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L?indice de confiance a foutu le camp !
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L?indice de confiance a foutu le camp !
C?est avec appréhension que tout un chacun attend les répercussions de cette crise d?une profondeur méconnue qui a pris naissance en 2007 aux Etats-Unis. Qui viendra de l?avant avec la solution miracle qui va sauver la planète ? Quelle voix écouter, quelle voie privilégier ? A vrai dire, personne ne sait. C?est l?attentisme aux quatre coins du globe. Il faut se rendre à l?évidence : derrière cette crise financière se niche une autre crise, qui agit comme un puissant catalyseur à la panique qui s?installe. C?est la crise de confiance. Elle est à plusieurs niveaux : institutionnel, politique et relationnel.
Prenons, par exemple, la Banque mondiale et le FMI. Ce n?est que tardivement que Robert Zoellick, patron de la Banque mondiale, et Dominique Strass-Kahn (DSK), patron du FMI, sont sortis de leur mutisme pour insister sur la nécessité d?une coordination mondiale : « Il nous faut agir de façon concertée, car il n?y a pas de solution locale à une crise comme celle-là. »
Mais force est de constater qu?ils sont de moins en moins nombreux à prendre pour paroles d?évangile les recommandations des s?urs jumelles nées des accords de Bretton Woods. Cela fait longtemps déjà, bien avant l?écroulement de Wall Street, que l?Europe, l?Asie et l?Afrique avancent qu?il importe de réformer ces institutions internationales mises sur pied pour réguler le flux monétaire dans un contexte de fin de guerre mondiale.
« Tout complique l?ajustement aujourd?hui nécessaire à la réalité nouvelle et difficile à laquelle nous sommes confrontés. Le test ultime pour le modèle américain sera donc sa capacité à se réinventer une fois de plus. Jouir d?une bonne image ne consiste pas, pour paraphraser une certaine candidate à la vice-présidence, à mettre du rouge à lèvres à un pitbull. Cela consiste avant tout à avoir le meilleur produit à vendre. La démocratie américaine a du pain sur la planche », résume le philosophe Francis Fukuyama, hier grand chantre du libéralisme économique.
En attendant que l?Occident se réinvente, on constate d?ores et déjà un déplacement du centre de gravité financière de l?Occident vers l?Orient, ainsi que vers le Brésil et la Russie.
La crise de confiance vient aussi entacher les relations entre pays et/ou blocs économiques. Le récent sommet d?Accra a démontré comment le groupe Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) ne veut plus du chantage européen autour des accords de partenariat economique. Les Africains ont réalisé que si une récession intervient sur les marchés développés, cela entraînerait une baisse de la demande en matières premières vers ces marchés. Et qu?une fois encore ils seront les perdants de l?histoire !
En août dernier, les pays ACP avaient vertement dénoncé le « complot » de l?Union européenne car leurs préoccupations principales (notamment le coton et la banane) n?avaient pas été prises en compte au cours des travaux pour tenter de boucler le cycle de Doha. Ils avaient aussi remis en cause les fondements de l?OMC que dirige Pascal Lamy.
Si hier les Européens ne voulaient pas nous compenser pour leurs promesses d?aide non tenues, pensez-vous qu?aujourd?hui, avec la crise financière, l?Europe va se soucier de l?Afrique, se demandent les responsables de l?Union africaine.
Dans son livre « In Defense of Global Capitalism », le Suédois Johan Norberg écrit : « According to the United Nations Conference on Trade and Development, EU protectionism deprives developing countries of nearly US$ 700 billion in export income a year. That?s almost 14 times more than poor countries receive in foreign aid. EU protectionism is a continuing tragedy, causing unnecessary hunger and disease. The Cold War iron curtain has been between East and West replaced by a customs curtain between North and South. » Et le Singapourien Kishore Mahbubani de souligner que les Etats-Unis aussi protègent leur agriculture. Des millions de pauvres cultivateurs de coton de l?Afrique de l?Ouest souffrent parce que « 25 000 rich American cotton farmers get billions in subsidies ».
Finalement, l?homme de la rue est complètement déconnecté de ce qui se trame dans les arcanes du pouvoir international. Les négociations au sein des institutions internationales se font dans un langage trop technique pour être compris. Elles n?inspirent plus confiance au consommateur moyen. Pourtant, il n?y a pas d?autre issue que le dialogue et le compromis pour enrayer la crise mondiale.
Si l?indice de confiance continue de chuter, la tendance à la Bourse sera encore et toujours à la baisse. Qui pourra alors blâmer tous ceux qui pensent que leur argent est plus en sécurité sous leur matelas ?
Redonner confiance à l?homme de la rue, lui faire croire à nouveau en les institutions censées le protéger des crises comme celle-là, rebâtir les liens entre pays, éviter les divisions comme l?Europe tente de faire avec les APE? C?est ainsi qu?on peut surmonter la crise financière. Et tout cela n?est guère virtuel !
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