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L?industrie touristique retrouve ses couleurs

29 janvier 2005, 00:00

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Du soleil au bout du tunnel. L?industrie touristique du pays devrait renouer avec un niveau de croissance qu?on désespérait de retrouver après plusieurs années moroses.

En effet, selon les prévisions de la Mauritius Commercial Bank (MCB) le tourisme devrait enregistrer un taux de croissance de 8,2 % cette année, soit un niveau proche de sa moyenne historique. Ce secteur a connu un taux de croissance médiocre de 2,6 % en 2004. Ce chiffre a été atteint grâce notamment à une expansion de 8 % environ au cours des trois derniers mois.

Le regain de dynamisme dans le secteur touristique est un des principaux facteurs qui pousse les économistes de la MCB à réviser marginalement à la hausse leurs prévisions de croissance du produit intérieur brut. Elle sera de 5,2 % pour 2005 au lieu de 5,1 % comme avancé en octobre de l?année dernière.

Dans son premier bulletin économique de l?année, la MCB estime que l?industrie touristique devrait bénéficier de la reprise dans plusieurs de nos marchés traditionnels les plus importants. Le tsunami, qui a mis à plat les infrastructures hôtelières aux Maldives, en Indonésie et au Sri Lanka notamment, devrait favoriser Maurice.

Mais l?ampleur de la reprise dans l?industrie touristique dépendra aussi de la capacité du pays à éliminer les contraintes que représente la politique d?accès aérien et de marketing, soutiennent les analystes de la MCB.

légère embellie

Gilbert Gnany, chief economist de la banque, trouve que des signes encourageants indiquent que la situation évolue positivement sur ces deux fronts pour les mois à venir.

Le gouvernement vient effectivement d?adopter un plan de marketing spécial pour replacer Maurice sur la carte touristique dans nos principaux marchés au coût de Rs 100 millions. De plus, les autorités viennent d?adopter un plan directeur sur l?accès aérien.

Par ailleurs, la MCB prévoit également ? mais avec prudence ? une légère embellie au niveau de la zone franche d?exportation. Après trois années successives de contraction, ce secteur devrait enregistrer un taux de croissance positif cette année.

Ces trois dernières années, la zone franche a enregistré une contraction de 16,2 %. Sur cette base, et en supposant que l?effet de l?abolition des quotas ne se fera pas sentir immédiatement, la MCB table donc sur une performance positive cette année.

Cet optimisme prudent est également justifié par le fait que de nombreuses grandes entreprises de la zone franche ont amélioré leur rentabilité. Cela est le fruit de l?exercice de restructuration et de rationalisation qu?elles ont mené depuis quelques années déjà.

Malheureusement, cette réorganisation a un coût social. Elle est accompagnée de pertes d?emplois. Elle sera suivie par d?autres licenciements cette année, même s?ils seront moins nombreux qu?en 2004.

inflation incertaine

La reprise dans ce secteur reste néanmoins fragile, prévient la MCB. Elle demande la mise en application urgente d?un plan d?action pour améliorer la compétitivité à court terme. D?autant que l?élimination des quotas expose les producteurs locaux à une concurrence qui ira en s?accentuant.

L?année dernière, la zone franche a enregistré une contraction beaucoup plus sévère que prévue, de 5,2 %, malgré des conditions plus favorables à nos principaux marchés.

Par ailleurs, les analystes de la banque prévoient une remontée de l?inflation qui devrait atteindre 5,2 % en juin 2005. En décembre 2004, l?inflation avait déjà atteint 4,7 %, contre 3,9 % en décembre 2003.

L?augmentation des prix des produits pétroliers et des produits qui y sont liés, tels l?électricité et le transport, explique en partie la hausse de l?inflation. L?incidence de la hausse des prix du carburant a été tempérée par la relative force de la roupie contre le dollar et par une activité économique plutôt molle.

La MCB s?attend néanmoins à ce que l?inflation redescende à 4,5 % au cours du deuxième semestre de l?année, si la stratégie de réduire le déficit budgétaire est maintenue.

Guère d?amélioration sur le front de l?emploi, même si on peut se consoler que le taux de croissance du chômage se réduit. Ainsi, il devrait passer de 9,2 % en juin 2004 à 9,5 % en juin 2005, en tenant compte des nouveaux entrants sur le marché du travail avec les résultats de fin de cycle de l?enseignement secondaire.

Cette décélération est partiellement due à un semblant de stabilisation au niveau de la zone franche, où les pertes d?emplois ont été moins nombreuses au cours du dernier trimestre 2004. L?incertitude demeure toutefois dans ce secteur.

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