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L?herbe n?est pas plus verte?
Pierplojak aurait fait l?éloge de ?la bonne?. À quoi s?attendait-on ? Comment ne pas penser que c?est une pratique courante de l?artiste. Ses chansons en parlent. Ses tenues sont ornées de dessins explicites de la feuille dentelée. Symbole que l?on retrouve aussi chez les organisateurs ? signe pour le moins d?un état d?esprit.
Alors que Bruno Raya et Otentik Street Brothers (OSB) se montrent prudents, le leader de l?opposition a porté l?affaire à un autre niveau. Paul Bérenger a demandé qu?une enquête soit instituée pour établir les faits.
Les événements de février 1999 sont encore douloureusement présents. Pourquoi faut-il y revenir ? Si le gandia est considéré dans certains milieux comme le top de la cool attitude, reste que sa consommation est illégale à Maurice. Fin de la discussion.
Jusqu?à une éventuelle dépénalisation, l?essentiel est ailleurs. Dans le fait qu?OSB a pu faire venir Pierpoljak chez nous. Pendant plus de dix ans, Cool Master B et son groupe ont chanté, crié, tempêté qu?ils étaient emprisonnés dans leur ?ghetto? à Plaisance. La faute au ?paradoxal système?.
Le calibre international de Pierpoljak cristallise à lui seul l?évolution d?OSB et de la musique mauricienne. Bruno Raya doit s?en souvenir. De ses chemins de croix pour obtenir l?autorisation ? policière, entre autres ? pour organiser les Reggae Sunsplash, ancêtres du Reggae Donn Sa. La difficulté : l?étiquette du gandia accolée à l?événement. D?un concert par an, qui durait jusqu?à ?matingra?, OSB est devenu l?un des moteurs de la scène locale. Coup sur coup : Alpha Blondy, Pierpoljak et Daddy Mory. À venir : les mythiques Wailers. Qui dit mieux ?
À l?époque de la radio d?état, Bruno Raya constatait à chaque sortie d?album : ?MBC pa zoue nou dis?. La libéralisation des ondes a radicalement changé la donne. On a vu l?émergence d?une nouvelle catégorie de ?pousse-disques? : les animateurs-chanteurs. Linzy Bacbote et Nitin Chinien à la MBC, Sandra Mayotte et Tony Farla sur Radio One. L?incontournable Bruno Raya sur Radio Plus.
Si parmi eux, certains programment leur propre album, d?autres s?y opposent. Comportement nuancé par l?absence d?un code d?éthique établissant le cadre de leurs fonctions. Tous, en tout cas, font la promotion d?un genre de créativité locale, les mauvaises langues diront d?une clique. Et cela marche.
Avec les mêmes : Sandra Mayotte, Tony Farla, Bruno Raya est aussi rentré dans les maisons par le biais de la télévision à une heure de grande audience. Cool Master B membre du jury du concours Ti Mambo. Plus consensuel que cela, tu meures ! Si le choix d?interpréter Panik dan baz sur le plateau de l?émission est discutable, la bénédiction de la production est une authentique mesure du chemin parcouru par les frères de la rue.
Témoin de la lente disparition de l?attentisme des artistes : la revendication de l?autonomie de la MASA, société des droits d?auteurs. Parmi les fers de lance : Bruno Raya et son discours moitié amer, moitié acide mais toujours réaliste. Tant d?évolution ne demande qu?à se maintenir. Babylone guette. Ce serait dommage de céder à la négativité.
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