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Lettre au Ministre de l'Education
De tous les projets entrepris dans le cadre de la réforme de l'Education nationale, je me sens particulièrement interpellé par le cycle pré-professionnel lancé en 2001 dans un grand nombre de collèges d'Etat et privés.
J'ai bien compris que le premier objectif du cycle serait d'ordre affectif : passer sept ans à l'école et se faire rejeter sans savoir lire et écrire est une frustration que je ne souhaite à personne. Il y aura ensuite le rattrapage académique et encore le pré-professionnel : se préparer pour trouver un emploi dans la dignité et contribuer à l'épanouissement de sa famille et de son pays sont une aspiration légitime.
Un projet de cette envergure comporte un certain nombre d'aspects dont : les critères d'admission, l'administration et le financement, le contenu, la pédagogie, les critères d'évaluation les perspectives d'avenir des enfants qui y sont admis.
Je pourrais certainement discourir (et croyez-moi, j'ai beaucoup à dire) sur chaque aspect précité mais je me permets de vous écrire parce qu' il y a une certaine urgence aux items 5 et 6. Vous n'êtes pas sans savoir que la première promotion des pré-professionnels termine le cycle de trois ans à la fin de cette année. À ce jour, les parents, les enseignants, les administrations des institutions et les principaux concernés à qui on veut tant de bien sont dans un flou complet par rapport aux deux derniers items, faute d'information officielle provenant de votre ministère.
Les étudiants des pré-professionnels sont des enfants qui ont raté leur éducation soit par manque d'autorité parentale dans des familles écrasées par la misère ou parce qu'ils n'ont pas encore développé la valeur "école" pour cause d'expérience scolaire négative, notre système éducatif ne faisant pas de la place pour les plus faibles.
Je n'ose croire que l'installation des pré-professionnels n'a été qu'une décision électoraliste et superficielle. Ce serait dommage pour tous. Nous sommes tous d'accord que les plus faibles méritent une chance. Je vous fais donc des propositions concrètes et espère, au minimum, vous faire réfléchir dans la bonne direction. Premièrement, nous leur redonnons confiance en eux. Il faut qu'ils se sentent acceptés par le système et qu'ils aient l'espoir de pouvoir réussir. C'est là la responsabilité de la communauté éducative. Nous en sommes conscients et nous faisons le nécessaire. Il faut probablement aussi un suivi social et médical par les ministères concernés.
Nous faisons ensuite du rattrapage académique. Mais dans quel but ? C'est ici que le flou plane. Je propose donc :
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qu'on évalue concrètement le travail de ces trois années, et que soit octroyé aux enfants un certificat de fin de cycle qui soit "deemed equivalent to CPE"; j'estime qu'un Certificate of Attendance qu'on distribuera comme des petits pains aura vite fait de discréditer le projet,
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que l'évaluation soit faite de manière adaptée afin d'éviter aux élèves un nouveau traumatisme du genre Certificate of Primary Education (CPE).
Cette équivalence CPE permettrait
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à certains d'intégrer le cycle normal et de participer dans un nombre restreint de matières au GCEO Level, disons cinq, et éventuellement dans certaines matières au GCE A Level,
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à d'autres d'être raccordés à une formation vraiment professionnelle, IVTB ou autre.
A ceux qui ne passeront pas cette equivalence CPE et qui auront atteint l'âge légal de travail seront décernés un Leaving Certificate crédible de nos collèges et des autorités compétentes. Cela donnera à nos enfants une possibilité de se faire accepter comme apprentis dans des secteurs qui auront été au préalable identifiés et sensibilisés.
C'est évident que tout système mérite une évaluation régulière permettant une adaptation aux exigences du moment. Je suis tout à fait disposé à participer à l'évaluation du projet pré-professionnel.
Ce projet étant destiné à des enfants en difficulté scolaire, ce serait intéressant de permettre à des professionnels de réfléchir en amont et d'évaluer le travail au primaire pour réduire le nombre de candidats éventuels aux pré-professionnels.
Merci de prendre le temps de me lire. Je me permets de copier cette lettre : à Michael Atchia, le directeur de l'Education catholique, pour qu'il nous aide à faire un suivi avec les autorités, au ministre de la Formation, parce qu'il devra impérativement prendre le relais si l'éducation et la formation restent distinctes, à Paul Bérenger, qui sera notre prochain Premier ministre à tous et qui nous dit souvent qu'il est à la tête d'un "Caring Government", au public mauricien à travers des journaux qui me feront l'amitié de la publier parce que c'est important que tous ceux qui se sentent concernés, de près ou de loin, puissent faire des propositions concrètes et se sentir membres de cette grande famille mauricienne solide et solidaire.
Bonne chance et à la prochaine.
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