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L?Iran déterminé à produire du combustible nucléaire

15 avril 2006, 20:00

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Téhéran campe sur sa position. Après avoir annoncé, mardi, qu?il avait réussi pour la première fois à enrichir de l?uranium. Le président iranien a déclaré le 13 avril que l?Iran ne suspendra pas l?enrichissement d?uranium, alors même que le chef de l?AIEA, Mohamed El Baradei, a lancé un appel dans ce sens à son arrivée à Téhéran.

« La situation a complètement changé. Nous sommes un pays nucléaire et nous parlons désormais aux autres pays à partir de la position d?un pays nucléaire », a déclaré Mahmoud Ahmadinejad, cité jeudi par l?agence officielle Irna.

« Nous ne négocions avec personne sur les droits de notre peuple et personne n?a le droit de reculer d?un iota sur la voie sur laquelle nous nous sommes engagés », a-t-il ajouté.

« Nos centrifugeuses sont de type P1 et l?étape suivante (consiste à utiliser) des centrifugeuses P2, dont la capacité est quatre fois supérieure et sur lesquelles nous menons actuellement des activités de recherche », a ajouté le président.

Le directeur de l?Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA) Mohamed El Baradei a déclaré le 13 avril à la presse en arrivant à Téhéran qu?il essaierait de convaincre l?Iran de suspendre l?enrichissement de l?uranium.

« Nous espérons convaincre l?Iran de prendre des mesures permettant l?établissement de la confiance, incluant la suspension des activités d?enrichissement de l?uranium, jusqu?à ce que les questions en suspens (sur son programme nucléaire) soient clarifiées », a dit le directeur de l?AIEA à l?aéroport international de Mehrabad. Mohamed El Baradei a affiché son « espoir que le moment soit propice à des solutions politiques, par les négociations », en « espérant que les conditions seront créées pour que toutes les parties retournent aux discussions ».

Le directeur de l?AIEA a rencontré jeudi le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Larijani, négociateur en chef du dossier nucléaire iranien et le chef de l?Organisation iranienne de l?énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh.

Le Conseil de sécurité, notifié du dossier par M. El Baradei, a adopté alors une déclaration le 29 mars, donnant trente jours à l?Iran pour se plier aux demandes de l?AIEA, mais sans l?assortir d?une menace de sanctions.

3 000 centrifugeuses d?ici la fin de l?année

La veille, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait annoncé à la télévision que l?Iran avait, pour la première fois, enrichi avec succès de l?uranium, tout en réaffirmant que Téhéran de cherchait pas à se doter de l?arme atomique.

L?enrichissement a été réalisé à petite échelle, avec 164 centrifugeuses, sur le site de Natanz dans le centre du pays, selon les autorités iraniennes mais projette d?installer 3 000 centrifugeuses d?ici à la fin de l?année alors que le Conseil de sécurité des Nations unies lui a donné jusqu?au 28 avril pour cesser toute activité dans ce domaine.

Le directeur général de l?Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA) Mohammed El-Baradeï, qui devait partir mercredi pour une visite en Iran, a ainsi été mis devant le fait accompli.

L?AIEA doit présenter un rapport au Conseil de sécurité le 28 avril, pour dire si l?Iran a respecté l?appel à cesser ses activités d?enrichissement. Si ce n?est pas le cas, le Conseil examinera l?étape suivante. États-Unis et Europe veulent des sanctions, auxquelles la Russie et la Chine, sont opposées.

Après la nouvelle annonce de Téhéran, la secrétaire d?État américaine, Condoleezza Rice, a souhaité mercredi que le Conseil de sécurité de l?ONU envisage des « mesures fortes » contre Téhéran, sans demander toutefois de réunion d?urgence.

La France, la Grande-Bretagne et l?Allemagne, les pays de la troïka européenne qui tentent de convaincre l?Iran de renoncer à ses activités sensibles, ont fait part de leur préoccupation face à ce nouveau pas « dans la mauvaise direction ».

Ne pas dramatiser la situation

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a invité « fermement l?Iran à suspendre ses activités dangereuses pour rétablir une relation de confiance avec la communauté internationale ».

Mahmoud Ahmadinejad a balayé les critiques. « Aujourd?hui, nos ennemis sont en colère parce qu?ils n?ont pas pu bloquer notre nation sur la voie de la technologie nucléaire. Nous avons dépassé un carrefour majeur sur ce chemin », a-t-il lancé mercredi dans un discours diffusé par la télévision d?État.

La Russie et la Chine, opposées à des sanctions, ont aussi fait part de leur inquiétude. « Nous pensons que cette étape est une erreur. Elle va à l?encontre des décisions de l?AIEA et des résolutions du Conseil de sécurité », a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Mikhaïl Kaminine. Mais le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov n?en a pas moins appelé à ne pas dramatiser la situation, rappelant la ferme opposition de Moscou à une éventuelle action militaire contre l?Iran.

L?ambassadeur de Chine à l?ONU, Wang Guangya, a déclaré de son côté que les membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l?Allemagne se réuniraient « dans quelques jours pour discuter [?] de la situation ». Pékin souhaite que « les Iraniens coopèrent davantage avec les efforts de l?AIEA et les exigences du Conseil de sécurité », a-t-il souligné.

© Le Nouvel Observateur

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