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L?industrie sucrière s?accroche
Acculée par les commissaires européens, l?industrie sucrière se redresse. « Nous avons un avenir», insistent les administrateurs, alors que la Commission européenne vient pratiquement de sonner le glas en laissant transparaître son intention de réduire le prix du sucre roux de moitié. Quel avenir ? Personne ne le sait, mais on s?y prépare avec le courage du désespoir.
Les Public Relations Officers de l?industrie avaient réuni, hier au Musée du sucre, un millier d?employés des seize entreprises sucrières du pays. Pour forger un esprit d?équipe, se remonter le moral, envisager ce fameux avenir ensemble. Mais le moral était mi-figue mi-raisin. Car les journaux du matin titraient que la Commission européenne s?apprête à proposer une réduction de 42 % des prix, et non 37 % comme prévu jusque-là.
<B>Les lobbys s?intensifient</B>
« Je ne peux pas le croire, avoue Jean Claude Hoareau, administrateur de Mon-Désert-Alma. Jusqu?ici, ce sont surtout les technocrates qui mènent le bal. La parole doit revenir aux politiques. Ils vont devoir réagir. » Même confiance de la part du directeur de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). « Nous ne voulons pas croire que des personnes responsables puissent entériner cette proposition, si tant est que la Commission aille de l?avant, renchérit Patrice Legris. Nous faisons confiance à la sagesse des politiques européens.»
Maurice n?a pas la même possibilité que les Européens de se recycler à d?autres cultures. Elle n?a donc pas d?autre choix que de se fier au bon sens des politiques européens. Les actions de lobbys seront intensifiées. L?industrie sucrière invite l?Union européenne (EU) à tirer des leçons de son expérience avec le textile. « Le Brésil est pour le sucre ce que la Chine est pour le textile. Il a la capacité d?inonder le monde de sucre et d?éthanol », relève Patrice Legris.
<B>Ligne de survie</B>
En évitant d?envisager le pire, l?industrie regarde devant : centraliser d?abord, au plus vite à six cheminées. Mais les usines sucrières, très endettées, sont cependant incapables d?assumer le coût prohibitif de la centralisation. Il faudra sans doute revoir ce chiffre. Dégraisser, aussi. Mais comment financer ce plan de retraite volontaire ? Le premier plan coûte Rs 325 millions par an.
« Si le pire devait arriver, il faudrait que l?UE assume, se hasarde le directeur de la MSPA. Elle va devoir nous donner les moyens d?améliorer notre compétitivité tout en reconnaissant que nous ne pourrons jamais rivaliser avec le Brésil.» Il en sera question le 7 juillet. Une équipe de la Commission européenne vient discuter d?un plan de soutien taillé sur mesure.
Pour cette discussion, l?Etat a préparé un plan de réforme accéléré. Qu?en est-il? « Nous ne voulons pas dévoiler nos batteries trop tôt », expliquent les autorités. Ce plan pourrait bien être une version retravaillée du plan de réforme de 2001. Les sucriers, eux, espèrent y trouver une ligne de survie, surtout financière.
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