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L?IBA sort de sa réserve
«Independent Broadcasting Authority sort ses cornes », commente sur un air plutôt amusé Finlay Salesse, directeur de Radio One, une des premières radios privées à émettre après la libéralisation des ondes à Maurice, il y a presque deux ans. Cependant, le ton de la réunion à laquelle il venait d?assister au siège de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) avec les représentants des autres radios privées et publiques était celui de la fermeté.
Fermeté de la part de l?IBA qui avait convoqué cette réunion pour trouver une solution immédiate aux risques de dérapage. « Ces dérapages se sont manifestés sous la forme de mots vulgaires qui n?ont pas leur place à l?antenne, d?attaques personnelles et d?invectives surtout lors des émissions politiques et des propos qui risquent de provoquer des réactions incontrôlables », avance Ashok Radhakissoon, président du conseil d?administration de l?IBA. Le Conseil des ministres s?en est mêlé. Paul Bérenger, Premier ministre et Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre, comptent rencontrer le régulateur de l?audiovisuel et les responsables des radios à cet effet.
« Les dérapages sont propres au direct. Il n?y a pas de solution miracle. Il faut multiplier la vigilance », déclare Hassen Rojoa, directeur de Radio Plus.
Pas de solution miracle peut-être mais l?IBA n?entend pas laisser le champ libre à des radios pour s?autoréguler. Sa position est on ne peut plus claire. « Au cas où elle ne trouverait pas de solution convenable, l?IBA n?hésiterait pas à interdire des émissions en direct et celles où les auditeurs sont sollicités à intervenir par téléphone. Mais on ne souhaite pas avoir recours à cette solution », explique Ashok Radhakissoon.
Heureusement on n?en est pas là encore. L?IBA propose un exercice de sensibilisation pour que le public fasse preuve de plus de responsabilité. Mais étant donné les résultats obtenus jusqu?ici, il est peu probable que cette solution soit retenue.
Il reste alors trois solutions qualifiées d?intermédiaires par l?IBA. Il s?agit de l?utilisation d'équipements de diffusion en différé ( broadcast delay) . Ce dispositif accorde un intervalle de 8 à 20 secondes pour juger si des propos sont acceptables ou non. Les propos passent à l?antenne mais en léger différé.
Cette solution comporte des inconvénients à en croire Balkrishna Caunhye, directeur de Top FM, « la période de 8 à 20 secondes est trop courte pour porter un jugement sur des propos. Ce genre de jugement est subjectif. Le matériel et les émissions en léger différé coûtent cher ».
Pour Harold Essoo, rédacteur en chef à la Mauritius Broadcasting Corporation , le risque du direct est partout. « Le différé peut contribuer à réduire les risques . » L?IBA envisage aussi la possibilité de bannir, durant une certaine période, les émissions en direct si la situation ne s?améliore pas. Les émissions en direct portant plus particulièrement sur des sujets sensibles qui touchent la culture, la religion ou la langue pourraient ainsi être interdites pour un certain temps.
Les directeurs de radios ont encore vingt-quatre heures pour trouver une solution susceptible de satisfaire l?IBA. Les deux partis ont rendez-vous demain au siège de l?Information and Communication Technologies Authority (ICTA).
Deux ans après la libéralisation des ondes, les carences au niveau de la gestion des risques du direct et de l?utilisation de cet outil de communication par le public consommateur ont fait surface. Tout laisse croire que la formule des émissions en direct de demain ne sera plus ce qu?elle était hier.
Le GM d?accord pour réécrire la MBC Act
Le gouvernement partage l?avis de sir Victor Glover, qui a préconisé dans son rapport qu?il faut carrément réécrire la législation-cadre de la MBC. « La présente législation est une recette pour conflits entre le directeur général et le président du conseil d?administration », a reconnu hier Paul Bérenger, lors de sa conférence de presse. C?est pourquoi le Premier ministre, même s?il a quelques noms en tête, ne compte pas, pour l?instant du moins, procéder à la nomination d?un président du conseil d?administration. Paul Bérenger a aussi fait ressortir que le gouvernement n?est pas d?accord avec l?intégralité du rapport Glover.
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