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L?hiver chaud de la diplomatie
L?Hôtel du gouvernement affiche une demi-satisfaction après le vote de l?Africa Growth and Opportunity Act. (Agoa) III par le Congrès américain. Mais parallèlement la mauvaise nouvelle du moment provient de l?Union européenne (UE). Le prix garanti du sucre des pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACP), dont Maurice, pourrait connaître une chute de 37 % en 2007. De quoi déclencher le branle-bas de combat dans le camp mauricien !
Une feuille de route semble toutefois se dégager pour les ministres et diplomates mauriciens. Il faut d?abord parer au plus pressé. Convaincre la commission européenne de la dangérosité d?une baisse du prix garanti du sucre ACP pour ses membres. C?est le chef du gouvernement, son ministre des Finances mais aussi Nando Bodha, le ministre de l?Agriculture, qui s?en chargeront, aidés de la petite troupe de négociateurs à Bruxelles, siège de l?UE.
Décision politique lourde de consequences
« Il nous faut agir au plus haut niveau politique. Je me réjouis de l?implication des plus importants ministres du gouvernement sur le sujet », explique Jean-Noël Humbert, le secrétaire de la Chambre d?agriculture. Le président français est lui-même interpellé par Maurice. Humbert soutient cette démarche et rappelle : « Maurice a toujours soutenu l?UE et la France sur le dossier agricole. On est en droit d?espérer un retour d?ascenseur. »
Maurice compte utiliser toute la gamme d?argumentation disponible pour que le document qui sera transmis à la commission européenne le 14 juillet prochain lui soit le plus favorable possible. « Le protocole sucre fait partie intégrante du régime sucrier européen. Si l?UE décide de remettre en cause les préférences accordées aux ACP, il va falloir qu?elle se décide à le faire également pour ses betteraviers», laisse entendre un diplomate. C?est une décision politique très lourde de conséquences, que l?UE n?est pas prête à prendre !
Mais il ne faudra pas compter uniquement sur le levier UE pour assurer l?avenir économique du pays. La partie se joue également à l?OMC. Et sur ce terrain Maurice entame un lobbying intensif à Genève. Les sommets ministériels des ACP et du G90 prévus du 9 au 13 juillet prochain à Grand-Baie seront d?une grande aide au pays.
Signe prometteur, Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l?OMC et Pascal Lamy, le commissaire européen au commerce ont déjà confirmé leur participation. Reste à faire venir Bob Zoellick, le représentant américain du Commerce. « Il est très favorable à Maurice » confirme Jayen Cuttaree, le ministre des Affaires étrangères, du Commerce international et de la coopération régionale.
C?est d?ailleurs avec sa bénédiction que Maurice compte lancer l?autre offensive dans les jours à venir à Washington. Conquérir la dérogation 3rd Country Fabric pour l?Agoa. Celle-ci confère des avantages supplémentaires aux pays bénéficiaires pour l?importation de matières premières.
Cela se fera par la petite porte. En utilisant le vote selon le Fast Track Process au congrès américain pour les accords de libre échange. « Nous sommes en contact, presque quotidiennement, avec le représentant américain à ce sujet » explique Cuttaree. L?ALE pouvant lier les USA à l?Australie est à l?étude à ce moment. Et Maurice bataille dur, pour que la dérogation 3rd country y soit glissée. L?impossibilité des congressistes américains de modifier un tel projet de loi garantirait le passage de la dérogation tant désirée.
Mais rien n?est garanti. Dans les coulisses, le lobbying continue?
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