hier à choisir le président censé les accompagner aux portes de l?Union européenne (UE) en 2007.

A 5 heures GMT, les quelque 17 000 bureaux de vote ont ouvert leurs portes aux 18 millions d?électeurs qui doivent aussi désigner le nouveau Parlement.

Les futurs chef de l?Etat et Parlement devront renoncer à la corruption héritée de l?ère communiste pour adhérer à l?UE.

Le président sortant Ion Iliescu, 74 ans, l?un des derniers dinosaures des satellites de l?ex-URSS, ne peut se représenter, mais il entend conserver son mot à dire en coulisses.

Il a laissé entendre qu?il aiderait les néo-communistes du Parti social démocrate (PSD). Il pourrait reprendre les rênes du Parti et ainsi garder un oeil sur Mircea Geoana, candidat du parti au poste de Premier ministre en cas de succès.

?Si le PSD l?emporte, il (Iliescu) sera le véritable dirigeant de la Roumanie?, n?hésite pas à affirmer Dan Turturica, de l?Evenimentul Zilei Bucharest, quotidien roumain.

<B>Un soutien crucial</B>

La présidentielle d?hier a mis aux prises une douzaine de candidats. Le candidat du PSD est Adrian Nastase, actuel Premier ministre. Son principal adversaire est Traian Basescu, le maire de Bucarest, qui dirige une alliance formée par son Parti démocrate et par le Parti libéral.

Le soutien d?Iliescu reste crucial pour Nastase et pour le PSD, les derniers sondages indiquant que les élections devraient être très serrées.

Au sommet du pouvoir depuis la chute de Ceausescu en 1989, Iliescu reste populaire et n?a pas été touché par les accusations de corruption.

Les analystes dressent un bilan mitigé du passage d?Iliescu à la tête de la Roumanie. D?abord considéré par l?Ouest comme un paria pour avoir orchestré les violences post-révolutionnaires afin de renforcer son pouvoir en 1990, il restera également comme un dirigeant respecté qui a conduit son pays vers l?Otan et l?Union européenne, à laquelle Bucarest espère adhérer en 2007.

Si l?économie, qui a failli s?effondrer il y a quinze ans, semble stabilisée, les institutions démocratiques restent fragiles, tout comme la liberté de la presse. L?UE s?inquiète de la corruption et réclame des réformes dans les deux ans à venir. Traian Basescu promet d?accélérer les réformes et de juguler la corruption.

<B>Dina Kyriakidou</B>

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