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Levée de boucliers et ordre de rouvrir les lycées
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Levée de boucliers et ordre de rouvrir les lycées
Gilles de Robien a donné une ?consigne ?aux recteurs d?académie pour que tous les lycées bloqués par le mouvement anti-CPE soient ?rouverts?, a annoncé,hier, le ministère de l?éducation, précisant que ces réouvertures devaient se faire ?en fonction des situations locales?et non forcément en ayant recours aux forces de l?ordre. ?Les recteurs avec les proviseurs verront comment ils peuvent faire pour rouvrir les établissements?, a précisé le ministère. ?Demain, il faut que les lycéens rentrent vraiment dans leur lycée, parce que sinon ils vont gâcher une partie de leur avenir, ils vont gâcher leur année scolaire?, avait déclaré le matin même le ministre sur Europe 1.
Le rectorat de Lille a retranscrit cette consigne orale dans une lettre adressée à tous les chefs d?établissement de l?académie. Dans cette lettre, dont les agences ont obtenu copie, ce rectorat explique que «le cabinet du ministre de l?éducation nationale demande à tous les proviseurs qui ont fermé leurs établissements de les rouvrir pour le jeudi 30 mars au matin et de le faire savoir? et ?demande également aux chefs des établissements qui sont touchés par des blocages de prendre toute disposition utile pour que soit mis un terme à ces blocages? hier matin. La lettre invite les chefs d?établissement à ?saisir directement les autorités de police et de gendarmerie pour obtenir les concours nécessaires à la levée des blocages?.
?Appel irresponsable à la police?
Le principal syndicat de proviseurs, le SNPDEN, affilié à l?UNSA, a confirmé l?existence de ces consignes orales sur le plan national. Le secrétaire général de ce syndicat, Philippe Guittet, a estimé qu?il s?agissait d??une maladresse importante?, car ?la solution n?est pas dans l?ordre public, elle est politique?. ?Il vaut mieux que les évacuations se fassent en concertation, par le dialogue entre les équipes pédagogiques et les élèves?, a estimé M. Guittet, qui s?est maintes fois prononcé pour la suspension du CPE.
?La fermeture des établissements, lorsqu?elle a été décidée par le chef d?établissement pour assurer la sécurité des personnes et des biens, est évidemment une mesure temporaire pour éviter toute intrusion ou occupation?, a par ailleurs rappelé le SNPDEN dans un communiqué, précisant que ?lorsque ces hypothèques sont levées, nous décidons bien sûr de rouvrir nos lycées?.
Le SNES-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a dénoncé un ?appel irresponsable à la police?, et appelé les personnels d?enseignement et d?éducation à se tenir ?auprès des lycéens, en recourant si nécessaire à la grève?. ?C?est une attitude irresponsable, ce type de décision peut aboutir à des incidents, ces jeunes, ce sont nos enfants, nos élèves, on ne peut pas les traiter comme ça?, a de son côté prévenu Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l?éducation.
Quant à la FCPE (parents d?élèves), traitant Gilles de Robien de ?pompier pyromane?, elle s?est interrogée : ?Le ministre veut-il pousser les jeunes dans leurs derniers retranchements, pour pouvoir alors dénoncer les débordements qui risquent fort de s?ensuivre ?? L?Union nationale lycéenne (UNL) a, elle, déploré ?la répression, encore et toujours, comme seule réponse aux jeunes?, et a invité les lycéens à ?poursuivre le combat tant qu?il le faudra?.
119 lycées étaient fermés mercredi et 301 autres perturbés (soit 9,6 % du total), selon le ministère de l?éducation nationale, contre 318 et 1 054 la veille. Entrés plus tard que les étudiants dans la contestation contre le contrat première embauche, les lycéens ont défilé nombreux mardi, lors de la quatrième journée nationale de mobilisation.
CRISE DÉMOCRATIQUE PROFONDE
Royal compte sur la ?sagesse? de Chirac
■ Ségolène Royal espère que le président Jacques Chirac aura ?la sagesse? de ne pas promulguer la loi sur l?égalité des chances qui inclut le contrat première embauche. La présidente de la région Poitou-Charentes, interrogée hier sur France Inter, a estimé que sortir de la crise du CPE était ?assez simple?. Mais, pour ce faire, le gouvernement doit faire preuve ?d?un minimum de modestie?, admettre qu?il y a une impasse et que la méthode employée ?est totalement décalée avec la réalité de la France d?aujourd?hui?. ?J?espère que le chef de l?État aura la sagesse de ne pas promulguer la loi et de reprendre le dialogue? avec une nouvelle lecture au Parlement, a déclaré la dirigeante socialiste. Le Conseil constitutionnel devrait rendre un avis jeudi sur la validité de la loi sur l?égalité des chances, après avoir été saisi par les parlementaires socialistes. Pour Ségolène Royal, en tête dans les sondages pour briguer l?investiture du Parti socialiste en vue de l?élection présidentielle de 2007,?il y a une grande fracture, une grande rupture entre les gouvernants et la jeunesse?. Les manifestations de masse contre le CPE et le rejet que ce nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans suscite dans l?opinion publique sont ?le symptôme d?une crise démocratique profonde?. Les jeunes ressentent le CPE ?comme une claque?, a-t-elle lancé en réponse à une question d?un auditeur. ?Le CPE est vécu comme une violence? parce que la possibilité d?être licencié sans motif signifie : ?Parce vous êtes jeune votre travail est dévalorisé?.
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