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Ligue 1, quel spectacle ?
Ligue 1, ton football fout le camp ! C'est un peu le triste constat que peut faire aujourd'hui, au regard de la première partie de saison, l'amoureux du beau jeu, bercé dans sa jeunesse par le football offensif pratiqué en son temps par l'équipe de France de Michel Hidalgo, ou par les Saint-Etienne, Nantes et Marseille de la grande époque.
Avec 2,12 buts marqués par match lors des 19 journées disputées, la Ligue 1 affiche en effet la plus faible moyenne des cinq « gros » championnats européens, loin derrière l'Allemagne (2,93) et l'Angleterre (2,63), mais également l'Italie (2,46), longtemps réputé pour être le championnat le plus hermétique, et l'Espagne (2,37).
Avec 26 buts inscrits en 19 matches, Auxerre et Saint-Etienne se partagent la meilleure attaque de L1, un total qui peut paraître ridicule à côté des 47 et 38 buts marqués en Angleterre par Arsenal et Chelsea, des 36 en 17 matches du Werder de Brême en Allemagne, des 33 en 16 matches de l'Inter en Italie et des 35 en 17 matches de Barcelone en Espagne. Le leader, Lyon, doit quant à lui se contenter de 23 buts, à peine plus d'un par match...
Et pour finir avec cette litanie de chiffres, il suffit de comparer le total du meilleur buteur de chaque championnat pour se rendre compte une nouvelle fois qu'en terme de spectacle offensif, la France est clairement à la traîne : avec 9 buts en 19 matches (dont 4 penalties), Pauleta est loin du Gunner Henry (16 buts en autant de matches), de l'Interiste Adriano (14 en 16 matches), du Barcelonais Eto'o et du buteur de Nuremberg Mintal (13 en 17 matches).
<B>Paradoxe : les stades font le plein</B>
Ce à quoi les entraîneurs et présidents de Ligue 1 pourraient rétorquer : donnez-nous les moyens d'acheter des joueurs de cet acabit et vous verrez que notre moyenne de buts s'en ressentira. Mais ces stars évoluent aussi dans leur championnat face à des défenseurs à la mesure de leur réputation... Cette anémie offensive n'est en outre pas synonyme de faiblesse générale, puisque les résultats des clubs français dans les coupes européennes n'ont jamais été aussi bons depuis dix ans: si Paris a été éliminé en Ligue des champions, Monaco, finaliste l'an dernier, et Lyon ont terminé premiers de leur groupe, les Rhodaniens avec la meilleure attaque des 32 formations engagées (17 buts)! De leur côté, Lille, Auxerre et Sochaux sont encore en course en Coupe de l'UEFA, au contraire de prestigieuses formations européennes (Glasgow Rangers, Lazio Rome, FC Bruges...)
Cette bonne santé sur le front européen des représentants de l'Hexagone prouve que la carence offensive est plus une question de volonté que de possibilité. Ce que reconnaissent volontiers certains entraîneurs, comme Guy Roux, qui louait récemment la qualité défensive de la Ligue 1, ou Michel Pavon, dont la vision du jeu peut paraître surréaliste à celui qui pense que le football est avant tout un jeu consistant à marquer un but de plus que l'adversaire : « Bien défendre, c'est avoir souvent le ballon. Les adversaires l'ont ainsi moins pour attaquer. »
Tenir le ballon dans l'objectif d'abord avoué de ne pas le laisser à l'adversaire plutôt que de le porter vers l'avant pour marquer, voilà une vision du football qui semble partagée dans de nombreux clubs de Ligue 1 où l'on estime, que faute de disposer des Adriano, Eto'o ou Henry, il s'agit d'abord de consolider ses bases arrières. Le plus paradoxal dans l'affaire, c'est que malgré ces statistiques offensives en berne (avec 2,12, on s'approche du triste « record » de 2,09 buts par match lors de la saison 1986-87), les stades de Ligue 1 n'ont jamais été aussi remplis avec quasiment 21500 spectateurs par match.
Mais comme pour les 600 millions par saison investis pour la Ligue 1 par Canal +, les différents intervenants du football professionnel en France auraient tort de se réjouir trop vite et de se contenter de cette vision à court terme, certes positive, le retour de balancier pourrait être brutal si le spectacle proposé continuait à être aussi pauvre...
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