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Lisbonne et Athènes, capitales en délire

3 juillet 2004, 20:00

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Les supporters du Portugal prévoient de former une chaîne humaine sur le trajet que suivra le bus de leur équipe ce soir, lorsqu?il se rendra au Stade de la Luz à Lisbonne pour la finale de l?Euro. Cette dernière a exhorté les supporters à ne pas perturber la circulation lors de cette manifestation de soutien aux joueurs.

Des dizaines de milliers de supporters devraient se tenir la main entre le pont Vasco de Gama, qui enjambe le Tage dans le sud de la capitale, et le stade qui se trouve neuf kilomètres plus loin.

« Je suis au Portugal depuis huit ans et je n?ai jamais vu un tel soutien populaire », déclarait récemment Deco, qui est né au Brésil.

Le Portugal, en réalité, est en plein délire collectif. Des milliers d?écharpes agitées dans les airs, des drapeaux accrochés aux fenêtres des immeubles et aux véhicules, des voix scandant « Portugal, Portugal, Portugal » et entonnant l?hymne national : une vague patriotique déferle sur le pays.

Les préparatifs des JO éclipsés

Femmes, hommes, enfants, tous sont contaminés par l?euphorie de l?Euro, y compris ceux qui n?aiment pas le ballon rond. « Je n?ai jamais compris comment on pouvait aimer le football. Mais bien sûr je soutiens notre sélection car c?est la fierté nationale qui est en jeu », affirmait, mercredi, une mère de famille au soir de la victoire historique contre les Pays-Bas en demi-finale.

Depuis un mois, les Portugais se ruent sur les maillots et les écharpes de la sélection, au point que certains magasins se soient retrouvés en rupture de stock. Un hypermarché a ainsi vendu plus d?un million de drapeaux.

« Cet engouement révèle un nationalisme banal qui n?a rien de bien nouveau », estime Joao Nuno Coelho, sociologue portugais spécialisé dans les comportements liés au football. « Les Portugais n?ont jamais remis en cause leur appartenance et leur identité nationale. Mais leur nationalisme se révèle avec plus de force lors d?occasions comme celle-ci », indique le sociologue.

Les Grecs, eux, ont commencé, dès hier matin, à parer tout le pays de bleu et de blanc, les couleurs nationales, en vue de la finale. À Athènes, des vendeurs de drapeaux et d?écharpes se sont placés aux carrefours les plus importants et aux péages des autoroutes à la sortie de la ville.

Si la fièvre du football n?a pas empêché les Athéniens de se rendre en masse à la plage sous une chaleur accablante, le drapeau national flotte déjà sur de nombreux balcons.

Partout, sur les places de villages et dans les cafés, l?équipe nationale est à l?honneur, et les paris vont bon train pour prévoir une victoire grecque certaine ce soir à Lisbonne.

Les télévisions grecques continuaient hier à consacrer l?essentiel de leurs bulletins au parcours de l?équipe nationale, repassant en boucle le but de Dellas, éclipsant même les préparatifs pour les Jeux d?Athènes.

Quelque 6 000 supporters grecs devaient quitter Athènes et Salonique hier pour la capitale portugaise à bord de 40 avions charters. La préfecture d?Athènes a ouvert exceptionnellement, samedi matin, ses bureaux pour procurer des passeports aux supporters démunis de papiers.

Dans les grandes villes, Athènes, Salonique, Patras et Héraklion, les responsables ont prévu d?ériger des écrans géants de TV. De nombreux cafés ont aussi loué des télévisions à grand écran pour satisfaire leurs clients.

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