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L?oignon : une culture et une tradition
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L?oignon : une culture et une tradition
Le contraste est frappant : dans un paysage où le manque d?eau est chronique et l?herbe rougeâtre, au beau milieu de cette plaine donc, le vert règne en maîtresse du lieu. Les 84 agriculteurs regroupés au sein d?une coopérative soignent bien leurs plantations. Les légumes varient selon la saison.
Et c?est le temps de récolter les oignons. Déjà le parfum de cette liliacée chatouille les narines. L?on se croirait déjà dans une cuisine. Mais le sol boueux ramène à la réalité. Dans ces vastes étendues de terre, la plupart des planteurs cultivent des oignons en cette période. Ils sont de tout âge. Dilen Mardamathoo est planteur à temps partiel. La culture de l?oignon est une tradition familiale. Kanda, son père, a élevé toute sa famille grâce aux oignons. Dilen a pris la relève depuis la mort du père. Son frère, policier, lui donne un coup de main de temps en temps.
Plusieurs variétés
L?oignon, c?est toute une culture et pas seulement? culturale. Il faut de la méthode et de la patience. C?est simple et difficile à la fois. Krishan Mesrie est un des anciens dans le domaine malgré ses 44 ans. Il a commencé tout jeune, à 17 ans. Aujourd?hui, il emploie plusieurs personnes dans ces champs.
C?est l?Agricultural Research and Extension Unit qui vend les semences aux planteurs. Belarose, Véronique ou Noflé. Les noms de ses employés ? Pas du tout : ce sont ceux de la variété des oignons locaux. Quatre mois sépare les semences de la plantation. Bien sûr, il faut arroser constamment et veiller à ce que les jeunes pousses ne soient pas victimes des maladies.
?C?est un travail qui demande beaucoup de patience. On ne fait pas que planter et récolter?, raconte Krishan Mesrie. Aussitôt que les oignons apparaissent, il faut bien sûr, les arracher pour laisser sécher au soleil pendant 4 à six jours. Justement à La Chaumière, plusieurs femmes s?affairent avec une paire de ciseaux pour enlever la tige séchée. Elles travaillent vite, avec un brin d?automatisme. En même temps, elles font le tri des mauvais et des bons oignons. Il ne faut pas vendre les mauvais.
Reshma raconte sa vie dans la plantation : elle commence à sept heures pour terminer à midi. Il faut y être habitué. ?Ce n?est pas difficile. J?ai toujours travaillé dans une plantation?, dit-elle. Entre deux récoltes, ses collègues et elle s?occupent des légumes dits fins en attendant que les oignons soient prêts. C?est ainsi que plusieurs femmes gagnent leur vie dans la plantation.
Les propriétaires des champs dorment à peine pendant cette période surtout quand ils font sécher les oignons dans la plantation. Ils doivent être présents dans les champs même la nuit car quelquefois, il y a des vols. C?est toujours triste de se rendre au champs pour constater que tous les efforts de plusieurs mois sont partis.
La récolte est toujours bonne à La Chaumière. Le terrain est fertile. Les 84 planteurs produisent quelque 500 tonnes d?oignons à chaque récolte. Voilà donc des oignons qui ne font pas pleurer dans les chaumières puisque la récolte est toujours bonne.
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