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L?Etat ouvre le dialogue avec les importateurs de lait
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L?Etat ouvre le dialogue avec les importateurs de lait
Le marché du lait en poudre est en ébullition après l?annonce de la baisse du prix de ce produit (environ Rs 20 par kg). Certains importateurs ont déjà cessé la livraison aux détaillants. Quelques-uns de ces derniers ont hier attendu en vain qu?ils soient approvisionnés. Ils craignent une pénurie artificielle, affirmant que le pays dispose d?un stock pour plusieurs mois.
Mais les consommateurs, eux, affichent le sourire. Cette baisse de prix les réjouit, malgré l?indisponibilité de lait en poudre dans certains commerces hier et avant-hier.
Le ministère du Commerce et de l?Industrie a pris des dispositions pour gérer ces problèmes qui secouent ce marché de Rs 1 milliard par an. Plusieurs mesures devraient être prises bientôt, à l?issue des démarches de la Chambre de commerce et de l?industrie (CCI). Elles concerneront les prochaines cargaisons de lait attendues.
Les mesures pressenties prendraient la forme du consensus qui permettrait aux importateurs de poursuivre leurs activités et aux consommateurs de payer un juste prix pour le produit. On évoque des mesures fiscales qui encourageraient ce secteur à poursuivre ses activités tout en consolidant l?emploi d?au moins 200 employés. Cette industrie est sujette à la TVA et n?entre pas dans la catégorie des taux zéro (zero rated), ce qui serait une anomalie selon des milieux concernés.
Une nouvelle réunion est envisagée pour très bientôt entre les diverses parties concernées et le ministère du Commerce et de l?Industrie. Le ministère réagit aussi aux renseignements qui lui sont parvenus quant à la situation globale du marché du lait.
Dans la documentation des importateurs remise au ministère par l?intermédiaire de la CCI, ce marché ne réalise pas jusqu?à 41 % de profits. Plusieurs facteurs n?auraient pas été pris en considération, notamment le coût des opérations pour l?ensachage, la livraison, et le stockage, entre autres. Entraver les opérations d?ensachage à Maurice résulterait en la fermeture de ces unités et en licenciements. De plus, si les commerçants devaient importer des sachets de lait directement des pays d?origine, on peut craindre que le coût sera supérieur de 25 % à 30 %.
Importer de l?Inde
Sur le plan de la consommation locale, le lait en provenance de l?Australie et de la Nouvelle-Zélande est très prisé. Il est consommé par plus de 80 % de la population. Cette préférence est due à la qualité et au goût, le facteur prix n?étant pas vraiment déterminant.
En ce qui concerne l?importation de lait d?origine indienne, ce projet de la State Trading Corporation (STC) est toujours au stade embryonnaire. Il semblerait que la STC courrait de gros risques sur ce marché : même si les autorités indiennes avancent que leur produit est compétitif du point de vue qualité-prix, le problème majeur demeure le marketing.
Selon de nombreux boutiquiers, les Mauriciens auraient une attitude conservatrice, avec même certains préjugés surtout en ce qu?il s?agit du lait. Evoquant le lait européen, ils confient : ?Dile sorti dan pey Lerop mari difisil pou ecoule. Meme dan vilaz, avek enn pri bomarse, ou pense li pou facil fer aksepte dile dan Lind ? Mari kass bizin investi dan piblisite ek promosion pou vann sa dile la?.
Le gouvernement garde toutes les options ouvertes et chercherait a explorer d?autres marchés à travers la STC. Le but est de tenter de satisfaire ceux qui n?ont pas les moyens d?acheter le lait australien qui demeure toujours cher pour certaines catégories de consommateurs.
Pour l?heure la carte du dialogue et de la prudence est privilégiée, au lieu de celle des menaces et de la confrontation.
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