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L?Euro 2004 a déjà commencé
Les dingues de foot anglais, ou les ?fadas? comme on dit du côté de Marseille, ont été servis. En attendant impatiemment la reprise de la Premier League anglaise, la Coupe des Confédérations devait servir de coupe-faim. Mais le niveau de la compétition a allégrement dépassé les espérances. Contrairement aux éditions précédentes, le plateau 2003 était relevé et toutes les équipes engagées ont joué le coup à fond. Ce qui nous a valu du spectacle et des beaux buts. Plutôt que de se contenter de critiquer l?absence de vedettes, il fallait donc se concentrer sur les nouveaux talents émergeant afin de songer à quoi demain sera fait. Et demain, c?est le Championnat d?Europe des Nations 2004 qui aura lieu au Portugal. Impressionnant de vivacité, de technicité et de tempérament, la sélection turque aura été la très grosse satisfaction du tournoi. Le potentiel des troupes de Senol Gunes est impressionnant quand on sait que les stars (Hakan Sukur, Hassan Sas, Emre, Hakan Unsal etc.) étaient restées à la maison et que plusieurs éléments de l?équipe des moins de vingt et un an se sont greffés à l?équipe. L?expression ?fort comme un Turc? n?a jamais été aussi lourde de sens que pendant cette compétition. La capacité de réaction et de révolte du groupe interpelle. Archi-dominée dans les premières mi-temps des matches contre le Brésil (1-0) et la France (3-1), la Turquie a renversé à chaque fois la vapeur face aux deux derniers champions du monde. Signant un résultat nul (2-2) qui élimina la Seleçao au premier tour, les Turcs ont failli pousser des Bleus à bout de souffle jusqu?aux prolongations si Okan Ylmaz avait inscrit son penalty à deux minutes de la fin. Mais les Turcs obtiennent finalement une belle troisième place après avoir battu la Colombie 2-1, en étant mené 0-1 à la pause? Non, monsieur Thierry Rolland (commentateur à TF1), la Turquie n?a pas ?terminé à la troisième place du dernier mondial par hasard?, comme le faisait justement remarquer votre collègue Jean-Michel Larquet. Doté d?un côté gauche surpuissant qui aspire le jeu vers lui et sa révélation offensive - Tulcay (buteur contre la France et la Colombie, entre autres) - la Turquie est une formation réactive dont le jeu devient électrique quand elle est dos au mur. Avec son jeu rapide et léché, elle devrait faire mal à l?Euro 2004. Le Cameroun, finaliste meurtri dans sa chair et forcé de jouer l?acte final contre son gré, a aussi réalisé une performance de choix avec une défense de fer mais a quasiment fait appel à son équipe type durant la compétition. Le Japon mérite aussi une mention particulière avec son milieu de terrain de niveau international mais, hélas, une défense trop faible. Avec la Turquie, la France a également puisé avec sagesse et bonheur dans son réservoir pour venir cueillir un quatrième titre international en cinq ans (Mondial 1998, Euro 2000, Confédérations 2001 et 2003). Disposant des meilleures écoles de formation du monde, les Bleus ont prouvé que l?échec de la Coupe du monde 2002 était un accident dû au manque de préparation physique - entre autres - et que sa soif de vaincre était intacte. Avec cinq victoires en autant de matches et douze buts marqués pour trois encaissés, les Bleus nouvelle vague ont imposé un quatuor d?avenir (Kapo-Giuly-Pedretti-Mexès) et peuvent à nouveau scruter l?horizon avec fierté et espoir. Vivement l?Euro 2004.
Azmaal HYDOO
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