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Liverpool-Sao Paulo

17 décembre 2005, 20:00

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Il suffit de pas grand-chose, on l?a remarqué, pour mettre dans un état second la petite colonie mauricienne des supporters de Liverpool.

Depuis jeudi et la victoire format Play-Station (3-0) acquise aux dépens de l?insignifiant Deportivo Saprissa, dont on se demande encore la pertinence de sa présence au Japon, les plus fervents admirateurs des Reds sont ivres de bonheur.

Remarquez, ça peut se comprendre. Dans quelques heures, et par une opération du Saint-Esprit commanditée par la généreuse FIFA, Liverpool sera peut-être? champion du monde. Eh oui, vous avez bien lu, champion du monde ! À croire que le miracle d?Ataturk ne suffisait pas, que la magie du 25 mai se devait d?être reproductive.

N?allons pas trop vite en besogne, le titre n?est pas encore gagné, loin de là. Il faudra au préalable que les Reds n?oublient pas l?essentiel cet après-midi, 14 h 20 (heure de Maurice), face aux spectaculaires Brésiliens de Sao Paolo, avec qui ils auront l?honneur d?en découdre dans le majestueux vaisseau de Yokohama. Mais les dieux sont tellement cléments avec ce bon vieux Liverpool en cette année 2005 qu?on voit mal ce qui pourrait lui arriver.

À l?échelle des Nations, un titre de champion du monde se gagne au terme d?un combat épique, entamé d?abord en éliminatoires, poursuivi ensuite en phase finale. L?épopée est interminable. À titre de comparaison, avant de décrocher sa fameuse cinquième étoile au Mondial asiatique de 2002, le Brésil a dû jouer 23 matches, le tout en trois ans.

À l?échelle des clubs, c?est le scénario inverse. Un titre de champion du monde se gagne en deux petits matches. Encore faut-il, dans le cas de Liverpool, se convaincre que la demi-finale contre les Costariciens du Deportivo Saprissa était vraiment un match, tant la différence de niveau entre les deux équipes était criante, pour ne pas dire indécente.

Quoi qu?il en soit, et puisque la FIFA a choisi elle-même de brader sa réputation en nous proposant un de ces tournois à l?emporte-pièce dont elle seule serait capable, valeur actuelle, de justifier l?utilité, nous laisserons donc à ceux qui ont l?art de s?émouvoir pour pas grand-chose le bon plaisir de fantasmer sur un titre qui, justement, ne veut pas dire grand-chose.

Champion du monde, c?est effectivement démesuré en la circonstance. Champion du monde de qui et de quoi ? Comment décemment penser que l?équipe qui a remporté la prestigieuse Ligue des champions, cette fameuse C1 de toutes les convoitises, puisse être inquiétée par son homoloque d?Afrique, d?Asie, d?Océanie ou de Concacaf ?

Al-Ahly ? Al-Itthead ? Sydney FC ? Deportivo Saprissa ? De grâce, soyons sérieux. Il ne manque que le champion de Maurice, le champion du Groënland et le champion du Kergueland pour que la boucle soit bouclée?

Quoi qu?il en soit, grâce à la finale, on en revient heureusement à l?essentiel, à ce que fut jadis cette bonne vieille Coupe intercontinentale. Et, cet après-midi, le spectacle promet d?être valable entre Liverpool et Sao Paulo.

C?est bien évidemment autour de sa défense devenue imperméable que le club de la Mersey organisera sa conquête face à une équipe brésilienne souvent offensive, fantasque et spectaculaire.

Contre Saprissa, les Reds ont effacé des tablettes le vieux record de la glorieuse cuvée 1987-88 de Kenny Dalglish. Voilà onze matches maintenant et l?élimination en Coupe de la Ligue face à Crystal Palace, 2-1, que les coéquipiers de Jamie Carragher et Sami Hyypia, les indiscutables titulaires de l?axe central, n?ont plus encaissé de buts. Mille quinze minutes, en football, c?est une éternité.

Seulement voilà, l?Amérique du Sud n?a jamais porté chance à Liverpool. En 1981, les Reds s?étaient affalés de tout leur long face aux Brésiliens de Flamengo, 3-0, avant de subir à nouveau, l?année suivante, la loi des Argentins d?Independiente, 1-0.

Face à Sao Paulo cet après-midi, Steven Gerrard et les siens essaieront de conjurer le mauvais sort. Soyons honnête, ils en ont les moyens.

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