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L?Etat veut identifier les pauvres

9 avril 2008, 20:00

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Qui est pauvre ? La question peut sembler simple, a priori. Mais il n?est apparemment pas aisé d?identifier les pauvres afin de leur apporter de l?aide ? et pas aux resquilleurs qui voudraient en tirer profit. D?où l?idée de la création d?un registre social qu?aurait émise la Banque mondiale.

Ce registre social devrait renseigner les autorités sur les conditions de vie des familles et leur permettre de distinguer celles pour qui l?aide sociale est nécessaire. Actuellement, les bénéficiaires de ces aides seraient plus nombreux que ceux qui sont dans un réel besoin, l?Etat ne disposant pas de données suffisantes pour faire la distinction. Certains qualifiés de «pauvres» travailleraient même dans le secteur informel.

Le gouvernement aurait trouvé une solution au problème et pourrait concrétiser la création de ce registre social. Cette information va dans le sens d?une annonce faite dans l?interview qu?a accordé le Premier ministre à l?express (édition du samedi 5 avril 2008). Navin Ramgoolam déclare que «d?autres moyens» sont en train d?être trouvés en réponse à l?épineux problème du ciblage. Il affirme que cette «solution» sera annoncée dans le discours du budget.

<B>Questionnaire pas aussi gênant</B>

Il n?est pas certain que ce registre social fera partie de «ces moyens» dont parle le Premier ministre. Il ne le confirme pas, mais Navin Ramgoolam laisse entendre qu?il n?est pas contre la création de ce registre. En effet, dans cette interview, il insiste sur le danger qui existe que la classe moyenne ne s?appauvrisse. Et quand il parle d?une mesure fiscale qui aiderait à réduire le fossé entre les riches et les pauvres, il donne une indication que la solution trouvée consisterait de divers moyens pris en même temps.

Ce registre social comprendrait les noms de ceux qui répondent à des critères définis et identifiés au moyen d?un questionnaire. Un échantillon de ce questionnaire aurait déjà été préparé par la Banque mondiale.

Mais la question, qui a fait l?objet d?une discussion au cours d?une des réunions du Parti travailliste il y a quelques semaines, diviserait les membres de ce parti. Interrogé par l?express, Navin Ramgoolam dit qu?il pense qu?il y a «peut-être» eu exagération par rapport au principe du registre et que le questionnaire ne serait pas aussi gênant qu?on ne le pense.

Il n?y aurait pas grand monde qui ait vu ce questionnaire de la discorde, d?où le nombre de spéculations sur sa nature «gênante». D?aucuns pensent que poser des questions et obliger les gens à dévoiler des faits qui relèveraient de leur vie privée serait une atteinte à la vie privée et à la dignité.

Mais pour une source qui a vu une copie du questionnaire, «les questions ne sont pas aussi gênantes qu?on le dit. Après tout, il faut bien poser des questions aux gens pour pouvoir les aider et il faut savoir qui on aide. Je ne vois pas quel est le problème.»

Cette question est intimement liée à la question de ciblage qui avait aussi amèrement divisé la majorité, causant un désaccord public entre Rama Sithanen, ministre des Finances et la députée travailliste Nita Deerpalsing. Passionnément en faveur du ciblage, le ministre avait plaidé auprès de la population, expliquant que cela n?avait pas de sens que l?Etat continue à subventionner les riches au même titre que les pauvres.

Nita Deerpalsing, elle, s?est prononcée contre le ciblage. Pour elle, la théorie est bonne, mais dans la pratique, la classe moyenne allait souffrir, n?étant ni riche ni pauvre. A titre d?exemple, elle a fait référence à une personne aux revenus de Rs 15 000 par mois qui serait considéré de la même manière que celui qui gagne Rs 100 000. Le ciblage concerne les subventions de l?Etat.

Intervenant dans ce débat, Navin Ramgoolam s?était prononcé en faveur? des deux positions. Et il semble que les deux, à première vue irréconciliables, ont pu être réconciliées. Comment ? Le Premier ministre en garde le secret.

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