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L?inflation grignote le pouvoir d?achat

14 avril 2005, 00:00

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Le pouvoir d?achat est très en deçà du coût de la vie. La principale cause de cette évidence, vécue tous les jours par la majorité de la population, peut se résumer de la manière suivante : l?évolution de la grille salariale est toujours insignifiante comparée au taux d?inflation toujours sur une pente ascendante.

Deux facteurs sont évoqués pour expliquer ce désastre social : la perte des valeurs de la monnaie nationale et la détérioration des termes de l?échange.

En avril 1973, Madagascar a quitté la zone franche, conformément aux accords de coopération avec la France, revus et corrigés. Les accords signés par les deux ministres des Finances, Albert Marie Ramaroson et Valéry Giscard d?Estaing (AMM-VGE), ont signé l?acte de naissance du Fmg (Franc malgache). Le calvaire de l?économie ne fait que commencer dont les conséquences sont ressenties jusqu?à maintenant.

■ Taux fictifs

La période trouble de 1974 à 1975 n?a pas permis de tester de façon objective la vraie valeur du Fmg qui commençait à être totalement indépendante vis-à-vis de l?ombrelle française.

Une fois arrivé à la barre du pays le dimanche 15 juin 1975, Didier Ratsiraka avait décrété comme illégale la détention de devises étrangères. Il s?explique : ?Avant d?accepter de conduire ce pays par le vote des membres du directoire militaire installé dans la nuit du 11 février 1975, j?ai fait un déplacement à Paris pour demander une aide financière de la France car la caisse de la Banque centrale était vide.?

C?est d?ailleurs l?explication de la faillite économique du régime socialiste. Voulant garder intacte sa popularité écornée par les dérives du parti Arema, Didier Ratsiraka instaurait la parité fixe de 1 FF = 250 Fmg ; 1 dollar = 500 Fmg. Ce qui ne reflétait nullement les performances économiques.

Le pouvoir révolutionnaire a lancé les investissements grâce à l?aide des pays amis (Libye, Union Soviétique, Chine, Cuba, Algérie...). Les résultats étaient catastrophiques : les usines à peine montées (Sumatex, Mamisoa, Lalasoa, Zeren...) ont fermé leurs portes les unes après les autres, faute d?études de marché adéquates.

Les industries privées, ne pouvant pas importer des intrants, ont carrément arrêté de tourner. D?où la pénurie quasi totale des produits de première nécessité : riz, huile, sucre, savon, sel et même des fournitures scolaires. À cette époque, par une économie dirigée et un repli sur soi, les foyers avaient de l?argent, mais les étals des épiceries ont été particulièrement dégarnis.

Reconnaissant ses échecs, Didier Ratsiraka accuse le commerce international d?être à l?origine de la crise économique qui frappait de plein fouet la République démocratique de Madagascar. ?C?est la détérioration des termes de l?échange qui nous handicape.?

En 1989, le MFM de Manandafy Rakotonirina ouvrait un débat qui allait sonner le glas du régime socialiste : le changement de la Constitution. Les ?Rouges et Experts? affirmaient ?que du moment que le pays a engagé des pourparlers avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, la Constitution socialiste et le Livre Rouge comme programme économique sont caduques de fait.? C?était la genèse du vaste mouvement populaire de 1991 ayant conduit Albert Zafy à la présidence de la République le 27 mars 1993.

■ Flottement

Albert Zafy, sous l?influence omnipotente du pasteur Richard Andriamanjato, a renié les accords passés avec Bretton Woods pour chercher, des financements parallèles avec les prétendus princes de Lienchenstein qui ont empoché facilement 3 millions de dollars dans une ?opération riz? sans lendemain.

C?est à cette époque de doutes et d?interrogations dans une bataille politique permanente à l?Assemblée nationale que le premier ministre Francisque Ravony, désireux de renouer les fils du dialogue avec Bretton Woods, instaurait le système de change flottant au marché interbancaire de devises. C?était au début de l?année 1994. Les conséquences ont été catastrophiques : une inflation de l?ordre de 46 %. Ces cafouillages à la tête des ?Forces vives? ont facilité le retour de Didier Ratsiraka au pouvoir qui s?est tout de suite attelé à retrouver la confiance des bailleurs de fonds.

De 1997 à 2001, l?économie, quoi qu?on puisse dire, a connu une certaine stabilité et le Fmg a tenu la dragée haute aux devises fortes alors que les salaires ont été revus à la hausse chaque année.

La crise de 2002 étant ce qu?elle était, l?économie a réalisé un bond de 9,6 % en 2003. 2004 aura été l?année de l?inflation par une forte dépréciation du Fmg. Au premier semestre 2004, le Fmg a été déprécié de 100 %, ce qui a généré une inflation à deux chiffres. Dans ces conditions, c?est la valeur même des salaires considérés comme les plus bas au monde qui devient dérisoire.

L?express de Madagascar

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